Category: Actu Chefferie

  • Eau potable à Bangoua : Etude d’impact sur l’environnement

    Le 28 juin 2019, il y a eu une importante réunion de consultation publique à la chefferie Bangoua entre CAMWATER (Maître d’Ouvrage), ASPAC (Maître d’Œuvre) et les populations (Bénéficiaires) relative à la consultation publique sur l’étude d’impact l’environnemental et social du Projet d’adduction d’eau de Bangoua.

    Ordre du jour:
    1) Ouverture de séance et mot de bienvenue par Sa Majesté Djampou
    2) Présentation du cadre juridique en Etude d’impact environnemental et social
    3) Présentation du Projet d’adduction d’eau de Bangoua et ses activités
    4) Présentation des travaux d’étude et aspect environnementaux
    5) Intervention des participants (Question-réponses)
    6) Résumé des interventions
    7) Clôture de la séance par Sa Majesté Djampou

    Après le souhait d’une chaleureuse bienvenue à l’équipe hôte composée de représentants de CAMWATER et d’ASPAC, Sa Majesté a montré l’importance de l’eau potable pour son groupement, a souhaité que le problème d’eau site définitivement réglé à Bangoua et a demandé un franc débat avec les populations bénéficiaires et les a invitées à poser des questions pour lever les incompréhensions qui pourraient nuire à la bonne marche du projet. Il a souhaité que le projet génère des emplois pour les jeunes Bangoua et s’est retiré pour ne pas influencer la suite des débats.
    Le cade réglementaire et juridique instituant une étude d’impact environnemental et social avant la réalisation de tout projet a été présenté

    Consistance du projet:
    1) L’eau traitée vient de Bafoussam
    2) Transport de Bangou Arrondissement au réservoir de Bangoua : 3.7 km
    3) Le réservoir sera construit à côté de celui de SCANWATER de Senshe et alimentera Bangoua par gravité.
    4) Les besoins en eau actuels de Bangoua sont estimés à 35 m3 par heure, soit près de 700 m3 par jour.
    5) Les quartiers concernés sont : Na’, Pup, Ndoukouong, Ndepnouo, Tswemve, Fapdiokso avec les différentes artères.
    6) Le réseau de distribution comportera 14.67 kilomètres de conduites de diamètres 140 mm et 63 mm avec une maille Marché de Kamna/Lycée de Bangoua/Lycée technique/Hôpital Bangoua/Collège évangélique/Marché de Kamna en diamètre 140 mm.
    7) Le bâtiment d’exploitation sera construit derrière la Plaque à 33 km (Carrefour Yanga)
    8) Les services publiques et écoles proches des conduites seront alimentés.
    9) Les travaux vont durer 10 mois

    Impacts environnementaux:
    1) Tout le monde est concerné pendant les phases d’aménagement, de construction et d’exploitation
    2) Les conduites passeront le plus possible sur le domaine de l’état le long des routes. Dans le cas contraire, des expropriations seront faites avec dédommagement et insertion dans le domaine de l’Etat
    3) Les arbres coupés seront remplacés (reboisement)
    4) Les déchets seront recyclés ou récupérés
    5) Pendant les travaux, il y aura des nuisances sonores, des risques d’accidents et de contamination de maladies
    6) Création des emplois temporaires pendant la durée d’exécution du projet.

    Pendant l’exploitation:
    1) L’eau sera payante
    2) L’eau potable va améliorer les conditions de vie et réduire les maladies hydriques et modifications de comportement,
    3) Le vandalisme sur le réseau et les installations sera passible de poursuites judiciaires.

    Des discutions, il ressort que :
    1) CAMWATER n’exploitera que son propre réseau (à poser et la conduite venant de Bangangté) et n’utilisera aucun autre réseau existant (SCANWATER par exemple).
    2) Le prix du branchement est fonction de la distance et du diamètre de la conduite et relève de l’exploitant.
    3) Des jeunes pourront être recrutés pendant la phase des travaux mais l’exploitation relève de la CAMWATER
    4) Tout le monde est concerné par le bon fonctionnement et la surveillance du réseau pour signaler les fuites
    5) Les extensions sont possibles. CAMWATER pose le compteur à au plus 50 mètres de ses conduites. Au delà, c’est une extension qui peut être le fait de particuliers ou d’un groupe. L’Etat peut faire des extentions en fonctin de la concentration de populations et lancer des campagnes de branchements. Surtout celui (Personne ou communauté) qui veut faire des extensions en fait la demande à CAMWATER..
    6) Pendant la phase des travaux, il sera prévu des traversées sous la route pour permettre aux populations de l’autre côté d’avoir accès à l’eau potable.

    Sa Majesté àété invité pour la séance de restitution jugée conforme et approuvée par les participants.

    Sa Majesté a fécicité les uns et les autres pour le travail abattu. En guise de conclusion, il a pris l’engagement au nom de la communauté Bangoua de répercuter les bonnes informations issues de cette consultation. Il a demandé aux nobles présents de répercuter les bonnes informations, chacun à son niveau. Le souhait de la communauté est que dans dix mois la bonne eau et fait sien l’exhortation du représentant de l’Hôpital Bangoua « Boire de l’eau c’est bien mais boire de l’eau potable, c’est agréable ». Enfin il a demandé aux Dieux de Bangoua de bénir le pas retour des visiteurs.

    ETKA (petitpiment@yahoo.fr)

  • La danse de purification et de bénédiction NKAAK 2019 à BANGOUA

    Ce Liètchak, 30 Juin 2019 était un jour de sortie de la danse NKAAK à l’esplanade de la Chefferie Supérieure BANGOUA.

    Le groupe de danse à l’honneur était le Tchuétong Pègueup.

    La prochaine sortie du NKAAK est prévue pour le Liètchak, lundi le 8 Juillet 2019 à 13h avec pour groupe phare le Kop NzeNze.

    Les futurs initiés intéressés par le NKAAK sont priés de contacter le Notable Tèh Mpouoh.

    Tièndja’pou Frédéric NGANSOP NONO, Membre Commission Communication du Festival Culturel MACABO BANGOUA 2019

  • LE NKAK A BANGOUA

    Sollicité par Tièndja’pou Frédéric NGANSOP NONO, Membre de la Commission de Communication et TIC du Festival MACABO BANGOUA 2019, j’ai accepté d’initier cet article nécessaire non seulement en prélude à l’organisation du Festival MACABO 2019, mais aussi et surtout parce que l’année en cours est celle du NKAK à BANGOUA, Royaume de SM DJAMPOU TCHATCHOUANG Anick Julio. C’est avec enthousiasme que je me suis engagé dans cet exercice pour l’information des filles et fils Bangoua, mais également pour enrichir mes petites connaissances en la matière.

    I – GENERALITES

    A – Quelques explications pour fixer les idées

    Le Nkak est défini par certains auteurs comme un substrat religieux et magique. Pour qu’on soit sur la même longueur d’onde, j’ai pensé qu’il fallait apporter une explication à substrat, magie et religion en consultant le dictionnaire français ENCATA.

    SUBSTRAT : Fondement qui sert de base (à quelque chose).

     MAGIE : 1 – Savoir qui permettrait par des procédés secrets et la maitrise des forces occultes       d’obtenir des effets ne relevant pas d’une explication rationnelle.

                           2 – Savoir- faire qui permet de réaliser des tours dont l’explication rationnelle échappe au public.

    RELIGION : croyance en une force ou des forces surnaturelles souveraines perpétuées par un ensemble de rites et des dogmes.

    On adhère à un culte, à ses rites et à ses dogmes. Par exemple les dogmes font que : un musulman quand il entre à la mosquée se déchausse, le juif se coiffe quand il entre à la synagogue, le chrétien se décoiffe quand il entre à l’église…

    B – La philosophie du Nkak à Bangoua

    Comme sus dit, le NKAK est assimilé, par certains à une religion chez les Bamiléké. A ce sujet l’auteur qui, à notre avis, a restitué au mieux la sensibilité religieuse Bamiléké est A Le roi Bourhan qui considère la religion comme «  un système organisé de mythes et de rites destinés à établir d’une manière permanente des relations entre l’homme et les puissances de l’invisible (ancêtres et esprits) dans l’intérêt de la communauté. » ([1])

    Cette définition a l’avantage d’être neutre car ne porte aucun jugement de valeur ni sur la nature des mythes, ni sur celles des rites. Le plus important est la symbiose permanente entre l’homme et son environnement dans l’intérêt de la communauté. La religion cesse d’être abstraite pour devenir fonctionnelle. Pas de promesse d’une vie éternelle après un jugement.

    Dans ces conditions, l’éthique religieuse s’apprécie non plus en absolu, mais par rapport à l’équilibre global du système.

    Il devient alors possible de faire cohabiter dans un même espace les bons dieux (schi mbepouong) et mauvais dieux (schi tchou pouong). Le guérisseur travaille avec les détenteurs de totems quand il n’en possède pas lui-même. Les vampires et les génies sont tolérés parce qu’ils assurent une fonction sociale.

    Dans ce contexte, on est tenté de dire que la gestion de la cité ne peut être que le management de la magie et des dieux. C’est donc à dessein que le Bamiléké en général et le Bangoua en particulier, utilise le mot « NKAK » pour désigner les forces vivifiantes du cosmos, la puissance curative des guérisseurs, le don destructeur des sorciers. Comme en science atomique la même matière permet de produire l’électricité pour les ménages et la bombe atomique pour les armées. En fait le NKAK est la religion du peuple Bamiléké dont quelques articulations sont relevées ci-dessous.

     

    II- LES ARTICULATIONS DU « NKAK »

    Il faut remonter à la division du temps pour mieux fixer les esprits sur le déroulement du NKAK à Bangoua. Certains écrits ont souvent tenté à vouloir faire correspondre la division du temps dans notre village, au calendrier gréco-romain qui s’adosse sur douze mois. Or à Bangoua l’année est divisée en deux temps forts :

    • La saison des pluies (nzoueh Nsooh)  d’avril à octobre et
    • La saison sèche (nzoueuh nlep) du mois de novembre à mars.

    Distribution du haricot par le Chef Supérieur

    Ces deux grandes saisons se subdivisent en quatre périodes définies selon le calendrier agricole :

    a/ Nkah- ngnieuh : Il s’agit ici de débroussailler les herbes et de les ranger dans les sillons prêts à recevoir la terre au moment des labours (début saison sèche).

    b/ Ndjuih-nzoueuh : Période réservée aux semailles (fin saison sèche).

    Avant les semailles se pratiquait un rite consistant à purifier la terre nourricière par des décoctions remplies dans un canari comportant : tourbe noire récoltée au fond d’un marigot à laquelle étaient mélangées quelques plantes connues pour leur qualité sédatives. ([2]) Les guérisseurs ou sorciers (Ngnwaa nkak) de chaque quartier, tard dans la nuit, trempaient les branches de l’arbre de paix (Fee kiok) dans le canari et frappaient la terre le long du chemin et sur les carrefours de leur quartier en disant « d’ici ne sortira plus la mauvaise chose ». Le lendemain les habitants étaient rassurés que la pluie qui féconde le sol ne tarderait pas à venir et que les semences germeraient bien.

    c/ Nzoueh tchoueuh : période de soudure caractérisée par la rareté de la nourriture (début saison des pluies).

    d/Tchouoh nzoueuh : période des récoltes (fin saisons des pluies). Cette période comportait aussi des manifestations.

    Les  réjouissances accueillaient les récoltes aux mois d’août et septembre. Les habitants des quartiers se réunissaient chez un notable pour danser le Metche. L’une des rares danses où hommes et femmes formaient des couples.

    Il arrivait que les meilleurs danseurs, en fin de soirée, proposent à leurs partenaires de les rejoindre dans leur case.

    C’était l’occasion rêvée pour les femmes mal entretenues par leur mari (surtout les femmes sans enfant) de changer de domicile. Il convient toutefois de signaler que la liberté de choix, contraire aux règles morales matrimoniales en usage à Bangoua, était acceptée à cette occasion ([3]). Cette danse qui a disparu du répertoire Bangoua se dansait de la manière suivante : les hommes et les femmes s’enduisaient d’huile de palme mélangée à la poudre rouge (Mpweuh) et se plaçaient face à face sur deux lignes qui s’éloignaient et se rapprochaient au cours de la danse.

    Ce rituel de fécondité et de la fête des récoltes ponctuait le cycle annuel du village et se célébrait sans intervention directe de la chefferie. A cette première division du temps contrôlée par le peuple, s’adossant sur un ordre naturel, se superposait un cycle bisannuel fondé sur la différence des sexes et contrôlé par la chefferie. Il s’agit de l’année du NKak (Ngou Nkak) et de l’année du Djack (Ngou djack).

    Le Ngou Nkak était réservé à l’intégration des garçons dans la classe des adultes et le Ngou djack à celle des filles.

    On comprend aisément que les rites de Nkak et de Djack n’ont aucun lien avec les rites d’initiation dans la mesure où il n’existe pas une structure en charge de révéler un quelconque mystère à des cadets quelque part. Le Ntè Nkak chez qui se rendent les jeunes appelés à danser le Nkak n’a aucune initiation mystique à leur réserver. Toutefois, dans le temps, aucun jeune ne pouvait se marier sans danser le Nkak pour les garçons ou passer dans le Djack pour les filles.

    NGOU NKAK (l’année du NKAK)

    Très souvent nous ne retenons que le côté festif de l’année du Nkak, alors que c’est une année de purification et de régénération mystique, une sorte de concentration et de prières. Pendant cette période qui dure neuf semaines à Bangoua et pour que le village puisse être régénéré par le Nkak, tout tourne au ralenti. Ainsi, sont suspendus : les mariages, les lamentations, les labours avec la houes, et prendre les dieux à témoins pour les jugements (Schi Jeuh).

     

    La grande messe du Nkak

    Le début et la fin de l’année du Nkak sont marqués par la cérémonie de la montée et de la descente du Nkak du bois sacré (Mvieuh-Tchip). Ce bois sacré, selon Kamga Léon est un véritable tabernacle du souffle divin nécessaire à la purification et à la revivification bisannuelle des hommes et de leur environnement. ([4])

    Distribution du vin par un Tè nkaak (Tè mpouoh)

    Pour ce faire et puisqu’il s’agit de s’adresser à Dieu, Bangoua possède une lignée de prêtres chargée de ces cérémonies qui sont :

    1 – Woué-fo Keleu, membre des sept notables et coopté dans le cercle par le Chef Sopiè ;

    2 – Woue-Fo Nkoumkap, membre des sept et coopté par le Chef Ndjack-Mpou ;

    3 – Mbeuh Kapjip, membre des sept et coopté par le Chef Djack-Mpou ;

    4 – Nzeu-Tchip, coopté dans le cercle par le Chef Ndio-Nlah ;

    5 – Mbeuh Tefeuk, coopté par le Chef Njop-Nwouo ;

    6 – Tè Nono coopté par le Chef Njop-Nwouo ;

    7 – Tè fo Daggoung, notable dont la concession héberge le NLa-Kwack

    8 – Tè-Woué-Nla (Tè-mpouoh- le sacrificateur-).

    Si les fêtes liées aux récoltes sont organisées dans les quartiers sans grand lien avec la chefferie, celles du Nkak et du Djack n’échappent pas à cette dernière.

    Les cérémonies du Nkak sont intimement liées à la chefferie. Des huit pères du Nkak, sept sont de la famille royale ; donc le Nkak est d’abord une affaire de la chefferie avant d’être celle du pays, étant donné que Mvieuh-Tchip où l’on va chercher son souffle est l’ancien demeure des anciens chefs dont particulièrement Lekemegne. Te woué-Nlah qui ne fait pas partie de la famille royale n’en demeure pas moins un fidèle serviteur du chef.

    Rôle de Tè-Woué-Nla (Tè-mpouoh) dans la montée du Nkak

    Comme signalé plus haut, l’année du Nkak commence avec la période de soudure (Nzouoh Tchoueuh). Au début, Tè-Mpouoh dépose sous un arbre sacré de la chefferie de haricots cuits mélangés à l’huile de palme pour que la terre-dieu (Schi-tchaa) libère une force bénéfique appelée Nkak.

    Rôle du chef et des pères de Nkak

    Après le travail effectué par Tè-mpouoh sous l’arbre sacré « là où sort le Nkak », le Chef et les pères de Nkak (tè Nkak) réitèrent ce sacrifice à Vieuh-Tchip. Là, au pied d’un arbre sacré, ils déposent de la nourriture et un tambour mâle (tap) que transporte Nzeu-Tchip. Il convient de signaler que cette description du voyage à Mvieuh-Tchip n’est que la partie visible de l’iceberg. Cette visite dans ce lieu ne doit  être vécue que par les initiés.

    Il se raconte que dans le village Bandjoun un curieux se croyant très malin s’était caché dans une botte de paille pour voir ce qui se passait dans le cortège du Nkak qui se rendait dans la forêt sacrée. Malheureusement, il ne put raconter son aventure à personne puisqu’une meute de fourmis magnant lui asséna des morsures qui l’entrainèrent dans le trépas.

    Sur le chemin du retour, le règlement interdit au Chef et aux pères de Nkak de se retourner pour scruter ce qui se passe derrière.

    Alors ils entendent le dieu du village frapper sur le tambour pour faire savoir qu’il accepte de faire sortir le souffle du Nkak de la terre. Nzeu-tchip par la suite va récupérer le tambour et le rapporte sur la place de la chefferie pour qu’il serve le lendemain à la danse du Nkak.

    Le baptême des jeunes

    Comme dans les autres religions la participation au Nkak se prépare et se mérite. Les adolescents sont à l’honneur, puisque par le biais du Nkak, ils viennent renouveler la société des adultes. Ils prennent généralement part à la réunion Ma’a nkeueuh siégeant chez le chef de quartier ; une sorte de pépinière du Mieuh-ndjouok.

    Les garçons ayant atteint l’âge de dix, la tête rasée, au 2ème jour de chaque semaine du Nkak, se rendent par petits groupes de 7 à 8 chez l’un des pères de Nkak ayant accompagné le chef à Mvieuh-Tchip. Ils s’y rendent chacun avec une boule de taro (Poo), 05 paquets de graines de courge (Djeuh) et 04 paquets de gâteau de haricot (Kekieuh).

    La boule de taro était placée sous l’échelle (Tschoukouoh) à l’entrée de la concession du père de Nkak (Ntè-Nkak). Les jeunes après ce dépôt vont dormir dans une case avec la porte ouverte. A l’aube, ils vont récupérer leurs boules de taro sous l’échelle ([5]) imprégnée de Nkak et la remettaient au Ntè-Nkak qui se chargeait de leur faire « goûter pour la première fois ». Je vous épargne des détails. Tout cela était accompagné du vin de palme auquel étaient mélangés le Ndedip et le kaolin (Mbip).

    La boisson leur était servie dans une corne d’antilope, cet animal qui vit en groupe symbolise la vie en société.

    Danse des meugneuhs mère des jumeaux pour ouverture du NKA’AK

    Ce service constituait l’acte de ce qu’on appelle « Tchoube » c’est-à-dire goûter pour la première fois. Dès qu’un enfant avait bu le Nkak, il n’était plus « Kouok Nkak » (esclave du Nkak), mais devenait « Wouoh Nkak » (l’enfant du Nkak) comme ses ainés. Après cette cérémonie, l’enfant rentré chez eux le soir n’avait plus le droit de coucher dans la chambre de sa mère sauf si cette dernière est mère de jumeaux (Megne) ayant dansé le Nkak comme lui.

    Il était interdit à l’homme ou à la femme ayant dansé le Nkak dans la journée d’avoir des relations sexuelles le soir venu.

    Avant de danser le Nkak, les enfants ayant goûté pour la première fois la nourriture du pays se faisaient beaux. Ils se lavaient, s’enduisaient avec la poudre rouge (Mpheuf), s’ornaient de quelques taches blanches de kaolin (Mbip), attachaient autour de leurs reins un pagne en fibre de raphia (Fiii) et prenaient dans les mains les cornes d’une antilope (la rareté des cornes d’antilope font que les danseurs utilisent actuellement des triangles en bois) qui est connue pour vivre en groupe. Les jeunes danseurs, unis entre eux comme les antilopes se rassemblent sur la grande place de la chefferie en chantant : « Les dépendants du Nkak ont mangé le taro et bu du vin de palme ; malheur à ceux qui n’ont pas pris le Nkak » (Nkwouoh Nkak nzeuh mpooh ngnouh naah…).

    Ils rejoignent les membres de l’association secrète dont c’était le tour de danse (cf calendrier du NKAK publié par la Commission de la Communication du MACABO).

    Les tours de la danse de Nkak

    Généralement la 1ère semaine du Nkak est réservée aux mères des jumeaux et la dernière semaine à la danse du Ndzou. Seuls les notables initiés avaient le droit de prendre part à cette danse majestueuse et noble qui rappelle de par son accoutrement les éléphants. La veille, la famille Sa’a Mefe  de Tschou-Ngouok et de Tchieuh Ngnwouh-Nguep de Nla-Ngoui devraient avoir dansé le Tchilla qui consiste à se promener le soir venu dans les quartiers du village en frappant bruyamment de petits tambours portatifs (Lambiè).

    Distribution du haricots par le premier ministre, Nwoue lah

    Les tours de Nkak s’établissaient comme suit en 1948 :

    1ère semaine : Les mères des jumeaux (Megne) ;

    2ème semaine : Le Kep meloo ndjou ;

    3ème semaine : Le Kouoh-schi ;

    4ème semaine : Le Kop Ze-Ze ;

    5ème semaine : Le Kan-Ndep ;

    6ème semaine : Le Ndip-Nkep ;

    7ème semaine : Le Mpeh-nguep ;

    8ème semaine : Le Tchè-ntook ;

    9ème semaine : La danse du Dzouh ([6]).

     

    LE NKAK MYTIQUE

    C’est ici qu’interviennent les Ngwaac-kak – pluriel- (Ngak-kak- singulier-), les hommes ayant reçu le Nkak mystique.

    Vers le début de la colonisation on rencontrait de puissants guérisseurs tels que : Nze nkioh, Nze ntiékap, Megne-djack-fack, Ntié-sa-gack, Megne-nack, Nze-soup-ndop…. C’est un  sujet à traiter prochainement…

     

    Wembo Mbeu’Ngouok Dr DJOUONANG Lucas,

    Président de la Commission des Affaires Traditionnelles, Animations Culturelles et Danses, Festival MACABO BANGOUA 2019.

     

    ([1]) Cf Kamga L. : La’a kam ou guide initiatique au savoir être et au savoir vivre Bamiléké, éd. 2008. P. 36

    ([2]) Substance ou technique thérapeutique permettant à réduire l’anxiété, d’atténuer la douleur ou de lutter contre l’insomnie.

    [3] C.H.PRADELLES de LATOUR in « Le Champ du Langage dans une Chefferie Bamiléké » p.65. Paris- février 1986

    [4] L. KAMGA : La’akam ou le guide au avoir être et au savoir vivre Bamiléké. Edition 2008

    ([5]) Pour protéger les cultures contre les bêtes domestiques, chaque chef de famille dressait une haie végétative non seulement autour de sa concession, mais aussi construisait un chemin conduisant les animaux domestiques au pâturage. Partout où il y avait un chemin une échelle (Tchouh-nkouoh) était dressée des deux côtés de la barrière. Il fallait traverser cette échelle pour continuer son chemin.

    ([6]) Cf C.H.PRADELLES de LATOUR op.cit. P.69

  • Festival MACABO 2019: Le flambeau transmis ce 22 Juin 2019 au Président du Comité d’Organisation par le Roi des BANGOUA

    Festival MACABO 2019 Le flambeau transmis au Président du Comité d’Organisation par le Roi des BANGOUA.

    15h, salle des fêtes Nikita Hôtel sise au carrefour Biyem-Assi, la Communauté Bangoua toute entière, (locale, nationale et diaspora) a répondu présent à l’inédit rendez-vous du LANCEMENT OFFICIEL DE L’ÉDITION 2019 DU FESTIVAL MACABO, AVEC EN PRIME, UN APPEL DE FONDS.

    Oui, avec honneur et engagement, les langues se sont déliées et l’hymne national ainsi que le chant de ralliement BANGOUA ont retenti dans la salle et la ferveur patriotique a habité l’ensemble des invités, des groupes constitués, des fils et filles Bangoua, des amis du terroir qui, ensemble ont témoigné pour certains leur attachement à la terre natale et pour d’autres, leur soutien de poids à l’oasis de paix et d’accueil qu’est le Groupement de Fôh NONO TCHOUTOUO.

    La présence très saluée du Chef de la Communauté BANGOUA de Yaoundé, Fôdjack Nouguep Adolph qui malgré le poids de la maladie, a honoré le rendez-vous aux côtés du Sénateur KEMAJOU de la Région du Littoral. Une minute de silence a été observée pour honorer la mémoire des fils et filles BANGOUA disparus ces derniers temps.

    Tambours battants, les groupes de danses Lahli et Nguiogheuh en l’occurrence, ont fait bougé la salle, les chants des meugneuhs ont culturellement tenu en haleine le parterre de guests qui ont senti par la voix de l’artiste Léonidas KOUODJIP (DMots For Ever) que l’heure du Macabo a véritablement sonné (TAP-KOUH’). Christelle TAMBOU, par son titre à succès NZEUDIEU, a déhanché la foule qui a pris conscience non plus de vendre les concessions au village, mais de les construire afin de contribuer ainsi au développement et au peuplement du village.

    Ce qui a servi de pirouette au Président du Comité d’Organisation en la personne de Maître PIENDJIO Désolice Magloire, de retracer l’historique du MACABO tout en situant la présente édition dans son contexte, soulignant de plusieurs traits, l’aspect développement qui depuis 2015, constitue désormais la clé de voûte de la grande rencontre biennale du peuple BANGOUA.

    Du développement matériel et infrastructurel à celui intellectuel, aucun aspect n’est négligé et la mayonnaise prend progressivement. La réinstauration de la PRIME À L’EXCELLENCE SCOLAIRE ET ACADÉMIQUE devient pérenne et annuelle pour ce qui concerne l’intellectuel et les résultats enregistrés depuis laissent parler d’eux mêmes. À la fois les meilleurs élèves et étudiants, mais aussi les enseignants qui se sont particulièrement distingués, sans oublier les Établissements dont le palmarès général donne fière allure sont récompensés à leur juste valeur.

    Le festival se déroulant tous les deux ans, une œuvre solide de développement infrastructurel vient soutendre l’action du Comité d’Organisation qui désormais est fondé d’organiser des cérémonies d’appel de fonds afin de matérialiser sur le terrain du concret, ce que l’esprit a conçu dans l’abstrait. École Publique Bilingue (Maternelle et Primaire) de Baloué, Rénovation du Palais Royal, deux chantiers et pas des moindres qui méritaient les éclaircissements de Sa Majesté DJAMPOU TCHATCHOUANG A. J. qui en remettant le flambeau de façon officielle au PCO, l’engageait ainsi à tout mettre en œuvre, pour être à la hauteur de la lourde et exaltante mission qui lui a été confiée pour « faire cuire » et « bien faire cuire » le MACABO qui au terme de sa cuisson, ne devrait démanger personne. Et pour garantir sa cuisson, le peuple, sous la coordination de Wembo Mbeuh Ngououck Dr DJOUONANG Lucas et de Soup TANKIO Jean Pierre dit Ambassadeur sans frontières, a puisé dans le fond de sa forêt financière, le fagot de bois nécessaire à la cuisson en douceur du MACABO qui va se déguster du 02 au 09 Novembre 2019 à l’esplanade de la Chefferie Supérieure du Groupement BANGOUA.

    Sur le champ, des promesses et des espèces ont été enregistrées et récoltées. La bagatelle somme de plus de 4.000.000 FCFA a été récoltée en espèces dont 1.500.000 FCFA enregistrés en promesse, pour soutenir le budget d’environ 80.000.000 FCFA retenu pour la présente édition de notre festival. Enveloppe en nette augmentation par rapport à la dernière édition de 2017. Au tour d’un agape offert par l’organisation, les forces ont été renouvelées et vivement que le coup d’essai transformé en coup de maître soit réédité dans les mois à venir dans d’autres Régions du pays et pourquoi pas à l’Etranger pour susciter le même élan, pour un BANGOUA qui avance avec méthode vers un destin radieux.

    CRTV, Canal 2, Equinoxe, Le Jour, www.icibangoua.net ont assuré la couverture médiatique et sont chargés chacun en ce qui le concerne, de relayer l’information partout ou besoin sera.

    _Pour la Commission Communication, Maximin KOUAMOU, Homme Intègre??? j’ai signé depuis la salle de fête Nikita Hôtel, Yaoundé._

  • Calendrier de l’ordre de passage à la danse publique de bénédiction et du purification KA’AK/2019!!!

    Comme annoncé dans le Procès Verbal de la dernière réunion préparatoire MACABO BANGOUA 2019, voici le calendrier de l’ordre de passage à la danse publique de bénédiction et du purification KA’AK/2019!!!

  • DÉCISION ROYALE Nº2 PORTANT NOMINATION DES PERSONNALITÉS ET MEMBRES DES COMMISSIONS SPÉCIALISÉS DE L’ORGANISATION DU MACABO 2019

     

    DÉCISION ROYALE Nº2 PORTANT NOMINATION DES PERSONNALITÉS ET MEMBRES DES COMMISSIONS SPÉCIALISÉS DE L’ORGANISATION DU MACABO 2019

  • DÉCISION ROYALES Nº004 du 21 mars 2019 PORTANT CRÉATION D’UNE COMMISSION DE RECONCILIATION DANS LA COMMUNAUTÉ BANGOUA DU WOURI

    DÉCISION ROYALES Nº004 du 21 mars 2019 PORTANT CRÉATION D’UNE COMMISSION DE RECONCILIATION DANS LA COMMUNAUTÉ BANGOUA DU WOURI

  • SM DJAMPOU DE BANGOUA VOLE AU SECOURS DE LA SANTÉ DE SES POPULATIONS: 13 Février 2019

    La Fête Nationale de la Jeunesse édition 2019 s’est célébrée en grandes pompes à BANGOUA sous la très sage supervision de SM DJAMPOU TCHATCHOUANG Anick Julio. Au cours de cette célébration, il a été rappelé que le Roi dans ses multiples déplacements à l’intérieur comme à l’extérieur du triangle national, ne recherche que le développement du Groupement de Njokvūp et le bien-être de ses administrés.

    Les populations BANGOUA et les jeunes scolarisés en particulier, ont grandement apprécié et félicité les plus de 200 cartables offerts par CARING HANDS AFRICA (Une ONG de droit américain basée en Pennsylvanie). Cette ONG portée par WANDJA Martial Donatien, un digne fils du terroir, est venue à BANGOUA sous initiative de SM DJAMPOU pour communier avec les autres jeunes la 53éme édition de la jeunesse.

    Ces vaillantes populations n’ont pas encore fini de savourer ces dons que le Roi s’est déjà penché vers leur santé, garant de leur force pour le développement.

    Comme promis par SM DJAMPOU, une forte équipe d’ophtalmologues a séjourné le Mercredi 13 Février 2019 au Centre de Santé Intégré (CSI) de Baloué – BANGOUA, question de venir à la rescousse des Bangoua souffrant de troubles de la vue.

    Élèves, jeunes, parents, personnes du 3 ème âge se sont succédés devant les spécialistes de la vue et munis de leur ticket de consultation gratuite. Leur prise en charge a été supportée entièrement par la coopération avec SHYA LOH (Une ONG de droit Suisse), la Chefferie Supérieure BANGOUA et sans oublier le concours du partenariat avec la CLINIC MANNA EYES de Nkongsamba. Au total, 114 personnes ont été examinées et prises en charge et 02 cas ont été programmés pour une opération de cataracte.

    Le Centre de Santé Intégré (CSI) de Baloué – BANGOUA est ouvert au public 24H/24 et 7j/7 pour vos problèmes de santé !!

    Vives félicitations à Mieulock (SM DJAMPOU) pour tous ses efforts inlassables en faveur du développement de BANGOUA!!!

    Tièndja’pou Frédéric NGANSOP NONO