Category: Economie

  • Macabo 2017 Agronomiquement par Frederic Ngansop, Ingénieur Agro-zootechnicien, Professeur des Lycées Techniques d’Agriculture

    L’immense histoire de la cosmogonie BANGWA nous apprend que FOH NONO TCHOUTOUO, célèbre fondateur de la fête du MACABO et arrière-grand-père du Roi actuel FOH DJAMPOU TCHATCHOUANG Anick Julio, fut déporté à Dschang (Chefferie Foto) par l’administration coloniale de l’époque le 18 Décembre 1931. Il y séjourna pendant 18 ans de sa vie, loin de son peuple ! Pourquoi donc MACABO !!!??? Pourquoi pas PATATE !!!??? Pourquoi pas MANIOC… !!!??? Un éclaircissement mérité d’être apporté ! Quoiqu’il en soit, il se dit que ceux qui avaient œuvré pour le retour d’exil de FOH NONO TCHOUTOUO étaient des fils et filles BANGOUA alors basés dans le Moungo et qu’ils lui apportaient constamment du MACABO durant cette période de déportation ! Il leur fut reconnaissant et leur aurait donné le nom de ‘’Peuh MAKABOU’’ c’est-à-dire ‘’Les gens du MACABO’’. Dès son retour, il célébra la première édition du MACABO en Février 1949. Dès lors, cette fête est restée une identité, mieux un patrimoine historique pour les Bangoua.

    En cette célébration du MACABO 2017, il nous a semblé utile et même nécessaire de retracer cet historique synoptique, qui pour nous est une transition vers cette denrée dont le nom à lui seul reste et restera fort évocateur pour nous les Bangoua. En effet, au fil des célébrations de cette grande kermesse culturelle, l’aspect agronomique de ce tubercule semble être mis en marge.

    Le macabo (Xanthosoma sagittifolium (L.)) est un tubercule très apprécié et consommé par les populations du Cameroun en général et Bamiléké en particulier.  Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, à Bangoua, le macabo a toujours joué les seconds rôles dans les exploitations agricoles. Il est presque toujours associé aux autres cultures (maïs, haricot, arachide…). En monoculture, il donne de bons rendements. Sa culture requiert pour ce fait un climat chaud et humide, une température au delà de 20°C, une pluviosité entre 1500 et 2000 mm/an et un minimum d’ombrage. De plus, le sol doit être profond, léger, légèrement acide (pH entre 5,5 et 6,5), bien drainé et riche en matières organiques. Sa culture peut se faire sur un sol où un labour profond et avec formation des buttes (sur terrains simples) ou billons (sur terrains humides de bas-fonds) a été effectué. La multiplication du macabo est asexuée et se fait par bouturage des fragments de tige, du tubercule-mère ou des tubercules entiers. Ces derniers doivent avoir un poids supérieur ou égal à 150 g (10 à 15 cm de long). 2-3 tonnes de semences sont requises par hectare. Une profondeur de 15 cm est recommandée dans les buttes ou les billons lors du semis. Avec une distance de semis de 80 x 80 cm, l’exploitant agricole pourra avoir une densité de plus de 15.600 pieds de macabo/ha. La période de production dure entre 9-12 mois. Durant les 3 premiers mois, 2 sarclages associés au buttage  sont recommandés. Si on connait très peu de ravageurs sévères du macabo, il n’en demeure pas moins vrai que la pourriture racinaire (mycose causée par Pythium myriotylum) constitue une réelle menace pour les agriculteurs. Une fumure organique (déchets de cuisine, fientes, feuilles mortes enfouies) de même qu’un apport d’engrais minéraux améliorent significativement les rendements. Dans ce dernier cas, on appliquera pour un hectare 100 kg de potassium (K), 65 kg d’azote (N) et 50 kg de phosphore (P). La récolte des premiers tubercules commence dès le 9ème mois à partir du semis et se poursuit jusqu’au 12ème  mois. L’indicateur de la maturité est le vieillissement et le flétrissement des feuilles âgées. A l’aide d’une houe, d’une machette ou d’un plantoir, on fouille délicatement autour du tubercule central pour identifier et détacher les tubercules secondaires matures. Ceux immatures sont laissés en terre, recouverts pour continuer leur croissance, ou pour servir de semences pour la prochaine campagne. Il faudra éviter au maximum de blesser les tubercules de macabo durant la récolte ; ceci réduit les chances de conservation du produit tout en diminuant sa valeur marchande ! Lorsque l’itinéraire technique cultural est respecté, le rendement est estimé à 20 tonnes de tubercules comestibles/ha.

    N’ayant pas la prétention d’avoir tout élucidé sur ce tubercule de notre histoire, nous rappelons que l’Agriculture représente une part essentielle de l’économie chez les Bangoua. C’est pourquoi nous recommandons vivement la modernisation de sa production chez nos vaillantes populations en quête permanente de développement et dont le promoteur est S.M. DJAMPOU TCHATCHOUANG Anick, Grand Visionnaire.

    Bonne fête du MACABO à tous et à chacun !! Agronomiquement…

     

    Par Tièdja’Pou NGANSOP NONO Frédéric, Ingénieur Agro-zootechnicien, Professeur des Lycées Techniques d’Agriculture

  • Séminaire N° 9 de Psy Cause Cameroun : Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun

    Le titre complet de ce séminaire est : « PROJETS DE DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE : LES RAISONS DE L’ECHEC ET LE ROLE DE L’ÉTAT. Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun ».

    Ce séminaire du mois d’avril 2014 a été suscité et organisé par le laboratoire Psy Cause Cameroun pour répondre aux préoccupations de nombreux lecteurs qui consultent le site de Psy Cause et qui nous reprochent de nous spécialiser seulement en santé. Au cours de ce séminaire, le Dr Ndonko Peguy a prit la parole pour dire que son Laboratoire est pluridisciplinaire et pluriprofessionnel depuis les origines et qu’il est capable d’intervenir aussi bien dans les aspects de la santé que du développement et même de l’environnement. L’Anthropologie est une clé qui ouvre toutes portes des sciences.

    Avant d’aborder la question du projet Scandinave Water, le Dr Ndonko Peguy s’est inspiré d’un travail bien connu dans les milieux des sciences sociales sur cette problématique. Il s’agit du travail de recherche de Célestin Ngoura. La lecture du texte de cet auteur donne à comprendre que l’absence de l’expertise des sciences sociales dans tout processus de développement est souvent la cause de l’échec de nombreux projets de développement en Afrique. A partir de l’exemple du projet « Latrine pour chaque famille » initié par les bailleurs de fonds et le Ministère de la santé publique à l’extrême-Nord Cameroun sur l’hygiène et la salubrité publique, il montre que les valeurs socioculturelles et les traditions séculaires des populations de cette région expliquent les causes de cet échec. En effet, l’idée sous-jacente à cette initiative aux moyens logistiques et financiers énormes était d’amener tous les membres de chacune des familles de la région à ne plus aller se soulager n’importe où dans la nature. Cette pratique engendrerait les maladies endémiques d’origine hydrique (typhoïde, choléra, diarrhée…). Aussi, les initiateurs du projet avaient-ils décidé de doter chaque famille de latrines ! Au terme de leur étude de faisabilité, ils lancèrent les travaux sous le regard interrogateur des soi-disant bénéficiaires. Au bout d’une année et demie, ils revinrent sur les lieux en vue d’évaluer le degré de réussite de leur entreprise. Mais ils furent surpris de constater que les intéressés n’avaient pas jusque-là utilisé les fosses d’aisances gracieusement mises à leur disposition. En réalité, dans ce contexte culturel, les règles de politesse et de bienséance élémentaires et les comportements sociaux anodins sont encore en vigueur. Les femmes ne doivent jamais savoir où et quand l’homme va se soulager. En outre, les brus ou les gendres n’ont pas à savoir où et quand leurs beaux-parents vont se soulager. De même, les hommes de leur côté, n’ont pas non plus à connaître le lieu et le moment où les femmes vont faire leurs besoins. Les enfants eux aussi ne doivent pas non plus savoir où et quand les parents et les adultes vont aux toilettes. Ils défèquent à tour de rôle dans les eaux courantes et les champs. En conséquences, ce projet « latrines communes » était condamné à échouer, car il est illusoire de penser que les populations allaient sciemment transgresser leurs pratiques sociales ancestrales.

    L’échec de ce projet de développement dû aux comportements culturels anodins des populations nous a fait penser à un projet analogue, celui du Scandinave Water qui devait fournir de l’eau de qualité améliorée et en quantité aux habitants du village Bamena, situé à l’ouest Cameroun. Il convient de noter que ce projet avait été implanté dans plusieurs régions du Cameroun (Centre, Ouest, Nord-Ouest…). Les expressions jadis utilisées pour désigner l’état d’un environnement sain où l’eau ne présentait pas une qualité douteuse (l’eau ne tue pas, on ne refuse pas l’eau) continuent à prévaloir sur les consciences collectives, même à l’heure actuelle où les substances chimiques et toxiques polluent et dégradent la qualité de l’eau. Dès lors, nous nous sommes mis à réfléchir sur les raisons de l’échec du projet Scan Water dans cette région et sur la part des responsabilités des populations quant à l’échec de son fonctionnement. S’agissait-il d’un projet de développement des populations ou pour les populations ? Les pratiques culturelles des populations ne sont-elles pas des obstacles au développement et par extension à la diffusion du développement durable ?

    Le Cameroun dispose de plusieurs sources d’approvisionnement en eau tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi, on peut citer les rivières, les marigots, les fleuves, les puits, les forages, les bâches de retenue, les mares, les ruisseaux etc. La qualité de l’eau provenant de ces sources et utilisée par les populations est souvent douteuse et les expose à des risques sanitaires considérables. Dans le souci de soustraire ces populations à la corvée de l’eau, plusieurs partenaires ont proposé à l’État camerounais, dans le cadre de l’aide à la coopération, de contribuer à rapprocher les points d’eau au plus près d’elles. Cet apport devait permettre la diminution des risques microbiologiques liés au développement des agents pathogènes qui utilisent l’eau comme milieu de vie, et aider du même coup à lutter contre les maladies endémiques d’origine hydrique qui sévissent en milieu rural comme la bilharziose, l’onchocercose ou la cécité des rivières.

    Le village Bamena, comme beaucoup d’autres régions du pays, a bénéficié de l’implantation des stations Scandinave Water. Selon les informations recueillies au cours d’un entretien avec Alain Tientcheu, 33 ans, enseignant et environnementaliste, « le projet Scandinave Water était une initiative de la coopération canadienne. Il s’était fixé pour objectif de fournir une eau de qualité et en quantité aux populations des zones rurales souffrant d’un manque d’eau afin de mieux lutter contres les maladies biologiques liées à l’eau telle la bilharziose, le ver de Guinée. La coopération avait aussi la prétention d’aider le gouvernement camerounais à monter les adductions d’eau dans toutes les zones rurales. Mais l’échec de ce projet vient du fait qu’il n’était pas participatif. Les partenaires impliqués n’ont pas tous été consultés avant la réalisation. »

    Le but ultime du projet Scandinave Water était essentiellement lié à la distribution de l’eau potable. Le système de fonctionnement d’implantation du Scandinave Water consiste à créer près d’un cours d’eau, un bac de retenue d’eau et y plonger un moteur qui assure le captage de la ressource. Cette eau est ensuite conduite dans les réservoirs installés dans la cage métallique que représente la photo de la planche ci-contre (source : Peguy Ndonko, 2007). Les réservoirs ont chacun un rôle. Les uns servent à la décantation et à la filtration ; les autres au traitement et la distribution de l’eau. Le premier réseau Scandinave Water a été implanté à Bamena en 1983, dans le cadre du programme AEP (Adduction d’eau potable) financé par le BIP (Budget d’investissement public). En 1986, une autre série d’installations est effective dans le cadre du même programme. Ce réseau sera complété par l’hydraulique villageoise financée par le même budget. Dès cet instant, cette localité est presque suffisamment alimentée en eau. Le fonctionnement du Scandinave Water nécessite aussi de l’énergie électrique, gérée au Cameroun par la Sonel (Société nationale d’électricité du Cameroun). La Sonel a été privatisée aux concessionnaires Américains en 2004 et est devenue AES-Sonel (American Electricity Society de la société nationale d’électricité du Cameroun). Dès cet instant, le prix du kilowatt a subi 3 hausses en quatre ans.

    Tout d’abord, comme tout dispositif technique, la question du financement et de la maintenance est cruciale pour la fonctionnalité de la station de pompage. Or, dans ce domaine, le transfert technique s’est opéré sans tenir compte des fluctuations locales. Le SNECà qui l’Etat avait confié le paiement des quittances de l’énergie électrique consommée dans le fonctionnement des stations de pompage du Scandinave Water na parvenait plus à supporter les coûts de consommation. La Sonel qui fournit de l’énergie électrique pour le fonctionnement du Scandinave Water sera ensuite privatisée en 2004 à une société américaine (AES-Sonel). Suite à cette privatisation, le prix du kilowatt d’énergie électrique a subi trois hausses en quatre ans. Avec ces hausses des prix, l’énergie électrique fournie par la Sonel et les compteurs installés dans les stations de distribution d’eau du Scandinave Water sont interrompus. L’État ne pouvait pas non plus compter sur la participation des populations dont les revenus sont déjà très insuffisants et qui considèrent l’eau comme une providence. Dans ces conditions de déshérence, certains agents de la Sonel et les populations vont faire montre d’actes d’incivisme en démontant les compteurs pour les vendre. Les plaques en bois sont ainsi laissées « aux bons soins des termites ». Les populations ne pouvaient que retourner dans leur ancienne source d’approvisionnement en eau (marécages, rivières, sources, mares, étangs et puits) sans traitement.

    Il convient peut-être à ce niveau de prendre en considération le point de vue de Jacques Perrin (1983) qui montre que cette politique de transfert de technologie n’a pas pour ambition de promouvoir le développement du pays d’accueil, mais de réaliser des profits, d’assurer l’accès aux matières premières, de pénétrer de nouveaux marchés. Le projet Scandinave Water relève de ce que cet auteur appelle « la vente directe de l’usine clés en main » qui permet aux firmes de transferts de vendre des équipements et des services technologiques en développant de nouvelles formes de sous-traitance. L’État camerounais aurait signé le contrat clés en main pour l’implantation du projet Scandinave Water. Dans ce type de contrat, le maître d’ouvrage confie la responsabilité des études et de la construction d’un ensemble industriel à une seule entreprise d’un pays industrialisé. L’Unité industrielle sera fournie prête au démarrage et gardera la responsabilité de la conception de l’unité de production et le choix des fournisseurs. Dans ce type de contrat, les principaux choix technologiques et économiques sont opérés ou contrôlés par le maître d’ouvrage.

    D’après les discussions issues des entretiens avec les techniciens de l’eau, les installations du Scandinave Water devaient en plus bénéficier d’un approvisionnement en essence pour assurer les ruptures d’énergie électrique et perpétuer son fonctionnement. En conséquence, le Scandinave Water tombe en désuétude parce que l’AES-Sonel vend cher l’énergie électrique qui contribue a son fonctionnement. Le prix du litre de gasoil n’est pas non plus à la portée de bourse des populations. Peu après, les ouvrages du Scandinave Water sont en panne. L’Etat de l’ouvrage laisse à désirer. Les systèmes mécaniques de fonctionnement sont déconnectés. Le panneau de l’installation du compteur électrique de la Sonel est rongé par les termites. Les câbles du courant électrique sont cambriolés par les populations et utilisés à d’autres fins. Les feux de brousse détériorent progressivement la qualité des tôles. Par endroits, les tôles sont démontées par les populations pour répondre à la stratégie de survie dans le cadre de la récupération et de la vente des métaux du secteur informel.

    Le projet Scandinave Water semble se situer dans le contexte des récits du développement qui s’apparente à un mythe ayant contribué à ancrer dans bien des consciences la conviction que le progrès et la croissance n’ont pas de limite et ayant la certitude d’être universelle parce qu’elle est reproductible. Mais cette croissance illimitée, l’universalisation du modèle occidental, se heurte pourtant à des résistances et à des obstacles de toutes natures.

    Dans le domaine de l’industrialisation et plus particulièrement des technologies, cette occidentalisation entraîne selon Serge Latouche (1998), une destruction des formes économiques antérieures (artisanat, communautés rurales). Dans cette perspective, poursuit Serge Latouche (1998 :95-96) : « la standardisation des produits s’impose sous la pression du marché mondial, sinon par goût, et la discipline des gestes de travail est mise en œuvre par la machine. Toute la vie se trouve bouleversée par la raison industrielle : les rythmes, les modes et les finalités. Toutes limitée, freinée, bloquée qu’elle soit, comme dans la plupart des pays d’Afrique noire, une industrialisation se produit par « substitution d’habitudes de consommation ». Les produits et les usages traditionnels s’en trouvent détruits de manière irréversible. La logique de l’usine s’impose dans toutes les sphères de la société. »

    L’acceptation généralisée des normes occidentales, devenue référence dans les modes de faire mais aussi les modes de perception, aboutit à des échecs. En ce sens, les chemins du « développement » devaient passer nécessairement par la rupture avec les logiques et les pratiques dont on décrète la faillite et l’inefficacité dans l’ère de la communication des peuples marqués par l’évolution rapide des technologies. Pourtant, les principes généraux du « développement durable » insistent sur l’importance d’une collaboration volontaire des acteurs concernés par la réalisation d’un projet. C’est dans cette perspective, les experts à regard des enjeux de la durabilité que ces acteurs interprètent, chacun selon sa logique. Or, poursuit Zaccaï (2002) : « le développement durable aurait alors des effets parce qu’il nous oblige à penser ensemble plusieurs problèmes jusque-là disjoints. Plus profondément, le développement durable nous oblige à une réflexion politique, parce qu’il nous oblige à justifier à plusieurs égards, dans plusieurs registres et en nous référant à plusieurs échelles, à plusieurs sociétés. Il ouvre donc un espace politique nouveau. C’est donc une sorte d’heuristique politique dont nous ne savons pas encore vraiment comment nous en servir ».

    Dans le cadre du transfert de technique du Scandinave Water, les connaissances des populations locales n’ont pas été suffisamment interrogées et les acteurs locaux n’ont pas été réellement intégrés au projet et guère plus consultés. L’inadéquation entre les conditions d’élaboration du projet, notamment ses dimensions techniques (énergie, entretien, particulier se révèle rapidement. L’absence de consultation des populations concernées conduit à un désengagement de leur part, face à un outil qui est transplanté sans que les bénéficiaires aient eu le temps d’adapter leur manière de consommer et d’utiliser l’eau.

    Le transfert de technologie montre qu’il aggrave la dépendance des pays en développement et expose davantage les populations à la pauvreté (le budget de financement de ce transfert est puisé dans les caisses de l’Etat), aux risques sanitaires (retour aux sources anciennes et consommation de l’eau polluée). Par ailleurs, il accentue le réémergence des maladies endémiques d’origine hydrique (cécités des rivières, amibiase, typhoïde …) et génère les conflits sociaux : le choix du site de l’implantation de la station de pompage d’eau Scandinave Water est souvent l’objet de tensions entre les élites politiques – maires et députés – qui brandissent le projet comme une initiative personnelle pour solliciter les voix aux différents scrutins. Ces remarques rejoignent les critiques évoquées (Perrin, 1983 ; Ela, 2004) portant notamment sur la différence fondamentale des objectifs liés aux transferts de technologie. Ces auteurs insistent sur le fait que les firmes multinationales cherchent à atteindre certains objectifs (expansion, diversification, profits) qui ne sont pas nécessairement compatibles avec les préoccupations plus générales, sociales notamment, des pays en développement. Ces transferts de technologies sont de plus en plus proposés comme solution miracle au développement sans toutefois tenir compte des besoins exprimés par les populations. Ces transferts ne sont pas automatiquement accompagnés de procédures qui permettraient d’installer durablement ces techniques dans les territoires d’accueil. Ainsi, comme le montre le projet Scandinave Water, on peut constater une absence d’accompagnement dans le transfert des connaissances – à des fois sur le fonctionnement de l’outil lui-même, mais aussi sur les bénéfices attendus par les populations locales. Le processus de transformation/acquisition est long et complexe, et suppose là aussi de construire des procédures de formation, qui tiennent compte des spécificités locales (connaissances déjà existantes des responsables locaux : chefs du village et la compréhension des usages sociaux et culturels de l’eau, etc.). La connaissance ne se limite pas à l’information écrite ou orale, l’accès au savoir-faire est indispensable et reste le résultat, au cours des années, d’expériences positives, qui sont échangées entre les pourvoyeurs de cette technique et les acteurs locaux chargés d’en assurer le bon fonctionnement, ainsi que les habitants, premiers destinataires de cet outil.

    Les comportements et les pratiques culturelles des populations bamiléké ne sont pas systématiquement solubles dans la logique du « développement durable ». Les usages qu’ils ont développés avec l’eau n’étaient guère compatibles avec les nouvelles pratiques issues de l’abondance de l’eau produite avec le Scandinave Water. Dans cette culture, les rites médicaux ont lieu dans les cours d’eau. Ces rites effectués dans les cours d’eau permettent à l’eau ayant une valence de transport, d’emporter très loin les impuretés que l’on décharge du corps. A l’issue de l’entretien réalisé auprès d’un informateur, Mathieu Nana Ngongang, instituteur retraité, 53 ans, l’arrivée des technologies ne doit pas détourner les populations de leur culture, « la jeune génération ne doit pas perdre de vue les coutumes du village, l’eau apportée par le blanc (technologie) ne peut pas jouer le même rôle que les eaux du village. Les dieux du village habitent dans les cours d’eaux et si nous cessons de leur faire des rites, le village ira très mal. On doit utiliser l’eau du blanc quand il le faut, on peut boire l’eau du blanc si ça marchait et faire les sacrifices et les rites dans les chutes du village, chaque eau à son rôle ».

    Il se dégage de cette citation que les adultes incitent les jeunes à ne pas perdre de vue leurs propres valeurs culturelles. Ces valeurs ont existé bien avant l’arrivée des nouvelles technologies, il est donc hors de question que leur implantation ait l’ambition de s’opposer à la culture locale. L’eau du cours d’eau doit drainer l’impureté au loin pour qu’un autre membre du groupe ne se « contamine » pas, ne « porte pas la malchance/l’infortune » (ne ngna’a sué’é). En plus, les cours d’eau qui coulent sont les cadres des pratiques juridiques dans ce groupe ethnique. En effet, le rite du veuvage se pratique à l’eau en raison du pouvoir que comporte l’eau. Ce rite consiste à soumettre la femme devenue veuve à une épreuve pour déterminer si elle n’est pas responsable du décès de son conjoint. Le rite de veuvage qui a commencé dans la maison du défunt, auquel est soumise la veuve, aux yeux de proches parents, se termine dans un cours d’eau. La veuve est ainsi amenée dans un cours d’eau ayant une chute. Elle est placée à quelques mètres de la chute. Le ritualiste place entre ces jambes une calebasse magique (teto’o. kan) contenant des ingrédients du rite (vin de raphia, arbre de paix, cauris, poudre à canon, graines de jujube…). La femme répète des formules imprécatoires dictées par le ritualiste. A l’issue de cette répétition, les participants observent les mouvements de la calebasse. Si le courant d’eau n’emporte pas la calebasse et rôde entre ses pieds, la veuve est reconnue coupable des faits de soupçon sur la mort de son conjoint. Ces rites sont exécutés dans un cadre public précis, sous le regard d’un nombre réduit de témoins. L’eau du Scandinave Water ne pouvait contribuer à la réalisation de ce rite.

    Par ailleurs, dans le même contexte, l’eau est une substance empreinte du pouvoir des esprits. En milieu bamiléké, l’eau est considérée comme la demeure des esprits et des ancêtres. Dans presque toute la région, les points d’eau sont considérés comme les lieux sacrés, à l’intersection des sphères humaine et divine. L’eau est le milieu de vie des puissances surnaturelles (crocodiles, arc-en-ciel, serpent boa, grenouilles…), une extension du royaume des morts et des ancêtres. Les représentations de l’eau ainsi présentées soulignent l’évidence que cette ressource est un milieu où abondent les esprits et une substance alliée au monde des ancêtres. C’est pour cette raison que les eaux qui jaillissent du sol sont considérées comme venant du centre de la terre et envoyée par les divinités ou Dieu. Ce genre d’eau peut jaillir et couler à n’importe quel endroit de la concession familiale. Les esprits de l’eau sont aussi présents dans les chutes. Les récits de nos informateurs sur la force des ancêtres et les chutes d’eau sont fort étonnants. Ils soulignent les dangers que l’homme encourt en s’approchant sans un guide initié, chargé de parler à l’eau, aux esprits de l’eau et à indiquer les limites des zones permises et celles qui sont interdites de la chute. Ces récits donnent aussi à comprendre que la demeure des ancêtres en terre bamiléké est inviolable et sacrée. Dominique Mallaquais (2002) nous a présenté une description des chutes d’eau en ces termes : « les chutes d’eau sont habitées par des divinités protectrices des environs. C’est pourquoi à côté de chaque chute s’élèvent de petites cases, soigneusement entretenues, qui servent d’abris aux (dieux gardiens) de la chute. Les grandes rivières abritent aussi de nombreux (esprits… ceux-ci) habitent des grands villages, cachés dans le fond de la rivière. Quand la rivière déborde, on dit que ce sont les morts qui sont venus danser sur la terre. Quand un homme se noie, on dit que les morts ont voulu l’attirer et quand on ne retrouve pas son corps, que les morts l’ont emmené vivant dans leur village aquatique. »

    Complétons ce témoignage par la description des comportements de l’eau. Dans le village Bamena par exemple, lorsque l’eau de la rivière déborde, elle empêche les femmes de rentrer du champ. Elle déborde au niveau du pont et la traversée devient impossible. A plusieurs reprises, les eaux de rivière ont débordé empêchant les femmes et les enfants de vaquer librement à leurs préoccupations quotidiennes. Les analyses qui précèdent montrent que les cours d’eaux sont les lieux de résidences des esprits de l’eau. Or, certains endroits de ces cours d’eaux ont servi de point de canalisation. Ces constructions permettaient de retenir l’eau en quantité suffisante, y mettre un moteur, afin de la conduire dans l’aqueduc du Scandinave Water. Cette construction et les bruits du moteur en état de marche perturbaient considérablement la tranquillité des esprits de l’eau. Pour manifester leur mécontentement, les esprits de l’eau asséchaient les cours d’eaux et le pompage de l’eau devenait impossible.

    Dans ce contexte culturel, le « développement durable » sera confronté à de telles pratiques culturelles tout aussi durables, puisqu’elles se pratiquent de génération en génération. S’il est vrai que les rites de veuvage sont de plus en plus considérés comme un comportement anodin, les sanctions liées à la transgression de ce rite sont la cause des maladies, des infortunes dont sont victimes les individus de ce groupe ethnique.

    Après ce brillant exposé, des questions posées sont répondues par l’orateur du jour. Par exemple : Quelle différence faites-vous entre un projet de recherche et un projet de développement ? Cette question, selon l’orateur nécessite tout un autre débat, il faut organiser un autre séminaire pour y répondre.

    Dr. Peguy Ndonko
    Anthropologue
    Email : pegndonko@yahoo.fr

    Source: http://www.psycause.info/seminaire-n-9-psy-cause-cameroun-cas-du-projet-scandinave-water-au-cameroun/

  • Du franc CFA à l’euro : Joseph Tchuindjang Pouemi, monnaie, servitude et liberté

    joseph-tchuidjangRedécouvrir l’œuvre de Joseph Tchuindjang Pouemi n’est pas seulement se pourvoir d’un moyen essentiel pour « comprendre les douleurs de l’Afrique » , mais plus généralement pour resituer la monnaie comme « phénomène social par essence » . Alors que règne aujourd’hui, notamment dans les zones euro et dollar, un monétarisme qui considère la monnaie comme une valeur en soi, Tchuindjang Pouemi nous montre au contraire qu’elle est une allocation de crédit dont la légitimité dépend de l’usage que l’on en fait.

    Elle est en ce sens l’attribut de toute souveraineté nationale car de son allocation dépend le futur que l’on veut donner à son pays. Il n’est donc pas étonnant que toute oligarchie veuille cacher ce rôle et en faire l’instrument de son pouvoir pour perpétuer sa domination au détriment des peuples. Au début de son livre, Monnaie, servitude, liberté : la répression monétaire en Afrique , écrit en 1979-1980, l’économiste camerounais met bas les masques : « Il convient qu’en Afrique la monnaie cesse d’être le territoire du tout petit nombre de « spécialistes » qui jouent aux magiciens. » Et il ajoute :  « Aujourd’hui, faute d’accorder aux questions monétaires l’attention qu’elles méritent, l’Afrique inflige à ses enfants, et plus encore à ceux qui ne sont pas encore nés, des souffrances tout à fait gratuites. »

    Nous sommes aujourd’hui en août 2012, plus de trente ans après que Tchuindjang Pouemi eut publié son ouvrage, et non seulement sa critique dévastatrice du franc CFA reste plus juste que jamais, mais elle s’applique tout aussi bien à l’euro, car dans les deux cas, ceux qui ont inspiré la création de ces monnaies se sont abreuvés et s’abreuvent à la même source. Il est ainsi ironique – mais logique – que les maux infligés aux peuples colonisés par les anciens colonisateurs soient aujourd’hui infligés par ceux-ci à leurs propres peuples. Le dénominateur commun est le viol des souverainetés nationales et des libertés individuelles au profit d’une même oligarchie, inspirée par une tradition monétariste qui remonte aux cités grecques prédatrices et trouve aujourd’hui son expression dans l’impérialisme monétariste de ses successeurs financiers et marchands anglo-américains. Ceux qui ont condamné Socrate sont toujours les ennemis, sous une autre apparence physique mais issus d’une même matrice idéologique, que nous devons combattre et écarter du pouvoir.

    Disciple de Maurice Allais et ayant présenté sa thèse de sciences économiques sous la direction de Pierre Massé, Tchuindjang Pouemi s’inscrit dans la tradition française de l’économie physique productive et de la planification indicative, à l’opposé du néo-libéralisme dominant depuis plus de quarante ans dans le monde. Je me sens d’autant plus proche de lui qu’il a commencé ses études à Clermont-Ferrand, dans cette Auvergne dont vient toute ma famille, et que j’ai moi-même rencontré Allais et ses proches en partageant un engagement commun pour la séparation des banques d’affaires, de dépôt et de crédit – le Glass-Steagall de Roosevelt, repris en France et rattaché à notre conception de Banque nationale et d’un Conseil national du crédit. Ainsi l’on peut dire, ironiquement, que le jeune économiste partisan de l’indépendance du Cameroun appartenait à l’école française de science économique, alors que les colonialistes néo-libéraux se trouvaient, eux, du côté de l’école monétariste britannique !

    La monnaie, expression de la souveraineté, est pour Tchuindjang Pouemi l’élément essentiel à examiner pour voir si derrière les belles paroles, il y a des actes qui les incarnent. Or « le franc CFA est en fait un instrument de la permanence de la colonisation française en Afrique… La France est le seul pays au monde à avoir réussi l’extraordinaire exploit de faire circuler sa monnaie, et rien que sa monnaie, dans des pays politiquement libres ». Aujourd’hui, trente ans après, la situation de dépendance de l’Afrique n’a pas changé. Les Etats qui relèvent du franc CFA n’ont aucune maîtrise de leur monnaie. Le fait que le Trésor public français soit placé au-dessus des banques centrales BCEAO et BEAC constitue un viol de souveraineté. Ainsi la dévaluation de 50 % en 1994 a sapé les fondements d’une classe moyenne émergente et servi uniquement les fortunes colossales de l’oligarchie au pouvoir, qui met ses avoirs à l’abri dans des paradis fiscaux et achète d’immenses propriétés immobilières en Europe. Quitte à faire éduquer ses enfants, se soigner et mourir chez nous ou aux Etats-Unis, faute d’avoir prévu des investissements sociaux dans son propre pays. Cela a été bien entendu aggravé par le fameux consensus de Washington, que le Fonds monétaire international (FMI) a appliqué en exigeant que les pays africains pratiquent des coupes claires dans les budgets sociaux, d’éducation et d’infrastructure. Provoquant à la suite une émigration que les pays européens ne veulent plus accueillir et chassent avec leurs bateaux, leurs avions et leur police. Ainsi s’est mise en place cette machine infernale, avec sa conséquence : les terribles inégalités sociales en Afrique et les « problèmes » de l’immigration chez nous, avec désormais en Europe une forme de ségrégation intérieure redoublant le néo-colonialisme par la monnaie à l’extérieur.

    Le franc CFA avait d’ailleurs été créé avant les indépendances, puis simplement rebaptisé après, sans que son mécanisme fondateur n’en soit modifié. Il a servi ainsi de relais aux politiques de ce FMI que Tchuindjang Pouemi traitait à juste titre de « fonds de misère instantanée », n’en déplaise à Mme Lagarde, M. Strauss-Kahn et tous ceux qui les ont promus.

    L’économiste camerounais voulut toujours rester un professeur auprès de ses élèves, pour former les générations futures à Yaoundé, Douala et Abidjan, hors du cercle de déraison de la politique compradore des « élites » africaines. Il refusa donc les propositions que lui firent Ahidjo ou Houphouët Boigny d’entrer dans leurs gouvernements. Universitaire, il était en même temps une référence de morale et de justice politique, et si l’on ne sait pas exactement s’il mourut assassiné, sa disparition servit bien les intérêts en place à un moment où se consolidaient l’exploitation et l’injustice.

    Ma pensée va ici aussi à Thomas Sankara, Sylvanus Olympio et Félix-Roland Moumié, qui menèrent le combat politique pour la justice et le payèrent de leur vie, ainsi qu’à mon ami Renaud Vignal, qui dirigeait le cabinet de Jean-Pierre Cot au moment où tous deux tentèrent d’abolir la Françafrique et furent tués politiquement par la Mitterrandie.

    Ces souvenirs me ramènent aussi à l’erreur – une erreur, pire qu’un crime – de la quasi-totalité de la gauche européenne, qui ne comprit pas ou ne voulut pas comprendre que la cause de la décolonisation économique et culturelle en Afrique rejoignait la cause de la justice sociale et de la participation réelle au pouvoir en Europe, et même se confondait avec elle. Nous portons aujourd’hui encore les stigmates de cette erreur.

    Plus profondément peut-être, nous l’avons dit au départ, la critique fondamentale que fait Tchuindjang Pouemi du franc CFA vaut aujourd’hui pour l’euro. Son existence dépouille en effet de la souveraineté monétaire les pays membres de l’Union européenne, au profit non pas d’une entité supérieure bienveillante mais d’un conglomérat de financiers, de banquiers d’affaires et de fonctionnaires qui ont mis les économies sous tutelle financière et monétariste, faisant prévaloir les intérêts du court terme sur les investissements à long terme, physiques et sociaux, gages d’avenir. Aux profiteurs de la Françafrique succèdent ainsi les lobbyistes de Bruxelles, qui écrivent trop souvent les textes que reprennent des fonctionnaires ayant perdu le sens de l’intérêt public et disposant de moins de moyens que leurs interlocuteurs.

    L’on passait il y a plus de quarante ans un film intitulé « La Cina é vicina », la Chine est voisine, frappé du coin de l’idéologie « maoïste » occidentale. Nous pourrions aujourd’hui dire avec bien plus de pertinence que l’Afrique est voisine : nous souffrons de la même maladie monétariste qui peu à peu a tout contaminé dans l’économie mondiale. Ceux qui ne me croient pas peuvent le demander aux Grecs, aux Espagnols et si nous continuons ainsi, se le demander bientôt à eux-mêmes, en France.

    Heureusement, la pensée de combattants comme Joseph Tchuindjang Pouemi reste bien vivante et nous encourage, par delà les années, dans notre propre combat, pour lui donner la dimension que nos prédécesseurs européens n’ont pas su ou voulu reconnaître.

    Jacques Cheminade
    Source http://www.cheminade2017.fr/Du-franc-CFA-a-l-euro-Joseph-Tchundjang-Pouemi-monnaie-servitude-et_00889
  • Pensez vous que les projets réalisés à Bangoua ont échoués ou réussi?

    Les projets échouent à Bangoua parce qu’il n’y a pas un bon suivi des dits projets. Sans accuser personne, je pense à mon humble avis que:
    1- Les populations de cette localité sont égoïstes, individualistes et pourtant Ces projets sont communautaires et bénéfiques à tous mais hélas la politique du ventre l’emporte sur la solidarité et l’humanisme.
    2- Les uns et les autres sont moins engagés lorsqu’il il conflit d’intérêts et soif de pouvoir avide. Suivez mon regard→ la recherche effrénée du pouvoir et du paraître pousse les un(e)s à saboter l’intelligence des autres en bafouant ces dits projets. Et puis après on dira c’est la faute de ci c’est la faute de cela!

    Résolutions:
    – Soyons engagé(e)s dans tous ce que nous entreprenons pour le développement de notre village
    – Soyons conciliant et souvenons nous que personne ne fera de Bangoua une destination paradisiaque si ce n’est nos efforts personnels.
    -Arrêtons de saboter les projets et de rester derrière nos claviers et écrans sans réagir
    – Pensons! Réagissons! Développons dans le bon sens.
    L’essentiel est de bien faire ce que nous avons à faire en laissant derrière nous nos intérêts égoïstes et la méchanceté gratuite.

    Vive Bangoua.

    Fleur de Castille

  • Macabo 2015, la diaspora de France en force

    Le lien Diaspora-Développement en Afrique n’est plus à refaire. Dans un contexte économique mondial morose, nombre de villages et de contrées africains connaissent une véritable croissance et une progression de leur niveau de vie grâce à l’intervention économique de leurs migrants. Des modèles éprouvés font le tour des laboratoires universitaires, mais surtout des exemples concrets poussent d’autres villages comme le nôtre aux mêmes questionnements :

    « Et si les Bangoua de la diaspora étaient des acteurs de développement ? ».

    Telle une poupée russe, cette question à peine posée, soulève de centaines d’autres : Quelle diaspora Bangoua ? Le peuvent-ils ? Avec quels moyens ? Selon quel mode d’organisation ? Pour quels projets ? Avec qui ? Avec quels partenaires internes ? etc. autant d’interrogations qui exigent humilité dans la réflexion et commandent de ne pas céder à la facilité des solutions toutes faites venu de l’extérieur, si les Bangoua veulent construire un modèle de lien adapté à leur contexte particulier ; ni vache à lait, ni solution miracle.

    Saisir l’audience du festival du Macabo pour inviter les Bangoua de l’intérieur comme ceux de l’extérieur à une causerie fraternelle, à un échange d’idée sur ce sujet. Tel est l’objet de cette rencontre « DIASPORA ET DEVELOPPEMENT » organisée le jeudi 12 novembre 2015, dans la salle de conférence de la chefferie.

    Bien cordialement,

    TOUS LES INFORMATIONS :

    www.hibiscusinitiatives.simplesite.com

    www.bangoua.over-blog.com

    Page facebook : MACABO 2015, festival bangoua

  • COMPRENDRE LE FINANCEMENT DE LA PHASE 2 DU PROJET EAU BANGOUA

    Fiancemetn phase 2 eau BangouaLe fruit d´une convention entre l´Etat du Cameroun et la France signé le 21 mai 2009 à Yaoundé.

    La phase 2 du projet eau Bangoua est soutenu financierement par Programme Franco-Camerounais de Développement Solidaire et ä travers une convention entre le Comité National de Developpement Bangoua , l´association les enfants du Ndé ä Paris et la Mairie de Bangangté .

    Le Bureau du Programme franco-camerounais pour un Développement Solidaire (PRODESO), est situé ä yaoundé au Ministere des Relations Extérieures.

    Le Programme Franco-Camerounais pour un Développement Solidaire (PRODESO) est issu de l’Accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au développement solidaire signé entre le Cameroun et la France le 21 mai 2009 à Yaoundé.

    Il a vocation à promouvoir des liens étroits entre migration et développement en renforçant le rôle des migrants dans l’atteinte des objectifs formulés par les pouvoir publics camerounais dans le document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE).

    Il vise à soutenir financièrement des projets de développement local et autres initiatives économiques et sociales à travers la mobilisation des capacités financières et des compétences des camerounais installés en France.

    Ce programme s’adresse donc prioritairement aux associations de droit français, regroupant des Camerounais établis en France, également connues sous l’ appelation de «organisations de solidarité internationale issue de la migration » (OSIM). Toutefois, des appels à projets spécifiques seront organisés de manière complémentaire à l’attention de l’ensemble des associations françaises de solidarité internationale. Dans les deux cas de figure, le porteur de projet doit établir un partenariat avec une structure locale, de droit camerounais (Groupement d’Intérêt Commun, association, collectivité locale) pour la réalisation du projet.

    Eu égard aux orientations retenues par le Cameroun dans le cadre du DSCE et, conformément à l’annexe VI de l’Accord franco-camerounais du 21 mai 2009, le PRODESO intervient plus particulièrement dans les quatre domaines suivants :

    1 – la formation professionnelle ;

    2- le soutien aux activités productives créatrices d’emplois ;

    3 – la santé ;

    4 – les énergies renouvelables et le développement durable

    Ref, site Prodeso

  • Inauguration Projet d’eau par SE Ambassadrice de France au Cameroun – Bangoua 2015

    Rôle de la diaspora Bangoua dans la dynamique de développement local.

    inauguration Project d'eau Bangoua 2015A la mort de son pere , Anick Julio sait qu’il régnera . Il en est peut-être complexé mais le jeune heritier possède assurément une idée de son métier de Roi et des attentes que suscite son intronisation .Et ceux qui surent par la reconnaissance des signes qu´il portait á sa naissance, présiderent á son choix en 2001 comme le roi des Bangoua .

    Depuis lors, Sa Majesté n´a cessé de nous montrer le visage d´un monarque qui est au coeur de nos préoccupations tout en résistant avec douceur et fermeté aux differents déchainements .

    Ceux qui depuis ces dernieres années observent ses nombreuses initiatives soutenues par le peuple Bangoua , l´Etat du Cameroun et les partenaires au developpement , n´en finissent pas de s´interroger .

    Se bat -il pour lui meme? Pour sa famille ou pour le peuple Bangoua dont il est le guide ?

    Quel sécret git dans sa détermination rageuse de changer Bangoua ?

    Je ne me suis jamais servir de mots abstraits pour décrire sa vision pour Bangoua . Et comme témoins priviligié de l´histoire en marche , comme serviteur du roi, j´ai le devoir , compris comme devoir de mémoire de poser un regard analytique sur ce projet eau Bangoua receptionné par le Gouverneur de la Région de l´Ouest et l´Ambassadrice de France au Cameroun le mercredi 30 septembre 2015 .

    Allons nous revenir sur les ratés, les manques, les erreurs , les incomprehensions , le sabotage du projet , les nombreux rapports rédigés dans une dynamique de motivation impures pour discrediter les acteurs de ce projet ?

    Tous les obstacles rencontrés dans la marche pour l´eau potable dans tous les robinets de Bangoua n´ont donné plus que de connaissances; une sorte de solidité , un point d´appui pour solliciter davantage le soutien de l´Etat , des partenaires et d e la diaspora .

    La présence de son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Région de l´Ouest ä Bangoua le 30 septembre marque la reconnaissance et le soutien de l´Etat du Cameroun au peuple Bangoua , ä la diaspora, dans cette dynamique de coopération internationale pour le developpement local participatif . Une présence qui interpelle les fils et filles Bangoua ä plus de responsabilité .

    Nous y reviendrons

    Debangoua Tchatchouang

  • RECEPTION DES TRAVAUX DE REHABILITATION DU RESEAU D´EAU DE BANGOUA: Mercredi 30 Septembre 2015

    12038440_1225041277521523_7744418993081008718_nLes coulisses d´une démarche …
    Le Projet de construction d’un réseau de distribution d’eau est l’un des projets qui tient le plus à coeur à Sa Majesté DJAMPOU TCHATCHOUANG Anick Julio, Chef supérieur du groupement Bangoua. Nous « Les Enfants du Ndé » avons avec l’accord de Sa Majesté obtenu deux rendez-vous avec le SEDIF (Syndicat des Eaux d’Ile de France) puis avec Veolia Water Force le lundi 28/11/2005 afin de présenter le dossier.
    Nous devions être accueilli par le président du SEDIF Monsieur SANTINI André (Député maire d’ Issy-les-Moulineaux) celui-ci en déplacement, nous avons été reçu par Monsieur Lenny COLLET Ingénieur en Chef Chargé du suivi des dossiers Afrique. Il a pris le temps d’écouter l’exposé de Sa Majesté, puis nous a expliqué dans quel mesure le SEDIF pouvait intervenir sur notre dossier, dont Sa Majesté sera le garant sur place à Bangoua et l’association « Les enfants du Ndé » le porteur du projet en France et chargé du suivi avant, pendant et après sa réalisation.
    Nous nous sommes ensuite rendu à Nanterre dans les locaux de Véolia Water Force, structure de développement du groupe Veolia Eau, qui après étude du dossier et un entretien avec Sa Majesté, nous a promis de monter un dossier bien structurer dont il assurerait en collaboration avec l’association « les Enfants du Ndé » représentée par Richard NANA DWANANG, de nous aider après le départ de Sa Majesté à mener le projet à son terme ainsi que de trouver d’autres bailleurs de fonds tels que la Ville de Paris, l’agence de l’eau Seine Normandie en plus du SEDIF et de la Fondation Veolia.:
    Source: Association les enfants du Ndé

  • La fête du Macabo 2015: une offre adaptée à la nouvelle demande touristique

    festival-medumbaLa fête du Macabo vise á mettre en relation les différentes cultures du Cameroun et leur donner un espace d´échange et de dialogue interculturel, susciter une dynamique d´échange international et faire de notre pays, une destination touristique et culturelle de choix.

    Doyens des festivals dans la Région de l´Ouest, la fête du macabo, la fête du macabo fait partir parmi les 05 premiers festivals les plus populaires du Cameroun. Son caractère populaire en fait une locomotive pour le développement et le rayonnement de la culture.

    Pour l´édition de cette année, les organisateurs proposent un programme riche et varié et ouvert sur le monde , l´occasion pour mettre en valeur l´initiative royale, fédérer les bonnes volontés et collecter les fonds pour soutenir les projets en cours .

    Ces dernières années, Bangoua a connu un essor important et s´est transformé en l´un des villages culturel les plus attractifs de l´Ouest-Cameroun. Cet accomplissement est le résultat d´une politique culturelle dynamique qui a entrepris une série d´action pour mettre en valeur le patrimoine culturel du village et le diffuser. Dans cette démarche, la fête du macabo a joué un rôle majeur en suscitant un dynamisme qui a bouleversé le paysage culturel.

    Ayant attiré plus de 1000 visiteurs en 2011, la fête du macabo se trouve dans une nouvelle période de croissance. Après 2 édition depuis l’arrivée au trône du jeune monarque, il se projette dans le futur en attaquant de front l´instabilité financière dans laquelle le comité d´organisation est toujours sujet, ainsi qu´au besoin de se renouveler tout en conservant sa qualité et sa notoriété. La fête du macabo exerce une série d´impact sur le village .Au niveau artistique, il encourage la création et l´innovation et favorise l´éclosion des jeunes talents.

    Sur le plan touristique, la fête du macabo attire un grand nombre de visiteurs, il donne un grand coup de projecteur sur l´image de la chefferie Bangoua accueillant un festival réussi et la notoriété qu´elle en retire joue un rôle déterminant concernant l´attractivité touristique du village et de la région et suscite, qui plus est, l´intérêt des entreprises et des investisseurs. En outre, ce dynamisme et cette valeur ajoutée permettent de retenir les jeunes sur le territoire, voire d´en attirer de nouveaux.

    Sur le plan social, la fête du macabo apporte à Bangoua le renouvellement du tissu social en favorisant les échanges culturels et les rencontres, en éduquant le public et en mobilisant l´esprit créatif des populations avec les spectacles proposés.

    Cette fête qui ne suscitait pas jusque là une analyse profonde est devenue au fil des temps une véritable offre touristique. Ceci grâce à une grande campagne de promotion dans les salons et salons de tourisme en Europe.

    Debangoua Tchatchouang (Icibangoua.net)

  • Fin des visas Cemac: Les dignitaires de l’Afrique centrale ont validé la libre circulation des personnes et des biens

    CEMAC221214400Pierre Moussa le président de la Commission de la Cemac avait pris place le premier dans  » l’auditorium ».

    C’est une grande salle en forme d’amphithéâtre. Elle est logée au Palais de la Rénovation, le siège de la présidence de la République situé au Boulevard de bord de mer à Libreville. Le président de la Commission a été aussitôt rejoint par le maître des lieux, Ali Bongo Ondimba, le chef de l’Etat gabonais et président en exercice de la Cemac. Il lui reviendra alors de prononcer son discours et d’ouvrir des travaux de la conférence des chefs d’Etat de la Cemac le 05 mai dernier.
L’ambiance du jour n’est pas des plus détendues. Le président Idriss Deby Itno souriant en d’autres circonstances, déride à peine son visage. Il lève néanmoins sa main pour saluer la foule bigarrée venue l’acclamer. Il a revêtu la traditionnelle tenue nationale du Tchad: boubou immaculé, bonnet et chéchia de même couleur blanche.

    Feront ensuite leur entrée, les présidents Denis Sassou-Nguesso du Congo, Obiang Nguema de Guinée Équatoriale. Mme Catherine Sanga-Panza ne pouvant effectuer le déplacement de Libreville en raison du forum pour la réconciliation nationale qui se tient dans son pays, elle a dépêché à ce sommet son Premier ministre Mahamat Kamoun. Ce « bleu » des rencontres de ce niveau parvenait à peine à dissimuler son embarras de se retrouver là. Ancien directeur général des Impôts sous Bozizé, puis ministre des Finances sous Samba-Panza, son baptême de feu brusque n’aura pas été des plus reluisants.
En effet, Denis Sassou-Nguesso ne cachait pas son irritation de constater que c’est toujours les mêmes qui se retrouvent quand il faut penser les problèmes de la sous-région. À peine regardait-il Ayang Luc qu’il avait déjà croisé à l’ouverture du forum pour la réconciliation de la Rca à Bangui et à qui le chef de l’Etat du Cameroun avait demandé de poursuivre son voyage à Libreville afin de le représenter à la conférence de chef d’Etat de la Cemac.

    Un conseiller du chef de l’Etat du Congo traduit en aparté le courroux de son chef: « Les absences de certains (sic) à nos rencontres ne me gênent pas. Mais il faudrait que ceux qui sont chargés de les représenter, disposent au moins d’un vrai mandat… ». On n’a pas besoin d’un dessin pour identifier ces absents aux représentants sans mandat dont parle Sassou-Nguesso.
Il était 12h lorsque les quatre chefs d’Etat et les deux représentants du Cameroun s’enferment à l’auditorium du Palais de la Rénovation. Aucune nouvelle ne filtre de leurs débats. Il est 17h lorsque le Chef de l’Etat du Tchad sort de ce conclave. Il ne dit mot à la presse. Il s’engouffre dans sa limousine, direction aéroport Léon Mba de Libreville. Obiang Nguema lui emboîte le pas quelque minute après. Le reste des membres du huis clos sortira de la même façon. Il n’y aura ni la traditionnelle conférence de presse, ni la lecture du communiqué final sanctionnant la fin des travaux des chefs d’Etat.

    Celui-ci sera rédigé presque à l’emporte pièce en début de soirée et lu sur les ondes de la radio et télé nationale du Gabon avant d’être publié sur le site de la présidence de la République.
Après ces départs un peu à la « sauve qui peut », les commissaires du gouvernement de la Cemac distillent à leur tour quelques informations sur le climat ayant sous-tendu les discussions des chefs d’Etat. On apprendra ainsi que le président Ali Bongo voulait conserver définitivement le siège de la Cemac à Libreville. La Commission avait été en effet délocalisée de Libreville suite à la guerre qui sévissait en Rca. Pendant ses deux ans d’exile au bord de mer, le gouvernement de la Commission occupait l’immeuble de « Gabon Telecom », or depuis six ans, cet immeuble était devenu par achat la propriété du Maroc.
Obiang Nguema s’est offert de loger la Commission à Malabo. Un de ses ministres de justifier: « Nous avons des immeubles inoccupés…

    Nous les offrons sans contre partie à la Cemac », a-t-il révélé. Tout le monde qui voyait le Cameroun en position d’arbitre, ne s’est pas prononcé, Ayang Luc n’ayant reçu aucun mandat pour postuler à héberger la Cemac.
L’information la plus éclatante est celle qui apparaîtra dans le communiqué de presse que les chefs d’Etat ont autorisé Pierre Moussa à publier: « les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire ont décidé d’autoriser immédiatement la libre circulation des citoyens de la sous région dans les six pays de la CEMAC ». …

    La Conférence a décidé de l’application immédiate de l’Acte additionnel y relatif sur l’ensemble du territoire de la Cemac. A cet effet, « les ressortissants des pays de la Cemac sont autorisés à circuler sans visa, à l’intérieur du territoire communautaire, munis soit de la carte d’identité biométrique, soit du passeport biométrique, soit du passeport CEMAC biométrique homologué », a précisé le communiqué du 12ème sommet des chefs d’Etat de la CEMAC tenu en présence de 4 des 6 chefs d’Etat des pays membres.
Nous croyons que cette fois, ce ne sera plus le gag d’il y a deux ans. Dans la même salle de conférence de l’hôtel le Nomade à Libreville, Pierre Moussa alors fraîchement désigné à la tête de la Commission, il avait annoncé la même « libre circulation » des hommes et des biens dans le territoire de la Cemac. Il fut corrigé le lendemain par les chefs d’Etat du Gabon et de Guinée Équatoriale. We can wait for see !

    Sources: mutation.com