Author: WebDev
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Invitation à la réunion préparatoire du Macabo 2017, Ce 14 Octobre 2017 à Bangoua
Lettre Nº 02CSGB/CE/ du 06 octobre 2017.
Objet: Reunion preparatoire du Macabo 2017.

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Fête de Macabo Bangoua
La ‘‘fête du macabo’’. Cette fête commémore le retour d’un exil de 18 ans de S.M. Nono Tchoutouo, qui avait été déporté à Dschang pour son hostilité à la pénétration coloniale.
En effet, amené en déportation en 1939 à Dschang (chef lieu de la province de l’Ouest du Cameroun à l’époque de la colonisation) pour n’avoir pas voulu déroger aux traditions Bangoua, ce roi est resté en exil pendant 18 ans (de 1931 à 1948). Pendant ce temps, il se nourrissait pour l’essentiel du macabo que lui apportaient les Bangoua venus à pied du Moungo (dans la Région du Littoral actuel). Une partie de ces provisions était vendue pour acheter des produits tels que le savon, l’huile de palme, le sel et autres commodités.
A la fin de son exil en 1957 et une fois réinstallé sur son trône, le Roi Nono Tchoutouo décida d’instaurer la Fête du Macabo, afin de saluer à son tour l’acte de bravoure des femmes et fils Bangoua du Mungo qui lui apportèrent le macabo et avaient également œuvré pour sa libération. C’est ainsi que la première édition de la Fête du Macabo s’est célébrée le 05 novembre 1958. Avec le temps, cette fête est devenue une tradition biannuelle, réunissant les originaires et amis de la communauté pour la promotion du patrimoine séculaire et le développement socio-économique du Groupement Bangoua.La Fête du Macabo, devenue un espace d’échanges et de dialogue culturel, est aussi une occasion de rassemblement de la descendance royale Bangoua, en hommage au Roi Nono Tchoutouo qui, au cours de son long règne de 103 ans, épousa 133 femmes originaires de 15 Royaumes Grassfield.
Elle est généralement ponctuée par une série d’activités, dont une foire artisanale et agropastorale, des visites touristiques, des compétitions sportives, une conférence sur le thème consacré, un concert de musique animé par les artistes locaux et des stars invitées. Chaque édition de la Fête du Macabo est marquée par l’inauguration ou la redynamisation d’au moins un projet d’ordre social, économique ou culturel.
Img: camernews.com, Richard Noumi.
Texte: Patrick Pouemi -
Membres des commissions spécialisées d’organisation du festival MACABO 2017
Décision Royale n°002/ portant nomination des personnalités et membres des commissions spécialisées d’organisation du festival MACABO 2017.
Le Chef Supérieur du Groupement Bangoua ;
– Vu la décision royale n° 001 du 19 août 2017 portant nomination des membres du bureau exécutif d’organisation du Festival culturel MACABO 2017, du 05 au 11 novembre 2017 à Bangoua.
Décide
TITRE 1
Article 1 : Les personnalités dont les noms suivent sont, pour compter de la date de signature, désignées aux postes ci-après :Parain du MACABO
– Très honorable NYAT NJIFENJI Marcel, Président du SENAT ;Invités spéciaux
– Monsieur le Secrétaire Général du R.D.P.C ;
– Son Excellence MBWENTCHOU Jean Claude ;
– Monsieur le Ministre des Arts et de la Culture ;
– Le MINADER ;
– Le MINEPIA ;
– Le Directeur Général de la Société SCANWATTER ;
– Le Président Directeur Général Express Union ;
– Le Président Directeur Général ACTIVA : Monsieur LOWE ;
– Le Président Directeur Général Biopharma ;
– Madame le Maire de Bangangté .Membres d’Honneur
– Sénateur NONO ;
– FOH TCHOPZOK NONO Robert ;
– FODJANG NOUGUEP ;
– SA’AH NGOUOK JOP WOU Christophe ;
– FOH WETE Francis ;
– SA’AH NGOUOK WANKEU Pierre ;
– MEFO MBEUGOUONG Micheline DSAMOU ;
– Monsieur DSAMOU NGOKO ;
– Madame TCHOUTA MOUSSA ;
– Président CONADEB.
– WEMBO ONGUENE ;
– Chef de la communauté Bororo de Bangoua.TITRE 2
Article 2 : Organisation succincte et nomination des responsables des commissions spécialisées du MACABO 2017.
Chargés de mission : Le Président exécutif du Festival Culturel MACABO 2017 nomme les responsables de cette rubrique et la cordonne.Propositions :
– Douala ;
– Yaoundé ;
– Bangoua ;
– Diaspora ;
– Bafoussam ;
– Autres…Missions :
• véritables interfaces entre le bureau exécutif du MACABO, les populations, les réunions et autres structures Bangoua concernées par l’organisation du MACABO 2017, sans s’immiscer dans les compétences des commissions spécialisées ;
• Véritables Porte-paroles du bureau exécutif du MACABO 2017 ;
• Peuvent effectuer des missions dans les différentes communautés Bangoua, après accord du bureau exécutif ;
• Mise à jour d’un fichier fiable et un répertoire téléphonique des différentes communautés ;
• Chaque chargé de mission a l’obligation de faire au moins un rapport mensuel, au bureau exécutif.Commission Marketing
– Président : Mefo ONGUENE ;
– Vice-présidents: Monsieur ZONLLET Ebénézer ; WEBO MBEUGOUNG DJANDJA Félix, NDASSA Adolphe, MEFO POUH NKIEUH PEGANG Caroline.
– Rapporteur : Mme NGUEPI Léopoldine ;
– Membres : Madame KOUAKAP Brigitte, Madame KOMGUEP Josette, Monsieur NGUEWO Thomas ;Missions : Entre autres, étudier et proposer la possibilité d’acquérir les pagnes.
Commission infrastructures et logistique :
– Président : WEMBO WEGUEH KAPGUEP Jules ;
– Vice-président : WEMBO MBEUGOUONG NJAMPOU Serges ;
– Rapporteur : Sùp TCHATCHOUANG Emmanuel ;
– Membres : SOUP KOUOKGUEH / Mefo NJIPWOUO Lisette, Proviseur Lycée Technique Bangoua, SA’AH POUEMI NEUGWA Joseph/ MBEU WEKE/ les chefs de quartier Bangoua ;Commission communication, relations extérieures et gadgets :
– Président : Mathieu KEMGO ;
– Vice-président : MBEU NGANSOP Emmanuel ;
– Rapporteurs : TANKEU Line, TCHATCHOUANG Landry ;
– Membres : TCHATCHOUANG DE BANGOUA POLIDOR, CHIMI DJOMO, SOUP POUEMI, RODEO NGUEMO, SOUP TANKIO ;Commission finances :
– Président : WEMBO MBEUNGOUNG WATAT Maurice ;
– Vice-président : WEMBO KWOLONG Capitant ;
– Rapporteur : WEBO SA’AH NGOUOCK CHIMI Théophile ;
– Membre : NONO Firmin.Commission protocole, accueil et renseignements :
– Président : WEMBO MBEUGOUNG NJOUONANG Lucas ;
– Vice-présidents : WEMBO KWOLONG Capitant, MBEU NGANSOP Emmanuel ;
– Rapporteur : NGASSA Christian ;
– Membres : ECEEBA, ELIBA.Commission santé :
– Président : Prof DJOMOU François
– Vice-président : Dr TCHOUAMOU Michel ;
– Rapporteur : Dr TCHAMO Roger ;
– Membres : MEFO NGANSOP Charlotte, Hôpital EEC Bangoua.Commission restauration et décoration :
– Président : MEFO NGUEKAP
– Vice-présidents : MEFO MOYOU ; MEFO ONGUENE ;
– Rapporteur : Mme DJAMPOU Blandine ;
– Membres : Mme KAMGANG Théodora, Ruth TCHATCHOUANG, MEFO NGANSOP Charlotte, Mme KOUAKAP Brigitte, Mme KONGUEP Josette.Commission sécurité :
– Président : MBEU SA’AH NGOUOK CHIMI Paul
– Vice-présidents : WEBO SOUP TCHOUTENG Robert, FOH POUOKIEU NGUEWO, WEBO SOUP KOUAYEP Benjamin ;
– Rapporteur : Colonel KOUAKAP Célestin ;
– Membres : KOUAKAP Serges, Commandant Poste de Gendarmerie Bangoua.Commission protection et préservation de la nature :
– Président : Dr NGOKO Zachée ;
– Vice-présidents : les 07 et 09 notables ;
– Rapporteur : Présidente ECEEBA ;
– Membres : LYCLABA, LYTECHBA, CES, CEB, ECEEBA.Commission musée, arts, métiers et tourisme :
– Président : Fôh NWE KAMTA Moise ;
– Vice-président : Mefo KOUONANG ;
– Rapporteur : Mr TCHATCHOUANG Honoré ;
– Membres: SOUP NJIKE, WELAH / NGASSA Achille ;Commission affaires traditionnelles et danses :
– Président : MEKAP NZEUTEUP ;
– Vice-président : WEMBO HAP POUA ;
– Rapporteur : MEKAP NGUETCHOUP ;
– Membres : Les 07 et 09 notables et les membres des sociétés sécrètes.Commission animation culturelle :
– Président : WEMBO MBEUGOUONG NDJAMPOU Serges;
– Vice-président : KAJERO / Proviseur lycée technique Bangoua / Président ECEEBA;
– Rapporteurs : NGOUMGNIA Vidal/David Alex NLONGANG ;
– Membres : LYCLABA, LYTECHBA, CES, CEB, ECEEBA / SA’AH POUEMI / RODEO NGUEMO.Commission sport et loisirs :
– Président : SOUP TIEKO FOSSO
– Vice-président : SOUP DJOPWOUO Mathieu ;
– Rapporteur : DJOMO Donatien ;
– Membre : ECEEBA, LYCLABA, LYTECHBA, C.E.B, ELIBA.Commission affaires religieuses :
– Président : Rev KONGA Benjamin ;
– Vice-président : MEKAP DSAMOU Martin ;
– Rapporteur : Rev TENCHIMOU Pauline ;
– Membres : Mefo NONO Rebecca, Rev NJIPKWO Théodore.Commission actions sociales, hygiène et salubrité :
– Président : Mefo MIHOPDJI Magloire ;
– Vice-président : Mefo KEMAYOU Rebecca ;
– Rapporteur : Mefo NJIPWOUO Lisette ;
– Membres : Mme TCHOUTENG, ECEEBA, Mme NGONGANG RosetteCommission scientifique et excellence scolaire :
– Président : Pr NJOPWOUO Daniel ;
– Vice-président : Dr NGUEDJIO Emilie ;
– Rapporteur : WEMBO MBEUGOUONG Serges ;
– Membres : Prof NKOMBOU Charles, Prof WANTONG ArmandCommission TIC :
– Président : Clotaire NTIENOU (WebDev Foundation)
– Vice-président : NGOUPEYOU Honoré (PRDC) ;
– Rapporteur : Yves Fondations DUMAS ;
– Membres : ECEEBA.Délégués Spéciaux
– France : POLIDOR, Mefo PEGANG Caroline ;
– Allemagne : Mme DJOMO Danielle, TCHATCHOUANG DE BANGOUA, Dr KWEMO Guy ;
– Canada : Monsieur DJOMO Serges
– USA : Mr MOYOU, Mme DJOMO
– Italie : Mr WOUASEP Elvis : wouassep@yahoo.fr
– Belgique: WEMBO SOUP NANA GWENANG Richard.Titre 3 : Dispositions générales.
Article 3 : Programmation des réunions générales à la Chefferie supérieure Bangoua.
– 23 septembre 2017 à 13 heures ;
– 07 octobre 2017 à 13 heures ;
– 21 octobre 2017 à 13 heures ;
– 04 novembre 2017 à 10 heures.Article 4 : Contributions individuelles.
En sus des contributions des différentes réunions et autres associations Bangoua au taux fixé par le bureau exécutif, tout Bangoua devrait, à titre exceptionnel, donner une contribution suivant les rubriques ci-après :
• Cartes diamant : 1.000.000 FCFA ;
• Cartes or : 500.000 FCFA ;
• Cartes bronze : 100.000 FCFAArticle 5 : Le Président et le Secrétaire Général du MACABO 2017 sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’application de la présente décision.
Article 6 : La présente décision sera communiqué partout où besoin sera.
Sa Majesté DJAMPOU TCHATCHOUANG Annick Julio
Chef Supérieur du Groupement Bangoua -
Séminaire N° 9 de Psy Cause Cameroun : Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun
Le titre complet de ce séminaire est : « PROJETS DE DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE : LES RAISONS DE L’ECHEC ET LE ROLE DE L’ÉTAT. Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun ».
Ce séminaire du mois d’avril 2014 a été suscité et organisé par le laboratoire Psy Cause Cameroun pour répondre aux préoccupations de nombreux lecteurs qui consultent le site de Psy Cause et qui nous reprochent de nous spécialiser seulement en santé. Au cours de ce séminaire, le Dr Ndonko Peguy a prit la parole pour dire que son Laboratoire est pluridisciplinaire et pluriprofessionnel depuis les origines et qu’il est capable d’intervenir aussi bien dans les aspects de la santé que du développement et même de l’environnement. L’Anthropologie est une clé qui ouvre toutes portes des sciences.
Avant d’aborder la question du projet Scandinave Water, le Dr Ndonko Peguy s’est inspiré d’un travail bien connu dans les milieux des sciences sociales sur cette problématique. Il s’agit du travail de recherche de Célestin Ngoura. La lecture du texte de cet auteur donne à comprendre que l’absence de l’expertise des sciences sociales dans tout processus de développement est souvent la cause de l’échec de nombreux projets de développement en Afrique. A partir de l’exemple du projet « Latrine pour chaque famille » initié par les bailleurs de fonds et le Ministère de la santé publique à l’extrême-Nord Cameroun sur l’hygiène et la salubrité publique, il montre que les valeurs socioculturelles et les traditions séculaires des populations de cette région expliquent les causes de cet échec. En effet, l’idée sous-jacente à cette initiative aux moyens logistiques et financiers énormes était d’amener tous les membres de chacune des familles de la région à ne plus aller se soulager n’importe où dans la nature. Cette pratique engendrerait les maladies endémiques d’origine hydrique (typhoïde, choléra, diarrhée…). Aussi, les initiateurs du projet avaient-ils décidé de doter chaque famille de latrines ! Au terme de leur étude de faisabilité, ils lancèrent les travaux sous le regard interrogateur des soi-disant bénéficiaires. Au bout d’une année et demie, ils revinrent sur les lieux en vue d’évaluer le degré de réussite de leur entreprise. Mais ils furent surpris de constater que les intéressés n’avaient pas jusque-là utilisé les fosses d’aisances gracieusement mises à leur disposition. En réalité, dans ce contexte culturel, les règles de politesse et de bienséance élémentaires et les comportements sociaux anodins sont encore en vigueur. Les femmes ne doivent jamais savoir où et quand l’homme va se soulager. En outre, les brus ou les gendres n’ont pas à savoir où et quand leurs beaux-parents vont se soulager. De même, les hommes de leur côté, n’ont pas non plus à connaître le lieu et le moment où les femmes vont faire leurs besoins. Les enfants eux aussi ne doivent pas non plus savoir où et quand les parents et les adultes vont aux toilettes. Ils défèquent à tour de rôle dans les eaux courantes et les champs. En conséquences, ce projet « latrines communes » était condamné à échouer, car il est illusoire de penser que les populations allaient sciemment transgresser leurs pratiques sociales ancestrales.
L’échec de ce projet de développement dû aux comportements culturels anodins des populations nous a fait penser à un projet analogue, celui du Scandinave Water qui devait fournir de l’eau de qualité améliorée et en quantité aux habitants du village Bamena, situé à l’ouest Cameroun. Il convient de noter que ce projet avait été implanté dans plusieurs régions du Cameroun (Centre, Ouest, Nord-Ouest…). Les expressions jadis utilisées pour désigner l’état d’un environnement sain où l’eau ne présentait pas une qualité douteuse (l’eau ne tue pas, on ne refuse pas l’eau) continuent à prévaloir sur les consciences collectives, même à l’heure actuelle où les substances chimiques et toxiques polluent et dégradent la qualité de l’eau. Dès lors, nous nous sommes mis à réfléchir sur les raisons de l’échec du projet Scan Water dans cette région et sur la part des responsabilités des populations quant à l’échec de son fonctionnement. S’agissait-il d’un projet de développement des populations ou pour les populations ? Les pratiques culturelles des populations ne sont-elles pas des obstacles au développement et par extension à la diffusion du développement durable ?Le Cameroun dispose de plusieurs sources d’approvisionnement en eau tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi, on peut citer les rivières, les marigots, les fleuves, les puits, les forages, les bâches de retenue, les mares, les ruisseaux etc. La qualité de l’eau provenant de ces sources et utilisée par les populations est souvent douteuse et les expose à des risques sanitaires considérables. Dans le souci de soustraire ces populations à la corvée de l’eau, plusieurs partenaires ont proposé à l’État camerounais, dans le cadre de l’aide à la coopération, de contribuer à rapprocher les points d’eau au plus près d’elles. Cet apport devait permettre la diminution des risques microbiologiques liés au développement des agents pathogènes qui utilisent l’eau comme milieu de vie, et aider du même coup à lutter contre les maladies endémiques d’origine hydrique qui sévissent en milieu rural comme la bilharziose, l’onchocercose ou la cécité des rivières.
Le village Bamena, comme beaucoup d’autres régions du pays, a bénéficié de l’implantation des stations Scandinave Water. Selon les informations recueillies au cours d’un entretien avec Alain Tientcheu, 33 ans, enseignant et environnementaliste, « le projet Scandinave Water était une initiative de la coopération canadienne. Il s’était fixé pour objectif de fournir une eau de qualité et en quantité aux populations des zones rurales souffrant d’un manque d’eau afin de mieux lutter contres les maladies biologiques liées à l’eau telle la bilharziose, le ver de Guinée. La coopération avait aussi la prétention d’aider le gouvernement camerounais à monter les adductions d’eau dans toutes les zones rurales. Mais l’échec de ce projet vient du fait qu’il n’était pas participatif. Les partenaires impliqués n’ont pas tous été consultés avant la réalisation. »Le but ultime du projet Scandinave Water était essentiellement lié à la distribution de l’eau potable. Le système de fonctionnement d’implantation du Scandinave Water consiste à créer près d’un cours d’eau, un bac de retenue d’eau et y plonger un moteur qui assure le captage de la ressource. Cette eau est ensuite conduite dans les réservoirs installés dans la cage métallique que représente la photo de la planche ci-contre (source : Peguy Ndonko, 2007).
Les réservoirs ont chacun un rôle. Les uns servent à la décantation et à la filtration ; les autres au traitement et la distribution de l’eau. Le premier réseau Scandinave Water a été implanté à Bamena en 1983, dans le cadre du programme AEP (Adduction d’eau potable) financé par le BIP (Budget d’investissement public). En 1986, une autre série d’installations est effective dans le cadre du même programme. Ce réseau sera complété par l’hydraulique villageoise financée par le même budget. Dès cet instant, cette localité est presque suffisamment alimentée en eau. Le fonctionnement du Scandinave Water nécessite aussi de l’énergie électrique, gérée au Cameroun par la Sonel (Société nationale d’électricité du Cameroun). La Sonel a été privatisée aux concessionnaires Américains en 2004 et est devenue AES-Sonel (American Electricity Society de la société nationale d’électricité du Cameroun). Dès cet instant, le prix du kilowatt a subi 3 hausses en quatre ans.Tout d’abord, comme tout dispositif technique, la question du financement et de la maintenance est cruciale pour la fonctionnalité de la station de pompage. Or, dans ce domaine, le transfert technique s’est opéré sans tenir compte des fluctuations locales. Le SNECà qui l’Etat avait confié le paiement des quittances de l’énergie électrique consommée dans le fonctionnement des stations de pompage du Scandinave Water na parvenait plus à supporter les coûts de consommation. La Sonel qui fournit de l’énergie électrique pour le fonctionnement du Scandinave Water sera ensuite privatisée en 2004 à une société américaine (AES-Sonel). Suite à cette privatisation, le prix du kilowatt d’énergie électrique a subi trois hausses en quatre ans. Avec ces hausses des prix, l’énergie électrique fournie par la Sonel et les compteurs installés dans les stations de distribution d’eau du Scandinave Water sont interrompus. L’État ne pouvait pas non plus compter sur la participation des populations dont les revenus sont déjà très insuffisants et qui considèrent l’eau comme une providence. Dans ces conditions de déshérence, certains agents de la Sonel et les populations vont faire montre d’actes d’incivisme en démontant les compteurs pour les vendre. Les plaques en bois sont ainsi laissées « aux bons soins des termites ». Les populations ne pouvaient que retourner dans leur ancienne source d’approvisionnement en eau (marécages, rivières, sources, mares, étangs et puits) sans traitement.
Il convient peut-être à ce niveau de prendre en considération le point de vue de Jacques Perrin (1983) qui montre que cette politique de transfert de technologie n’a pas pour ambition de promouvoir le développement du pays d’accueil, mais de réaliser des profits, d’assurer l’accès aux matières premières, de pénétrer de nouveaux marchés. Le projet Scandinave Water relève de ce que cet auteur appelle « la vente directe de l’usine clés en main » qui permet aux firmes de transferts de vendre des équipements et des services technologiques en développant de nouvelles formes de sous-traitance. L’État camerounais aurait signé le contrat clés en main pour l’implantation du projet Scandinave Water. Dans ce type de contrat, le maître d’ouvrage confie la responsabilité des études et de la construction d’un ensemble industriel à une seule entreprise d’un pays industrialisé. L’Unité industrielle sera fournie prête au démarrage et gardera la responsabilité de la conception de l’unité de production et le choix des fournisseurs. Dans ce type de contrat, les principaux choix technologiques et économiques sont opérés ou contrôlés par le maître d’ouvrage.
D’après les discussions issues des entretiens avec les techniciens de l’eau, les installations du Scandinave Water devaient en plus bénéficier d’un approvisionnement en essence pour assurer les ruptures d’énergie électrique et perpétuer son fonctionnement. En conséquence, le Scandinave Water tombe en désuétude parce que l’AES-Sonel vend cher l’énergie électrique qui contribue a son fonctionnement. Le prix du litre de gasoil n’est pas non plus à la portée de bourse des populations. Peu après, les ouvrages du Scandinave Water sont en panne. L’Etat de l’ouvrage laisse à désirer. Les systèmes mécaniques de fonctionnement sont déconnectés. Le panneau de l’installation du compteur électrique de la Sonel est rongé par les termites. Les câbles du courant électrique sont cambriolés par les populations et utilisés à d’autres fins. Les feux de brousse détériorent progressivement la qualité des tôles. Par endroits, les tôles sont démontées par les populations pour répondre à la stratégie de survie dans le cadre de la récupération et de la vente des métaux du secteur informel.
Le projet Scandinave Water semble se situer dans le contexte des récits du développement qui s’apparente à un mythe ayant contribué à ancrer dans bien des consciences la conviction que le progrès et la croissance n’ont pas de limite et ayant la certitude d’être universelle parce qu’elle est reproductible. Mais cette croissance illimitée, l’universalisation du modèle occidental, se heurte pourtant à des résistances et à des obstacles de toutes natures.
Dans le domaine de l’industrialisation et plus particulièrement des technologies, cette occidentalisation entraîne selon Serge Latouche (1998), une destruction des formes économiques antérieures (artisanat, communautés rurales). Dans cette perspective, poursuit Serge Latouche (1998 :95-96) : « la standardisation des produits s’impose sous la pression du marché mondial, sinon par goût, et la discipline des gestes de travail est mise en œuvre par la machine. Toute la vie se trouve bouleversée par la raison industrielle : les rythmes, les modes et les finalités. Toutes limitée, freinée, bloquée qu’elle soit, comme dans la plupart des pays d’Afrique noire, une industrialisation se produit par « substitution d’habitudes de consommation ». Les produits et les usages traditionnels s’en trouvent détruits de manière irréversible. La logique de l’usine s’impose dans toutes les sphères de la société. »L’acceptation généralisée des normes occidentales, devenue référence dans les modes de faire mais aussi les modes de perception, aboutit à des échecs. En ce sens, les chemins du « développement » devaient passer nécessairement par la rupture avec les logiques et les pratiques dont on décrète la faillite et l’inefficacité dans l’ère de la communication des peuples marqués par l’évolution rapide des technologies. Pourtant, les principes généraux du « développement durable » insistent sur l’importance d’une collaboration volontaire des acteurs concernés par la réalisation d’un projet. C’est dans cette perspective, les experts à regard des enjeux de la durabilité que ces acteurs interprètent, chacun selon sa logique. Or, poursuit Zaccaï (2002) : « le développement durable aurait alors des effets parce qu’il nous oblige à penser ensemble plusieurs problèmes jusque-là disjoints. Plus profondément, le développement durable nous oblige à une réflexion politique, parce qu’il nous oblige à justifier à plusieurs égards, dans plusieurs registres et en nous référant à plusieurs échelles, à plusieurs sociétés. Il ouvre donc un espace politique nouveau. C’est donc une sorte d’heuristique politique dont nous ne savons pas encore vraiment comment nous en servir ».
Dans le cadre du transfert de technique du Scandinave Water, les connaissances des populations locales n’ont pas été suffisamment interrogées et les acteurs locaux n’ont pas été réellement intégrés au projet et guère plus consultés. L’inadéquation entre les conditions d’élaboration du projet, notamment ses dimensions techniques (énergie, entretien, particulier se révèle rapidement. L’absence de consultation des populations concernées conduit à un désengagement de leur part, face à un outil qui est transplanté sans que les bénéficiaires aient eu le temps d’adapter leur manière de consommer et d’utiliser l’eau.
Le transfert de technologie montre qu’il aggrave la dépendance des pays en développement et expose davantage les populations à la pauvreté (le budget de financement de ce transfert est puisé dans les caisses de l’Etat), aux risques sanitaires (retour aux sources anciennes et consommation de l’eau polluée). Par ailleurs, il accentue le réémergence des maladies endémiques d’origine hydrique (cécités des rivières, amibiase, typhoïde …) et génère les conflits sociaux : le choix du site de l’implantation de la station de pompage d’eau Scandinave Water est souvent l’objet de tensions entre les élites politiques – maires et députés – qui brandissent le projet comme une initiative personnelle pour solliciter les voix aux différents scrutins. Ces remarques rejoignent les critiques évoquées (Perrin, 1983 ; Ela, 2004) portant notamment sur la différence fondamentale des objectifs liés aux transferts de technologie. Ces auteurs insistent sur le fait que les firmes multinationales cherchent à atteindre certains objectifs (expansion, diversification, profits) qui ne sont pas nécessairement compatibles avec les préoccupations plus générales, sociales notamment, des pays en développement. Ces transferts de technologies sont de plus en plus proposés comme solution miracle au développement sans toutefois tenir compte des besoins exprimés par les populations.
Ces transferts ne sont pas automatiquement accompagnés de procédures qui permettraient d’installer durablement ces techniques dans les territoires d’accueil. Ainsi, comme le montre le projet Scandinave Water, on peut constater une absence d’accompagnement dans le transfert des connaissances – à des fois sur le fonctionnement de l’outil lui-même, mais aussi sur les bénéfices attendus par les populations locales. Le processus de transformation/acquisition est long et complexe, et suppose là aussi de construire des procédures de formation, qui tiennent compte des spécificités locales (connaissances déjà existantes des responsables locaux : chefs du village et la compréhension des usages sociaux et culturels de l’eau, etc.). La connaissance ne se limite pas à l’information écrite ou orale, l’accès au savoir-faire est indispensable et reste le résultat, au cours des années, d’expériences positives, qui sont échangées entre les pourvoyeurs de cette technique et les acteurs locaux chargés d’en assurer le bon fonctionnement, ainsi que les habitants, premiers destinataires de cet outil.Les comportements et les pratiques culturelles des populations bamiléké ne sont pas systématiquement solubles dans la logique du « développement durable ». Les usages qu’ils ont développés avec l’eau n’étaient guère compatibles avec les nouvelles pratiques issues de l’abondance de l’eau produite avec le Scandinave Water. Dans cette culture, les rites médicaux ont lieu dans les cours d’eau. Ces rites effectués dans les cours d’eau permettent à l’eau ayant une valence de transport, d’emporter très loin les impuretés que l’on décharge du corps. A l’issue de l’entretien réalisé auprès d’un informateur, Mathieu Nana Ngongang, instituteur retraité, 53 ans, l’arrivée des technologies ne doit pas détourner les populations de leur culture, « la jeune génération ne doit pas perdre de vue les coutumes du village, l’eau apportée par le blanc (technologie) ne peut pas jouer le même rôle que les eaux du village. Les dieux du village habitent dans les cours d’eaux et si nous cessons de leur faire des rites, le village ira très mal. On doit utiliser l’eau du blanc quand il le faut, on peut boire l’eau du blanc si ça marchait et faire les sacrifices et les rites dans les chutes du village, chaque eau à son rôle ».
Il se dégage de cette citation que les adultes incitent les jeunes à ne pas perdre de vue leurs propres valeurs culturelles. Ces valeurs ont existé bien avant l’arrivée des nouvelles technologies, il est donc hors de question que leur implantation ait l’ambition de s’opposer à la culture locale. L’eau du cours d’eau doit drainer l’impureté au loin pour qu’un autre membre du groupe ne se « contamine » pas, ne « porte pas la malchance/l’infortune » (ne ngna’a sué’é). En plus, les cours d’eau qui coulent sont les cadres des pratiques juridiques dans ce groupe ethnique. En effet, le rite du veuvage se pratique à l’eau en raison du pouvoir que comporte l’eau. Ce rite consiste à soumettre la femme devenue veuve à une épreuve pour déterminer si elle n’est pas responsable du décès de son conjoint. Le rite de veuvage qui a commencé dans la maison du défunt, auquel est soumise la veuve, aux yeux de proches parents, se termine dans un cours d’eau. La veuve est ainsi amenée dans un cours d’eau ayant une chute. Elle est placée à quelques mètres de la chute. Le ritualiste place entre ces jambes une calebasse magique (teto’o. kan) contenant des ingrédients du rite (vin de raphia, arbre de paix, cauris, poudre à canon, graines de jujube…). La femme répète des formules imprécatoires dictées par le ritualiste. A l’issue de cette répétition, les participants observent les mouvements de la calebasse. Si le courant d’eau n’emporte pas la calebasse et rôde entre ses pieds, la veuve est reconnue coupable des faits de soupçon sur la mort de son conjoint. Ces rites sont exécutés dans un cadre public précis, sous le regard d’un nombre réduit de témoins. L’eau du Scandinave Water ne pouvait contribuer à la réalisation de ce rite.
Par ailleurs, dans le même contexte, l’eau est une substance empreinte du pouvoir des esprits. En milieu bamiléké, l’eau est considérée comme la demeure des esprits et des ancêtres. Dans presque toute la région, les points d’eau sont considérés comme les lieux sacrés, à l’intersection des sphères humaine et divine. L’eau est le milieu de vie des puissances surnaturelles (crocodiles, arc-en-ciel, serpent boa, grenouilles…), une extension du royaume des morts et des ancêtres. Les représentations de l’eau ainsi présentées soulignent l’évidence que cette ressource est un milieu où abondent les esprits et une substance alliée au monde des ancêtres. C’est pour cette raison que les eaux qui jaillissent du sol sont considérées comme venant du centre de la terre et envoyée par les divinités ou Dieu. Ce genre d’eau peut jaillir et couler à n’importe quel endroit de la concession familiale. Les esprits de l’eau sont aussi présents dans les chutes. Les récits de nos informateurs sur la force des ancêtres et les chutes d’eau sont fort étonnants. Ils soulignent les dangers que l’homme encourt en s’approchant sans un guide initié, chargé de parler à l’eau, aux esprits de l’eau et à indiquer les limites des zones permises et celles qui sont interdites de la chute. Ces récits donnent aussi à comprendre que la demeure des ancêtres en terre bamiléké est inviolable et sacrée. Dominique Mallaquais (2002) nous a présenté une description des chutes d’eau en ces termes : « les chutes d’eau sont habitées par des divinités protectrices des environs. C’est pourquoi à côté de chaque chute s’élèvent de petites cases, soigneusement entretenues, qui servent d’abris aux (dieux gardiens) de la chute. Les grandes rivières abritent aussi de nombreux (esprits… ceux-ci) habitent des grands villages, cachés dans le fond de la rivière. Quand la rivière déborde, on dit que ce sont les morts qui sont venus danser sur la terre. Quand un homme se noie, on dit que les morts ont voulu l’attirer et quand on ne retrouve pas son corps, que les morts l’ont emmené vivant dans leur village aquatique. »Complétons ce témoignage par la description des comportements de l’eau. Dans le village Bamena par exemple, lorsque l’eau de la rivière déborde, elle empêche les femmes de rentrer du champ. Elle déborde au niveau du pont et la traversée devient impossible. A plusieurs reprises, les eaux de rivière ont débordé empêchant les femmes et les enfants de vaquer librement à leurs préoccupations quotidiennes. Les analyses qui précèdent montrent que les cours d’eaux sont les lieux de résidences des esprits de l’eau. Or, certains endroits de ces cours d’eaux ont servi de point de canalisation. Ces constructions permettaient de retenir l’eau en quantité suffisante, y mettre un moteur, afin de la conduire dans l’aqueduc du Scandinave Water. Cette construction et les bruits du moteur en état de marche perturbaient considérablement la tranquillité des esprits de l’eau. Pour manifester leur mécontentement, les esprits de l’eau asséchaient les cours d’eaux et le pompage de l’eau devenait impossible.
Dans ce contexte culturel, le « développement durable » sera confronté à de telles pratiques culturelles tout aussi durables, puisqu’elles se pratiquent de génération en génération. S’il est vrai que les rites de veuvage sont de plus en plus considérés comme un comportement anodin, les sanctions liées à la transgression de ce rite sont la cause des maladies, des infortunes dont sont victimes les individus de ce groupe ethnique.
Après ce brillant exposé, des questions posées sont répondues par l’orateur du jour. Par exemple : Quelle différence faites-vous entre un projet de recherche et un projet de développement ? Cette question, selon l’orateur nécessite tout un autre débat, il faut organiser un autre séminaire pour y répondre.
Dr. Peguy Ndonko
Anthropologue
Email : pegndonko@yahoo.frSource: http://www.psycause.info/seminaire-n-9-psy-cause-cameroun-cas-du-projet-scandinave-water-au-cameroun/
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En 2017, en pleine saison sêche, la Mairie de Bangangté bloque l’eau et la population se meurt
Que de projets sans suite à Bangoua!
Pourquoi tous ces échecs?
Pourquoi la population de Bangoua continue de souffrir de manque d’eau au 21ième siècle?
Tant de questions qui peuvent meubler les pensées des Bangoua, mais qui n’apportent toujours pas de solution qu populations locales. Les derniers évènements relatent un blocus sur le réseau d’eau récemment réhabilité à Bangoua, mais que la Mairie de Bangangté exigerait que le village mettent sur pied un comité de gestion « fiable ». Pourquoi attendre la fin des travaux pour que cette préoccupation naisse alors que nous savons que l’un des éléments clés dans les dossiers de financement des projets c’est « la durabilité de l’action » qui doit nécessairement être décider avec et par les parties prenantes, sinon les propres bénéficiaires. Pourquoi le cas de Bangoua, les Bangoua eux-même n’ont-ils pas eu de mots à dire et seraient obligé à faire du spring pour un évènement auquel ils n’étaient pas préparés?MOBILISONS NOUS POUR SIGNER CETTE PETITION QUI SERA ENVOYÉE AU MAIRE DE BANGANGTE AU JOUR DU 17 AVRIL 2017
Cliquer ici pour signer la pétition http://bit.ly/2onPAyeDe nombreux articles fusent le net depuis plus de 10 ans parlant des projets et actions autour de l’eau a Bangoua.
Petite revue du net a propos:
1- EAU à Bangoua : Un rêve, une réalité (2006)
Eau à BANGOUA : objectif 18 quratiers avec une fontaine pour 2007
Eau coule à Bangoua dans 14 quartiers sur 18.
Source: http://bangoua.over-blog.com/article-6257181.html2- Les actions d hibiscus initiatives : festival de l’eau à BANGOUA en (2007)
Les actions d’Hibiscus : organisation pour la premiere fois dans un village MISS BANGOUA, organisation du cross de la santé, construction du podium, soutien au projet de l’eau , jeux pour les élèves etc…
Source: https://www.youtube.com/watch?v=c5ZqBDhMKgo3- Réhabilitation du réseau d’adduction d’eau à Bangoua (Cagnote: 84.000€ = 55.104.000FCFA)
L’action consiste en la remise en état du réseau Scan Water et la création d’un service des eaux, ce qui peut comporter certains éléments de complexité : du fait d’un habitat très dispersé, une superficie importante et des reliefs prononcés, le réseau est en effet constitué de quatre services distincts et autonomes reliés par des interconnexions….. Enfin, un sytème de captage de l’eau de pluie pendant la période d’hivernage est également prévu (Où se trouve ce système à Bangoua?), afin de réduire le pompage de l’eau souterraine et amoindrir la consommation d’électricité.
Par ailleurs, le projet prévoit :
– la formation du personnel dédié à la cellule technique (l’exploitation courante du système de production, la maintenance des équipements, les analyses de base de la qualité de l’eau, les taches administratives
– l’appui au Comité Eau du Groupement de Bangoua mis en place après un travail sur sa composition et ses statuts. Une équipe technique faisant partie du comité de gestion de l’eau de Bangoua sera chargée du suivi et de l’entretien du réseau.
Source: http://www.pseau.org/outils/actions/action_resultat.php?ac%5B%5D=423&tout=14- Un réseau d’eau à réhabiliter, puis entretenir (Veolia – Cagnote: 25 000 € au Comité du 04/07/2006)
Faute d’entretien, l’ancien réseau d’eau de la ville montagneuse de Bangoua ne fonctionne plus. Depuis trois ans, ses habitants sont privés d’eau potable et vont s’approvisionner où ils peuvent. Cela va bientôt changer (En 2017, 10 ans après à Bangoua on se meurt, on attend le changement).
Ou encore ce témoignage banal de François Lacour pour le même projet «Au cours de dix jours passés à Bangoua, j’ai pu vérifier les conditions sanitaires très mauvaises dans lesquelles vivent ses habitants. L’hôpital, par exemple, pratique des interventions sans eau courante ! L’absence d’eau réduit toute perspective de développement du village.»
Sources: http://www.fondation.veolia.com/fr/un-reseau-d-eau-rehabiliter-puis-entretenir-3
Pourtant nous savons que à Bangoua, le seul système d’eau qui n’a pas vraiment encore trahi le peuple c’est celui de l’Hôpital Bangoua qui malgré la vieillesse de son matériel continue de fonctionner et qu’une bonne maintenance ferait fonctionner à merveille ledit système. C’est le seul veritable système qui a Bangoua a survécu toutes la adversités des années. Ce système fonctionne par captation d’eau de rivière.
Pourquoi tant d’erreur autour de la question d’eau à Bangoua?MOBILISONS NOUS POUR SIGNER CETTE PETITION QUI SERA ENVOYÉE AU MAIRE DE BANGANGTE AU JOUR DU 17 AVRIL 2017
Cliquer ici pour signer la pétition http://bit.ly/2onPAye5- RECEPTION DES TRAVAUX DE REHABILITATION DU RESEAU D´EAU DE BANGOUA: Mercredi 30 Septembre 2015
La France elle même était a Bangoua pour la réception des travaux dits de réhabilitation. Source: https://icibangoua.net/?p=13436- Eau et Assainissement : Le Comité communal s’évalue et s’engage pour atteindre ses objectifs. (Decembre 2015)
Sources: http://www.communedebangangte.net/index.php/bahouoc/79-actualites-communales/223-nzui-manto-basket-ball-academy-s-octroie-le-titre-regional
Dans l’article publiée a ce sujet, l’état des lieux et les constat sont faits:
« …La consommation spécifique est faible (souvent très faible < 5 L/J/hbt) sur 03 centres soit 43%. Les raisons : Arrêt de fonctionnement des installations (pannes consécutives) ; Les points d’eau concurrents : une partie de population n’utilisent jamais l’eau de la mini AEP ; L’incapacité de payer le service de l’eau (pouvoir économique faible)… » Il est clair que le niveau économique des bénéficiaires n’est pas assez élevé pour supporter les coût a eux imputé dans l’utilisation des dits services. Cependant, une solution qui a été prise serait qu’ « Une lettre doit être faite aux chefs Bangoua et Bandiangseu pour leurs contributions au projet d’AEP. » pour le cas de Bangoua explicitement. Nous nous demanderons de savoir, donc à quel moment, depuis 2006 ou un peu plus en arrière, la parole a été réellement donnée aux populations vivant à Bangoua de s’exprimer sur leurs problèmes?Dans le lien suivant vous verez quelques articles publiés en leur jours dans ce portail sur l’évolution des réalisations du projet d’eau a Bangoua. Cependant la situation en 2017 est plus grave que nous ne pouvons l’imaginer. Le peuple Bangoua vivant au village serait sans eau depuis plusieurs jours et pour cause, le château récemment réhabilité a été scellé par la Mairie de Bangangté. l’ECEEBA, la plus grande association des élèves et étudiants Bangoua se rendant au village pour sa traditionnelle excursion découverte du village et puis pour la continuité du project ECEEDA-EDUC qui vise le reforcement de capacités des jeunes en classe d’examen, dans l’unique but de contribuer à l’amélioration des résultats scolaire, s’est trouvée prise dans le piège de l’eau, et ne pouvant mener à bien leur action en faveur du développement de leur village. Des actions sur l’instant et dans un élan de survie ont été initiée allant jusqu’à la rencontre avec le service de la Mairie de Bangangté, sans suite. Il est à noter que les rapports que nous avons recu en ce moment, font états du fait que la Mairie soit catégorique de la nécessité d’un comité de gestion « fiable » sinon l’eau ne coulera pas à Bangoua, du moins pas maintenant.
Cet article est interpelatrice de toute âme sensible a se manifester pour qu’avant la mise sur pied du comité de gestion « fiable » que désire la Mairie de Bangangté, que l’eau puisse couler à Bangoua et que la population ne continue pas de boire cette eau poluée vue sur la photo de cet article.ALORS MOBILISONS NOUS POUR SIGNER CETTE PETITION QUI SERA ENVOYÉE AU MAIRE DE BANGANGTE AU JOUR DU 17 AVRIL 2017
Cliquer ici pour signer la pétition ou alors suivre les indications ci-dessous. -
FRANCE: Étranger déjà titulaire d’un titre de séjour (7) – Renouvellement: (G) «Parent d’enfant français»
Vous êtes étranger(e), titulaire depuis 3 ans d’une carte de séjour temporaire «Vie privée et familiale» qui vous a été délivrée en votre qualité de parent d’enfant français(e), vous pouvez demander une carte de résident.
PROCÉDURE À SUIVRE
Deux mois avant l’expiration de votre titre de séjour, vous devrez aller à la préfecture de votre lieu de résidence pour y demander son renouvellement, ou lorsque cela est rendu possible par votre préfecture, prendre un RDV par voie électronique
N.B.: Veuillez vous renseigner pour connaître les modalités d’accueil pratiquées par la préfecture ou sous-préfecture compétente par rapport à votre domicile.
CONDITIONS À REMPLIR
Vous pouvez bénéficier d’une carte de séjour temporaire d’un an si vous:
■ êtes arrivé(e) en France par la procédure de regroupement familial;
■ avez rejoint un étranger qui est titulaire d’une carte de résident;
■ justifiez d’une résidence:
♦ régulière (sous couvert d’une carte de séjour temporaire pour les personnes majeures);
♦ et ininterrompue d’au moins 3 ans en France (pas de condition d’ancienneté de séjour si vous êtes ressortissant(e) d’un des pays suivants: Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo et Tunisie);
■ remplissez la condition d’intégration républicaine dans la société française (sauf si vous êtes de nationalité tunisienne).
♦ vous ne vivez pas en état de polygamie;
♦ vous contribuez, à proportion de vos ressources, à l’entretien et à l’éducation de cet enfant depuis sa naissance ou depuis au moins 2 ans.
DOCUMENTS COMMUNS À FOURNIR
La liste des documents communs à fournir pour le renouvellement en carte de résident du titre de séjour d’un étranger «devenu parent d’enfant français» est la suivante:
■ Justificatif d’état civil et de nationalité:
♦ passeport (pages relatives à l’état civil, aux dates de validité, aux cachets d’entrée et aux visas);
♦ un extrait d’acte de naissance avec filiation ou une copie intégrale d’acte de naissance (sauf si le demandeur est déjà titulaire d’un titre de séjour);
♦ carte de séjour du membre de famille rejoint (sauf membres de famille de Français);
♦ (si l’étranger est marié et/ou a des enfants) extrait d’acte de mariage, ou extraits d’acte de naissance des enfants avec filiation (documents correspondant à la situation au moment de la demande);
♦ livret de famille ou acte de mariage récent (si vous êtes marié(e)).
■ Justificatif de domicile datant de moins de 3 mois:
♥ facture d’électricité (ou gaz, eau, téléphone fixe, accès à internet);
♥ (si locataire) bail de location de moins de 3 mois ou quittance de loyer;
♥ (si propriétaire) taxe d’habitation;
♥ (si hébergement à l’hôtel) attestation de l’hôtelier et facture du dernier mois;
♥ (si hébergé chez un particulier): attestation de l’hébergeant datée et signée, copie de sa carte d’identité ou de sa carte de séjour, et acte de propriété (ou relevé de taxe d’habitation ou copie du bail de location de l’hébergeant ou facture d’électricité, gaz, eau, téléphone fixe ou accès à internet de l’hébergeant);
■ 3 photographies d’identité récentes (format 35 mm x 45 mm – norme ISO/IEC 19794 – 5 : 2005);
N.B.: Pas de copie.
■ Justificatif d’acquittement de la taxe sur le titre de séjour et du droit de timbre à remettre au moment de la remise du titre;
■ Certificat médical délivré par l’OFII (Office Français pour l’Immigration et l’Intégration) à remettre au moment de la remise du titre.
DOCUMENTS SPÉCIFIQUES À FOURNIR
La liste des documents spécifiques à fournir pour le renouvellement en carte de résident du titre de séjour d’un étranger «devenu parent d’enfant français» est la suivante:
■ Justificatifs de l’intégration républicaine (sauf si vous êtes de nationalité tunisienne):
♥ une déclaration sur l’honneur de respect des principes régissant la République française (remis en préfecture);
♥ (lorsqu’il existe) le contrat d’accueil et d’intégration ainsi que le certificat d’assiduité remis par l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration);
♥ tout document de nature à attester de votre niveau suffisant de connaissance de la langue française, par exemple le « diplôme initial de langue française » (DILF) (sauf si vous êtes est âgé(e) de plus de 65 ans).
Non polygamie
Il faut présenter la déclaration sur l’honneur selon laquelle vous ne vivez pas en France en état de polygamie (si le demandeur est marié et ressortissant d’un État autorisant la polygamie).
Nationalité française de l’enfant
Pour la nationalité française de l’enfant, il faut présenter les pièces suivantes:
■ carte nationale d’identité en cours de validité;
■ ou certificat de nationalité française de moins de 6 mois.
Résidence en France de l’enfant (preuve par tout moyen)
La résidence en France de l’enfant peut être prouvée par tout moyen, comme par exemple:
♣ certificat de scolarité ou de crèche;
♣ présence de l’enfant lors de la demande, etc.;
Justificatifs du statut de parent de l’enfant français
Comme justificatif du statut de parent de l’enfant français, il faut présenter les documents suivants:
■ extrait de l’acte de naissance ou copie intégrale de l’acte de naissance comportant la filiation;
■ justificatifs suffisamment probants établissant que le demandeur contribue effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant dans les conditions de l’article 371-2 du code civil depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans (preuve par tous moyens);
♦ versement d’une pension;
♦ achats destinés à l’enfant:
– de nature alimentaire;
– de nature vestimentaire;
– diverse (frais de loisirs, éducatifs, d’agréments; jouets…)
♦ preuves de participation à l’éducation de l’enfant:
– hébergement régulier;
– intérêt pour la scolarité de l’enfant;
– présence affective réelle;
– témoignages…
DURÉE DU TITRE DE SÉJOUR
La durée de validité de la carte de résident est de 10 ans.
Source>>> http://africanouvelles.com/
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Les Bamilékés ont une Religion – Ils connaissent le « Nsi »
Les Bamilékés sont un peuple de l’ouest du Cameroun et originaires d’Egypte d’après l’anthropologue Dieudonné Toukam [1]. Leur départ du Nil est situé au 9e siècle, ce qui est très tard si on considère que l’Egypte avait commencé à décliner 1500 ans plus tôt. Leur colonne migratoire est passée par l’empire du Kanem Bornou (autour du Lac Tchad). Au nord du Cameroun, ils ont eu maille à partir avec les Peuls et c’est au 12e siècle qu’ils s’établiront dans l’ouest de ce pays.
Le Cameroun est habité par de nombreux peuples d’origine égypto-soudanaise. On peut citer aussi les Peuls, les Bamoun, les Bassa et les Fang entre autres. Les Bamilékés comme les Bassa et les Fangs ont quitté le nord du Cameroun très probablement en fuyant les invasions musulmanes.
Concernant la religion des Bamilékés, elle plonge ses racines dans la cosmogonie d’Iounou (Héliopolis) en Egypte. Nous allons donc faire un exercice comparatif entre la spiritualité Bamiléké, la cosmogonie d’Iounou et les autres spiritualités d’Afrique.Un seul Dieu, qui est Energie
Le spiritualiste Bamiléké croit qu’un seul courant de conscience circule dans tout l’univers. Ce courant d’énergie, ce courant de vie, cette force que nous pouvons encore appeler puissance ou esprit imprègne tout l’univers et tous les êtres qui s’y trouvent. C’est la même force qui s’exprime dans toute la Création et à travers toutes les créatures. Les Bamiléké lui donnent le nom de « Si ». Le spiritualiste Bamiléké croit que Si est incompréhensible pour l‘esprit humain. Le Créateur pour les Bamilékés est considéré comme une entité parfaite, impersonnelle et essentiellement constructrice et positive dans sa nature et son action. Ce passage rentre aux fondamentaux mêmes de la définition de Dieu en Afrique. En Egypte, Imana/Amen (Dieu) est l’Energie initiale à l’origine de la création. Après être sorti des eaux primordiales désordonnées (Noun), il a mis son énergie (ka) dans les eaux riches en germes de vie pour que la création commence et l’existence se manifeste. Les prêtres égyptiens disaient « di.ef ankh neb » c’est-à-dire « Il (Dieu) donne toute vie ». Personne ne l’a jamais vu, personne ne l’a jamais connu, personne ne l’a jamais sondé, d’où son nom Imana qui signifie Mystère/Caché, tout comme Mawu est insaisissable dans le Vodoun du Bénin. Tout ceci est un écho aux Bamilékés qui disent que Si est incompréhensible.
Dieu en tant qu’Energie est unique mais également multiple car il imprègne chaque élément de l’univers. Chaque créature vit parce qu’elle est dotée d’une partie de l’Energie. Dans la cosmogonie Fang d’Afrique centrale, il est dit d’Eyo (Dieu) « Eyô âng’ayô a ne viô », c’est-à-dire Eyo s’est alors multiplié comme des champignons. Les Akan de Côte d’Ivoire et du Ghana disent dans le même sens que Nyame (Dieu) est spirituellement visible partout. Les baKongo disent que Dieu vit l’expérience de la multiplicité dans l’unité.
On accède à l’Energie initiale (Dieu) à travers les Ancêtres et la nature
Les Bamiléké s’adressent à Si à travers des intermédiaires tels que les ancêtres. Le spiritualiste Bamiléké pense que seule la vie existe. Il croit que le phénomène de la « mort » tel que nous le connaissons est purement illusoire. A la mort, la force vitale se dissocie du corps et de l’âme, provocant la séparation définitive du corps spirituel d’avec notre corps matériel. On se sert aussi des éléments de la nature et souvent de l’état de Rêve pour s’adresser à Dieu.
Dans la cosmogonie égyptienne, c’est l’Energie d’Imana qui permet aux hommes et à tous les éléments de la nature de vivre. En Afrique la mort, sous entendu la disparition pure et simple n’existe pas. Il y a plutôt séparation entre l’énergie divine et le corps matériel, que les Égyptiens appelaient respectivement Ka et Khat. L’énergie ne pouvant pas mourir d’après un principe physique faisant l’unanimité, le mort accède donc à l’éternité. L’énergie du mort rejoint le Créateur (Energie initiale) et les autres énergies ancestrales dans un endroit appelé Butdenga par les Mossi du Burkina Faso. Le mort n’étant plus qu’énergie comme le Créateur, il est ainsi divin et capable de communiquer avec Dieu. La vénération des ancêtres est générale en Afrique, Dieu étant considéré comme le premier ancêtre. Les ancêtres morts sont appelés Razana par les malgaches, Mudzimu par les Shona du Zimbabwe et amaDlozi par les Zulu d’Afrique du Sud.Dieu éternel
Les Spiritualistes Bamiléké, croient que Si, la Conscience unique, l’Energie universelle est sans origine et sans fin. En d’autres termes qu’elle n’a pas de borne et qu’il n y a pas de point identifiable où on peut affirmer qu’elle commence et ou elle finit.
En Egypte, Amon est Neb nehéhé, c’est-à-dire le Maître de l’éternité. Il est également Neb r djer c’est-à-dire le Maître de l’univers. Et il dit « Iou ra.i m héhé », c’est-à-dire « ma parole n’a ni fin ni commencement ». Dans le même sens, pour les Akan, Dieu est Odomankoma c’est dire l’Être infini. Tout ceci précise le caractère éternel de l’Energie qui ne meurt pas et qui circule dans chaque recoin de l’univers.
En résumé on retrouve donc chez les Bamilékés des principes spirituels généraux au monde noir et malgache, c’est à dire une Energie initiale créatrice qui est répartie dans chaque élément de la Création et à laquelle on accède à travers un ancêtre mort. Pour en savoir plus sur la Religion Africaine dans son entièreté, cliquez sur ce lien.
Hotep!
Par : Lisapo ya Kama © (http://www.lisapoyakama.org/)
Sources :
• Royaume Batié
• Les cosmo-théologies philosophiques d’Héliopolis et d’Hermopolis, Mubaginge Bilolo
• Le Mvett, l’homme, la mort et l’immortalité, Tsira Ndong Ndoutoume, page 22 et 23
• Les larmes du soleil, Oscar Pfouma
• [1] Histoire et Anthropologie du peuple bamiléké, Dieudonné Toukam, pages 9, 10 et 22 -
MÉTIER DU JOUR: Le Couscous N’kui – entre gastronomie et diététique
Le nkui, le mets le plus prisé dans certaines localités de l’Ouest-Cameroun, ne disparaitra pas du menu de sitôt. Même si les habitudes alimentaires varient d’une famille à l’autre, selon l’épaisseur du porte-monnaie. Un avant-goût des fêtes. Le mot « Nkui » désigne aussi bien la sauce que les tiges qui lui donnent sa consistance gluanteSeuls les connaisseurs en savent quelque chose. Les irréductibles face aux nouvelles propositions de plats pour les fêtes. Un plat de Nkui accompagné exclusivement de boules de couscous de maïs, ou rien ! Une tradition qui perdure.
Ce liquide gluant est extrait des écorces d’une espèce d’arbre d’environ un mètre de hauteur. De préférence, il se mange assis et avec les mains. Pas besoin d’une cuillère ou d’une fourchette, au risque de voir le contenu de son plat glisser entièrement sur le sol. Généralement conseillé aux femmes qui viennent d’accoucher, en région Bamiléké, on dit du Nkui qu’il rend le sein de la maman abondant et qu’il facilite son écoulement. Ce plat à douze condiments sera au menu de nombreuses familles.
Ingrédients :
pour le couscous
Farine de maïs
Pour le Nkui
Des tiges de Nkui
– dùmtə
– nga’ncù
-səbanə
-mbatu’
– funyu
-du’fə’
– dùmnkag
-kwa
-cən
– sogə
-cwənnga
-manyânje’Préparation
Couscous Maïs : Faire bouillir environ 10 litres d’eau, tamiser la farine de maïs en séparant le son de la farine fine, laver le son. Diviser en 2 la quantité d’eau bouillante, laisser bouillir une moitié sur feu et y mettre le son lavé préalablement mélangé avec un peu de farine de maïs tamisé et remuer sans cesse jusqu’à obtention d’une bouillie homogène, ajouter de l’eau et laisser cuire environ 10minutes.ajouter la farine de maïs sous un feu vif et remuer énergiquement jusqu’à obtention d’une pâte homogène, ajouter une quantité d’eau chaude progressivement pendant la cuisson.
ajouter une dernière eau, recouvrir la marmite, baisser le feu environ 10 minutes puis tourner de nouveau jusqu’à ce que le couscous ne présente plus de trace d’eauNkui : Nettoyer les tiges de Nkui en enlevant leurs écorces. tremper les dans un peu d’eau chaude pendant une quinzaine de minutes. Ceci pour faciliter la production de la matière gluante.
Entretemps, écraser les condiments en commençant par les plus durs .
La matière gluante de la sauce de « Nkui » est obtenue en frottant ensemble les écorces de nkui mises préalablement à macérer.Cette matière gluante est transvasée dans une autre assiette ou dans la marmite ayant servi à la cuisson du couscous de maïs, l’extraction continue jusqu’à obtention de la quantité voulue, en y ajoutant s’il faut de l’eau tiède ou froide. L’extraction finie, la couleur du gluant est en fonction de la nature du nkui utilisé.
Dans une marmite et sur un feu très doux, la matière gluante est battue vigoureusement avec la main pendant un certain temps avant d’ajouter, tout en continuant à battre les condiments écrasés , puis le vinaigre de cendres ou le sel gemme préalablement dissout dans un peu d’eau, jusqu’à obtenir un mélange homogène.Tecnhiques pour manger le nkui avec le couscous de maïs: Manger le nkui avec le couscous de maïs n’est pas chose aisée pour tout le monde, c’est une opération très difficile pour ceux ou celles qui ne la maîtrisent pas. Eh oui! mes chers amis, il faut de la technique et beaucoup d’habileté….
Pour commencer, prendre une boule de couscous et la poser dans son assiette, puis faire couler de nkui dans la même assiette. Lorsque la quantité est suffisante, couper la masse gluante par une forte pression du pouce sur l’index recourbé ou recourber rapidement l’annulaire et l’auriculaire à l’intérieur de la paume, en gardant les doigts bien serrés et en les appuyant fortement contre la paume. Le gluant étant coupé, la boule imbibée de sauce est malaxée 2 à 3 fois en serrant les 4 doigts en dehors du pouce, ceci afin d’obtenir un bon mélange. Enfin, elle est projetée dans la bouche et avalée aussitôt.
Ines Nzuimânto

