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  • Séminaire N° 9 de Psy Cause Cameroun : Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun

    Le titre complet de ce séminaire est : « PROJETS DE DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE : LES RAISONS DE L’ECHEC ET LE ROLE DE L’ÉTAT. Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun ».

    Ce séminaire du mois d’avril 2014 a été suscité et organisé par le laboratoire Psy Cause Cameroun pour répondre aux préoccupations de nombreux lecteurs qui consultent le site de Psy Cause et qui nous reprochent de nous spécialiser seulement en santé. Au cours de ce séminaire, le Dr Ndonko Peguy a prit la parole pour dire que son Laboratoire est pluridisciplinaire et pluriprofessionnel depuis les origines et qu’il est capable d’intervenir aussi bien dans les aspects de la santé que du développement et même de l’environnement. L’Anthropologie est une clé qui ouvre toutes portes des sciences.

    Avant d’aborder la question du projet Scandinave Water, le Dr Ndonko Peguy s’est inspiré d’un travail bien connu dans les milieux des sciences sociales sur cette problématique. Il s’agit du travail de recherche de Célestin Ngoura. La lecture du texte de cet auteur donne à comprendre que l’absence de l’expertise des sciences sociales dans tout processus de développement est souvent la cause de l’échec de nombreux projets de développement en Afrique. A partir de l’exemple du projet « Latrine pour chaque famille » initié par les bailleurs de fonds et le Ministère de la santé publique à l’extrême-Nord Cameroun sur l’hygiène et la salubrité publique, il montre que les valeurs socioculturelles et les traditions séculaires des populations de cette région expliquent les causes de cet échec. En effet, l’idée sous-jacente à cette initiative aux moyens logistiques et financiers énormes était d’amener tous les membres de chacune des familles de la région à ne plus aller se soulager n’importe où dans la nature. Cette pratique engendrerait les maladies endémiques d’origine hydrique (typhoïde, choléra, diarrhée…). Aussi, les initiateurs du projet avaient-ils décidé de doter chaque famille de latrines ! Au terme de leur étude de faisabilité, ils lancèrent les travaux sous le regard interrogateur des soi-disant bénéficiaires. Au bout d’une année et demie, ils revinrent sur les lieux en vue d’évaluer le degré de réussite de leur entreprise. Mais ils furent surpris de constater que les intéressés n’avaient pas jusque-là utilisé les fosses d’aisances gracieusement mises à leur disposition. En réalité, dans ce contexte culturel, les règles de politesse et de bienséance élémentaires et les comportements sociaux anodins sont encore en vigueur. Les femmes ne doivent jamais savoir où et quand l’homme va se soulager. En outre, les brus ou les gendres n’ont pas à savoir où et quand leurs beaux-parents vont se soulager. De même, les hommes de leur côté, n’ont pas non plus à connaître le lieu et le moment où les femmes vont faire leurs besoins. Les enfants eux aussi ne doivent pas non plus savoir où et quand les parents et les adultes vont aux toilettes. Ils défèquent à tour de rôle dans les eaux courantes et les champs. En conséquences, ce projet « latrines communes » était condamné à échouer, car il est illusoire de penser que les populations allaient sciemment transgresser leurs pratiques sociales ancestrales.

    L’échec de ce projet de développement dû aux comportements culturels anodins des populations nous a fait penser à un projet analogue, celui du Scandinave Water qui devait fournir de l’eau de qualité améliorée et en quantité aux habitants du village Bamena, situé à l’ouest Cameroun. Il convient de noter que ce projet avait été implanté dans plusieurs régions du Cameroun (Centre, Ouest, Nord-Ouest…). Les expressions jadis utilisées pour désigner l’état d’un environnement sain où l’eau ne présentait pas une qualité douteuse (l’eau ne tue pas, on ne refuse pas l’eau) continuent à prévaloir sur les consciences collectives, même à l’heure actuelle où les substances chimiques et toxiques polluent et dégradent la qualité de l’eau. Dès lors, nous nous sommes mis à réfléchir sur les raisons de l’échec du projet Scan Water dans cette région et sur la part des responsabilités des populations quant à l’échec de son fonctionnement. S’agissait-il d’un projet de développement des populations ou pour les populations ? Les pratiques culturelles des populations ne sont-elles pas des obstacles au développement et par extension à la diffusion du développement durable ?

    Le Cameroun dispose de plusieurs sources d’approvisionnement en eau tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi, on peut citer les rivières, les marigots, les fleuves, les puits, les forages, les bâches de retenue, les mares, les ruisseaux etc. La qualité de l’eau provenant de ces sources et utilisée par les populations est souvent douteuse et les expose à des risques sanitaires considérables. Dans le souci de soustraire ces populations à la corvée de l’eau, plusieurs partenaires ont proposé à l’État camerounais, dans le cadre de l’aide à la coopération, de contribuer à rapprocher les points d’eau au plus près d’elles. Cet apport devait permettre la diminution des risques microbiologiques liés au développement des agents pathogènes qui utilisent l’eau comme milieu de vie, et aider du même coup à lutter contre les maladies endémiques d’origine hydrique qui sévissent en milieu rural comme la bilharziose, l’onchocercose ou la cécité des rivières.

    Le village Bamena, comme beaucoup d’autres régions du pays, a bénéficié de l’implantation des stations Scandinave Water. Selon les informations recueillies au cours d’un entretien avec Alain Tientcheu, 33 ans, enseignant et environnementaliste, « le projet Scandinave Water était une initiative de la coopération canadienne. Il s’était fixé pour objectif de fournir une eau de qualité et en quantité aux populations des zones rurales souffrant d’un manque d’eau afin de mieux lutter contres les maladies biologiques liées à l’eau telle la bilharziose, le ver de Guinée. La coopération avait aussi la prétention d’aider le gouvernement camerounais à monter les adductions d’eau dans toutes les zones rurales. Mais l’échec de ce projet vient du fait qu’il n’était pas participatif. Les partenaires impliqués n’ont pas tous été consultés avant la réalisation. »

    Le but ultime du projet Scandinave Water était essentiellement lié à la distribution de l’eau potable. Le système de fonctionnement d’implantation du Scandinave Water consiste à créer près d’un cours d’eau, un bac de retenue d’eau et y plonger un moteur qui assure le captage de la ressource. Cette eau est ensuite conduite dans les réservoirs installés dans la cage métallique que représente la photo de la planche ci-contre (source : Peguy Ndonko, 2007). Les réservoirs ont chacun un rôle. Les uns servent à la décantation et à la filtration ; les autres au traitement et la distribution de l’eau. Le premier réseau Scandinave Water a été implanté à Bamena en 1983, dans le cadre du programme AEP (Adduction d’eau potable) financé par le BIP (Budget d’investissement public). En 1986, une autre série d’installations est effective dans le cadre du même programme. Ce réseau sera complété par l’hydraulique villageoise financée par le même budget. Dès cet instant, cette localité est presque suffisamment alimentée en eau. Le fonctionnement du Scandinave Water nécessite aussi de l’énergie électrique, gérée au Cameroun par la Sonel (Société nationale d’électricité du Cameroun). La Sonel a été privatisée aux concessionnaires Américains en 2004 et est devenue AES-Sonel (American Electricity Society de la société nationale d’électricité du Cameroun). Dès cet instant, le prix du kilowatt a subi 3 hausses en quatre ans.

    Tout d’abord, comme tout dispositif technique, la question du financement et de la maintenance est cruciale pour la fonctionnalité de la station de pompage. Or, dans ce domaine, le transfert technique s’est opéré sans tenir compte des fluctuations locales. Le SNECà qui l’Etat avait confié le paiement des quittances de l’énergie électrique consommée dans le fonctionnement des stations de pompage du Scandinave Water na parvenait plus à supporter les coûts de consommation. La Sonel qui fournit de l’énergie électrique pour le fonctionnement du Scandinave Water sera ensuite privatisée en 2004 à une société américaine (AES-Sonel). Suite à cette privatisation, le prix du kilowatt d’énergie électrique a subi trois hausses en quatre ans. Avec ces hausses des prix, l’énergie électrique fournie par la Sonel et les compteurs installés dans les stations de distribution d’eau du Scandinave Water sont interrompus. L’État ne pouvait pas non plus compter sur la participation des populations dont les revenus sont déjà très insuffisants et qui considèrent l’eau comme une providence. Dans ces conditions de déshérence, certains agents de la Sonel et les populations vont faire montre d’actes d’incivisme en démontant les compteurs pour les vendre. Les plaques en bois sont ainsi laissées « aux bons soins des termites ». Les populations ne pouvaient que retourner dans leur ancienne source d’approvisionnement en eau (marécages, rivières, sources, mares, étangs et puits) sans traitement.

    Il convient peut-être à ce niveau de prendre en considération le point de vue de Jacques Perrin (1983) qui montre que cette politique de transfert de technologie n’a pas pour ambition de promouvoir le développement du pays d’accueil, mais de réaliser des profits, d’assurer l’accès aux matières premières, de pénétrer de nouveaux marchés. Le projet Scandinave Water relève de ce que cet auteur appelle « la vente directe de l’usine clés en main » qui permet aux firmes de transferts de vendre des équipements et des services technologiques en développant de nouvelles formes de sous-traitance. L’État camerounais aurait signé le contrat clés en main pour l’implantation du projet Scandinave Water. Dans ce type de contrat, le maître d’ouvrage confie la responsabilité des études et de la construction d’un ensemble industriel à une seule entreprise d’un pays industrialisé. L’Unité industrielle sera fournie prête au démarrage et gardera la responsabilité de la conception de l’unité de production et le choix des fournisseurs. Dans ce type de contrat, les principaux choix technologiques et économiques sont opérés ou contrôlés par le maître d’ouvrage.

    D’après les discussions issues des entretiens avec les techniciens de l’eau, les installations du Scandinave Water devaient en plus bénéficier d’un approvisionnement en essence pour assurer les ruptures d’énergie électrique et perpétuer son fonctionnement. En conséquence, le Scandinave Water tombe en désuétude parce que l’AES-Sonel vend cher l’énergie électrique qui contribue a son fonctionnement. Le prix du litre de gasoil n’est pas non plus à la portée de bourse des populations. Peu après, les ouvrages du Scandinave Water sont en panne. L’Etat de l’ouvrage laisse à désirer. Les systèmes mécaniques de fonctionnement sont déconnectés. Le panneau de l’installation du compteur électrique de la Sonel est rongé par les termites. Les câbles du courant électrique sont cambriolés par les populations et utilisés à d’autres fins. Les feux de brousse détériorent progressivement la qualité des tôles. Par endroits, les tôles sont démontées par les populations pour répondre à la stratégie de survie dans le cadre de la récupération et de la vente des métaux du secteur informel.

    Le projet Scandinave Water semble se situer dans le contexte des récits du développement qui s’apparente à un mythe ayant contribué à ancrer dans bien des consciences la conviction que le progrès et la croissance n’ont pas de limite et ayant la certitude d’être universelle parce qu’elle est reproductible. Mais cette croissance illimitée, l’universalisation du modèle occidental, se heurte pourtant à des résistances et à des obstacles de toutes natures.

    Dans le domaine de l’industrialisation et plus particulièrement des technologies, cette occidentalisation entraîne selon Serge Latouche (1998), une destruction des formes économiques antérieures (artisanat, communautés rurales). Dans cette perspective, poursuit Serge Latouche (1998 :95-96) : « la standardisation des produits s’impose sous la pression du marché mondial, sinon par goût, et la discipline des gestes de travail est mise en œuvre par la machine. Toute la vie se trouve bouleversée par la raison industrielle : les rythmes, les modes et les finalités. Toutes limitée, freinée, bloquée qu’elle soit, comme dans la plupart des pays d’Afrique noire, une industrialisation se produit par « substitution d’habitudes de consommation ». Les produits et les usages traditionnels s’en trouvent détruits de manière irréversible. La logique de l’usine s’impose dans toutes les sphères de la société. »

    L’acceptation généralisée des normes occidentales, devenue référence dans les modes de faire mais aussi les modes de perception, aboutit à des échecs. En ce sens, les chemins du « développement » devaient passer nécessairement par la rupture avec les logiques et les pratiques dont on décrète la faillite et l’inefficacité dans l’ère de la communication des peuples marqués par l’évolution rapide des technologies. Pourtant, les principes généraux du « développement durable » insistent sur l’importance d’une collaboration volontaire des acteurs concernés par la réalisation d’un projet. C’est dans cette perspective, les experts à regard des enjeux de la durabilité que ces acteurs interprètent, chacun selon sa logique. Or, poursuit Zaccaï (2002) : « le développement durable aurait alors des effets parce qu’il nous oblige à penser ensemble plusieurs problèmes jusque-là disjoints. Plus profondément, le développement durable nous oblige à une réflexion politique, parce qu’il nous oblige à justifier à plusieurs égards, dans plusieurs registres et en nous référant à plusieurs échelles, à plusieurs sociétés. Il ouvre donc un espace politique nouveau. C’est donc une sorte d’heuristique politique dont nous ne savons pas encore vraiment comment nous en servir ».

    Dans le cadre du transfert de technique du Scandinave Water, les connaissances des populations locales n’ont pas été suffisamment interrogées et les acteurs locaux n’ont pas été réellement intégrés au projet et guère plus consultés. L’inadéquation entre les conditions d’élaboration du projet, notamment ses dimensions techniques (énergie, entretien, particulier se révèle rapidement. L’absence de consultation des populations concernées conduit à un désengagement de leur part, face à un outil qui est transplanté sans que les bénéficiaires aient eu le temps d’adapter leur manière de consommer et d’utiliser l’eau.

    Le transfert de technologie montre qu’il aggrave la dépendance des pays en développement et expose davantage les populations à la pauvreté (le budget de financement de ce transfert est puisé dans les caisses de l’Etat), aux risques sanitaires (retour aux sources anciennes et consommation de l’eau polluée). Par ailleurs, il accentue le réémergence des maladies endémiques d’origine hydrique (cécités des rivières, amibiase, typhoïde …) et génère les conflits sociaux : le choix du site de l’implantation de la station de pompage d’eau Scandinave Water est souvent l’objet de tensions entre les élites politiques – maires et députés – qui brandissent le projet comme une initiative personnelle pour solliciter les voix aux différents scrutins. Ces remarques rejoignent les critiques évoquées (Perrin, 1983 ; Ela, 2004) portant notamment sur la différence fondamentale des objectifs liés aux transferts de technologie. Ces auteurs insistent sur le fait que les firmes multinationales cherchent à atteindre certains objectifs (expansion, diversification, profits) qui ne sont pas nécessairement compatibles avec les préoccupations plus générales, sociales notamment, des pays en développement. Ces transferts de technologies sont de plus en plus proposés comme solution miracle au développement sans toutefois tenir compte des besoins exprimés par les populations. Ces transferts ne sont pas automatiquement accompagnés de procédures qui permettraient d’installer durablement ces techniques dans les territoires d’accueil. Ainsi, comme le montre le projet Scandinave Water, on peut constater une absence d’accompagnement dans le transfert des connaissances – à des fois sur le fonctionnement de l’outil lui-même, mais aussi sur les bénéfices attendus par les populations locales. Le processus de transformation/acquisition est long et complexe, et suppose là aussi de construire des procédures de formation, qui tiennent compte des spécificités locales (connaissances déjà existantes des responsables locaux : chefs du village et la compréhension des usages sociaux et culturels de l’eau, etc.). La connaissance ne se limite pas à l’information écrite ou orale, l’accès au savoir-faire est indispensable et reste le résultat, au cours des années, d’expériences positives, qui sont échangées entre les pourvoyeurs de cette technique et les acteurs locaux chargés d’en assurer le bon fonctionnement, ainsi que les habitants, premiers destinataires de cet outil.

    Les comportements et les pratiques culturelles des populations bamiléké ne sont pas systématiquement solubles dans la logique du « développement durable ». Les usages qu’ils ont développés avec l’eau n’étaient guère compatibles avec les nouvelles pratiques issues de l’abondance de l’eau produite avec le Scandinave Water. Dans cette culture, les rites médicaux ont lieu dans les cours d’eau. Ces rites effectués dans les cours d’eau permettent à l’eau ayant une valence de transport, d’emporter très loin les impuretés que l’on décharge du corps. A l’issue de l’entretien réalisé auprès d’un informateur, Mathieu Nana Ngongang, instituteur retraité, 53 ans, l’arrivée des technologies ne doit pas détourner les populations de leur culture, « la jeune génération ne doit pas perdre de vue les coutumes du village, l’eau apportée par le blanc (technologie) ne peut pas jouer le même rôle que les eaux du village. Les dieux du village habitent dans les cours d’eaux et si nous cessons de leur faire des rites, le village ira très mal. On doit utiliser l’eau du blanc quand il le faut, on peut boire l’eau du blanc si ça marchait et faire les sacrifices et les rites dans les chutes du village, chaque eau à son rôle ».

    Il se dégage de cette citation que les adultes incitent les jeunes à ne pas perdre de vue leurs propres valeurs culturelles. Ces valeurs ont existé bien avant l’arrivée des nouvelles technologies, il est donc hors de question que leur implantation ait l’ambition de s’opposer à la culture locale. L’eau du cours d’eau doit drainer l’impureté au loin pour qu’un autre membre du groupe ne se « contamine » pas, ne « porte pas la malchance/l’infortune » (ne ngna’a sué’é). En plus, les cours d’eau qui coulent sont les cadres des pratiques juridiques dans ce groupe ethnique. En effet, le rite du veuvage se pratique à l’eau en raison du pouvoir que comporte l’eau. Ce rite consiste à soumettre la femme devenue veuve à une épreuve pour déterminer si elle n’est pas responsable du décès de son conjoint. Le rite de veuvage qui a commencé dans la maison du défunt, auquel est soumise la veuve, aux yeux de proches parents, se termine dans un cours d’eau. La veuve est ainsi amenée dans un cours d’eau ayant une chute. Elle est placée à quelques mètres de la chute. Le ritualiste place entre ces jambes une calebasse magique (teto’o. kan) contenant des ingrédients du rite (vin de raphia, arbre de paix, cauris, poudre à canon, graines de jujube…). La femme répète des formules imprécatoires dictées par le ritualiste. A l’issue de cette répétition, les participants observent les mouvements de la calebasse. Si le courant d’eau n’emporte pas la calebasse et rôde entre ses pieds, la veuve est reconnue coupable des faits de soupçon sur la mort de son conjoint. Ces rites sont exécutés dans un cadre public précis, sous le regard d’un nombre réduit de témoins. L’eau du Scandinave Water ne pouvait contribuer à la réalisation de ce rite.

    Par ailleurs, dans le même contexte, l’eau est une substance empreinte du pouvoir des esprits. En milieu bamiléké, l’eau est considérée comme la demeure des esprits et des ancêtres. Dans presque toute la région, les points d’eau sont considérés comme les lieux sacrés, à l’intersection des sphères humaine et divine. L’eau est le milieu de vie des puissances surnaturelles (crocodiles, arc-en-ciel, serpent boa, grenouilles…), une extension du royaume des morts et des ancêtres. Les représentations de l’eau ainsi présentées soulignent l’évidence que cette ressource est un milieu où abondent les esprits et une substance alliée au monde des ancêtres. C’est pour cette raison que les eaux qui jaillissent du sol sont considérées comme venant du centre de la terre et envoyée par les divinités ou Dieu. Ce genre d’eau peut jaillir et couler à n’importe quel endroit de la concession familiale. Les esprits de l’eau sont aussi présents dans les chutes. Les récits de nos informateurs sur la force des ancêtres et les chutes d’eau sont fort étonnants. Ils soulignent les dangers que l’homme encourt en s’approchant sans un guide initié, chargé de parler à l’eau, aux esprits de l’eau et à indiquer les limites des zones permises et celles qui sont interdites de la chute. Ces récits donnent aussi à comprendre que la demeure des ancêtres en terre bamiléké est inviolable et sacrée. Dominique Mallaquais (2002) nous a présenté une description des chutes d’eau en ces termes : « les chutes d’eau sont habitées par des divinités protectrices des environs. C’est pourquoi à côté de chaque chute s’élèvent de petites cases, soigneusement entretenues, qui servent d’abris aux (dieux gardiens) de la chute. Les grandes rivières abritent aussi de nombreux (esprits… ceux-ci) habitent des grands villages, cachés dans le fond de la rivière. Quand la rivière déborde, on dit que ce sont les morts qui sont venus danser sur la terre. Quand un homme se noie, on dit que les morts ont voulu l’attirer et quand on ne retrouve pas son corps, que les morts l’ont emmené vivant dans leur village aquatique. »

    Complétons ce témoignage par la description des comportements de l’eau. Dans le village Bamena par exemple, lorsque l’eau de la rivière déborde, elle empêche les femmes de rentrer du champ. Elle déborde au niveau du pont et la traversée devient impossible. A plusieurs reprises, les eaux de rivière ont débordé empêchant les femmes et les enfants de vaquer librement à leurs préoccupations quotidiennes. Les analyses qui précèdent montrent que les cours d’eaux sont les lieux de résidences des esprits de l’eau. Or, certains endroits de ces cours d’eaux ont servi de point de canalisation. Ces constructions permettaient de retenir l’eau en quantité suffisante, y mettre un moteur, afin de la conduire dans l’aqueduc du Scandinave Water. Cette construction et les bruits du moteur en état de marche perturbaient considérablement la tranquillité des esprits de l’eau. Pour manifester leur mécontentement, les esprits de l’eau asséchaient les cours d’eaux et le pompage de l’eau devenait impossible.

    Dans ce contexte culturel, le « développement durable » sera confronté à de telles pratiques culturelles tout aussi durables, puisqu’elles se pratiquent de génération en génération. S’il est vrai que les rites de veuvage sont de plus en plus considérés comme un comportement anodin, les sanctions liées à la transgression de ce rite sont la cause des maladies, des infortunes dont sont victimes les individus de ce groupe ethnique.

    Après ce brillant exposé, des questions posées sont répondues par l’orateur du jour. Par exemple : Quelle différence faites-vous entre un projet de recherche et un projet de développement ? Cette question, selon l’orateur nécessite tout un autre débat, il faut organiser un autre séminaire pour y répondre.

    Dr. Peguy Ndonko
    Anthropologue
    Email : pegndonko@yahoo.fr

    Source: http://www.psycause.info/seminaire-n-9-psy-cause-cameroun-cas-du-projet-scandinave-water-au-cameroun/

  • Du franc CFA à l’euro : Joseph Tchuindjang Pouemi, monnaie, servitude et liberté

    joseph-tchuidjangRedécouvrir l’œuvre de Joseph Tchuindjang Pouemi n’est pas seulement se pourvoir d’un moyen essentiel pour « comprendre les douleurs de l’Afrique » , mais plus généralement pour resituer la monnaie comme « phénomène social par essence » . Alors que règne aujourd’hui, notamment dans les zones euro et dollar, un monétarisme qui considère la monnaie comme une valeur en soi, Tchuindjang Pouemi nous montre au contraire qu’elle est une allocation de crédit dont la légitimité dépend de l’usage que l’on en fait.

    Elle est en ce sens l’attribut de toute souveraineté nationale car de son allocation dépend le futur que l’on veut donner à son pays. Il n’est donc pas étonnant que toute oligarchie veuille cacher ce rôle et en faire l’instrument de son pouvoir pour perpétuer sa domination au détriment des peuples. Au début de son livre, Monnaie, servitude, liberté : la répression monétaire en Afrique , écrit en 1979-1980, l’économiste camerounais met bas les masques : « Il convient qu’en Afrique la monnaie cesse d’être le territoire du tout petit nombre de « spécialistes » qui jouent aux magiciens. » Et il ajoute :  « Aujourd’hui, faute d’accorder aux questions monétaires l’attention qu’elles méritent, l’Afrique inflige à ses enfants, et plus encore à ceux qui ne sont pas encore nés, des souffrances tout à fait gratuites. »

    Nous sommes aujourd’hui en août 2012, plus de trente ans après que Tchuindjang Pouemi eut publié son ouvrage, et non seulement sa critique dévastatrice du franc CFA reste plus juste que jamais, mais elle s’applique tout aussi bien à l’euro, car dans les deux cas, ceux qui ont inspiré la création de ces monnaies se sont abreuvés et s’abreuvent à la même source. Il est ainsi ironique – mais logique – que les maux infligés aux peuples colonisés par les anciens colonisateurs soient aujourd’hui infligés par ceux-ci à leurs propres peuples. Le dénominateur commun est le viol des souverainetés nationales et des libertés individuelles au profit d’une même oligarchie, inspirée par une tradition monétariste qui remonte aux cités grecques prédatrices et trouve aujourd’hui son expression dans l’impérialisme monétariste de ses successeurs financiers et marchands anglo-américains. Ceux qui ont condamné Socrate sont toujours les ennemis, sous une autre apparence physique mais issus d’une même matrice idéologique, que nous devons combattre et écarter du pouvoir.

    Disciple de Maurice Allais et ayant présenté sa thèse de sciences économiques sous la direction de Pierre Massé, Tchuindjang Pouemi s’inscrit dans la tradition française de l’économie physique productive et de la planification indicative, à l’opposé du néo-libéralisme dominant depuis plus de quarante ans dans le monde. Je me sens d’autant plus proche de lui qu’il a commencé ses études à Clermont-Ferrand, dans cette Auvergne dont vient toute ma famille, et que j’ai moi-même rencontré Allais et ses proches en partageant un engagement commun pour la séparation des banques d’affaires, de dépôt et de crédit – le Glass-Steagall de Roosevelt, repris en France et rattaché à notre conception de Banque nationale et d’un Conseil national du crédit. Ainsi l’on peut dire, ironiquement, que le jeune économiste partisan de l’indépendance du Cameroun appartenait à l’école française de science économique, alors que les colonialistes néo-libéraux se trouvaient, eux, du côté de l’école monétariste britannique !

    La monnaie, expression de la souveraineté, est pour Tchuindjang Pouemi l’élément essentiel à examiner pour voir si derrière les belles paroles, il y a des actes qui les incarnent. Or « le franc CFA est en fait un instrument de la permanence de la colonisation française en Afrique… La France est le seul pays au monde à avoir réussi l’extraordinaire exploit de faire circuler sa monnaie, et rien que sa monnaie, dans des pays politiquement libres ». Aujourd’hui, trente ans après, la situation de dépendance de l’Afrique n’a pas changé. Les Etats qui relèvent du franc CFA n’ont aucune maîtrise de leur monnaie. Le fait que le Trésor public français soit placé au-dessus des banques centrales BCEAO et BEAC constitue un viol de souveraineté. Ainsi la dévaluation de 50 % en 1994 a sapé les fondements d’une classe moyenne émergente et servi uniquement les fortunes colossales de l’oligarchie au pouvoir, qui met ses avoirs à l’abri dans des paradis fiscaux et achète d’immenses propriétés immobilières en Europe. Quitte à faire éduquer ses enfants, se soigner et mourir chez nous ou aux Etats-Unis, faute d’avoir prévu des investissements sociaux dans son propre pays. Cela a été bien entendu aggravé par le fameux consensus de Washington, que le Fonds monétaire international (FMI) a appliqué en exigeant que les pays africains pratiquent des coupes claires dans les budgets sociaux, d’éducation et d’infrastructure. Provoquant à la suite une émigration que les pays européens ne veulent plus accueillir et chassent avec leurs bateaux, leurs avions et leur police. Ainsi s’est mise en place cette machine infernale, avec sa conséquence : les terribles inégalités sociales en Afrique et les « problèmes » de l’immigration chez nous, avec désormais en Europe une forme de ségrégation intérieure redoublant le néo-colonialisme par la monnaie à l’extérieur.

    Le franc CFA avait d’ailleurs été créé avant les indépendances, puis simplement rebaptisé après, sans que son mécanisme fondateur n’en soit modifié. Il a servi ainsi de relais aux politiques de ce FMI que Tchuindjang Pouemi traitait à juste titre de « fonds de misère instantanée », n’en déplaise à Mme Lagarde, M. Strauss-Kahn et tous ceux qui les ont promus.

    L’économiste camerounais voulut toujours rester un professeur auprès de ses élèves, pour former les générations futures à Yaoundé, Douala et Abidjan, hors du cercle de déraison de la politique compradore des « élites » africaines. Il refusa donc les propositions que lui firent Ahidjo ou Houphouët Boigny d’entrer dans leurs gouvernements. Universitaire, il était en même temps une référence de morale et de justice politique, et si l’on ne sait pas exactement s’il mourut assassiné, sa disparition servit bien les intérêts en place à un moment où se consolidaient l’exploitation et l’injustice.

    Ma pensée va ici aussi à Thomas Sankara, Sylvanus Olympio et Félix-Roland Moumié, qui menèrent le combat politique pour la justice et le payèrent de leur vie, ainsi qu’à mon ami Renaud Vignal, qui dirigeait le cabinet de Jean-Pierre Cot au moment où tous deux tentèrent d’abolir la Françafrique et furent tués politiquement par la Mitterrandie.

    Ces souvenirs me ramènent aussi à l’erreur – une erreur, pire qu’un crime – de la quasi-totalité de la gauche européenne, qui ne comprit pas ou ne voulut pas comprendre que la cause de la décolonisation économique et culturelle en Afrique rejoignait la cause de la justice sociale et de la participation réelle au pouvoir en Europe, et même se confondait avec elle. Nous portons aujourd’hui encore les stigmates de cette erreur.

    Plus profondément peut-être, nous l’avons dit au départ, la critique fondamentale que fait Tchuindjang Pouemi du franc CFA vaut aujourd’hui pour l’euro. Son existence dépouille en effet de la souveraineté monétaire les pays membres de l’Union européenne, au profit non pas d’une entité supérieure bienveillante mais d’un conglomérat de financiers, de banquiers d’affaires et de fonctionnaires qui ont mis les économies sous tutelle financière et monétariste, faisant prévaloir les intérêts du court terme sur les investissements à long terme, physiques et sociaux, gages d’avenir. Aux profiteurs de la Françafrique succèdent ainsi les lobbyistes de Bruxelles, qui écrivent trop souvent les textes que reprennent des fonctionnaires ayant perdu le sens de l’intérêt public et disposant de moins de moyens que leurs interlocuteurs.

    L’on passait il y a plus de quarante ans un film intitulé « La Cina é vicina », la Chine est voisine, frappé du coin de l’idéologie « maoïste » occidentale. Nous pourrions aujourd’hui dire avec bien plus de pertinence que l’Afrique est voisine : nous souffrons de la même maladie monétariste qui peu à peu a tout contaminé dans l’économie mondiale. Ceux qui ne me croient pas peuvent le demander aux Grecs, aux Espagnols et si nous continuons ainsi, se le demander bientôt à eux-mêmes, en France.

    Heureusement, la pensée de combattants comme Joseph Tchuindjang Pouemi reste bien vivante et nous encourage, par delà les années, dans notre propre combat, pour lui donner la dimension que nos prédécesseurs européens n’ont pas su ou voulu reconnaître.

    Jacques Cheminade
    Source http://www.cheminade2017.fr/Du-franc-CFA-a-l-euro-Joseph-Tchundjang-Pouemi-monnaie-servitude-et_00889
  • Qui était Joseph TCHUIDJANG POUEMI

    joseph-tchuidjangNom : Joseph TCHUINDJANG POUEMI

    Date et lieu de naissance : 13 Novembre 1937 à Bangoua

    Date et lieu de décès : 27 Décembre 1984 à

    Catégorie : Enseignant

    Parcours :

    • xxxx – xxxx : Etudes primaires à Bangoua
    • xxxx – xxxx : Etudes secondaires au Collège Moderne de Nkongsamba.
    • 1955 : Obtention du BEPC.
    • 1955 – 1958 : Sert comme instituteur à Pitoa, dans le Nord suite à une mesure d’internement.
    • 1959 : Obtention du Baccalauréat
    • 1960 – 1964 : Etudes de Mathématiques et de Sciences économiques à l’Université de Clermont-Ferrand (France) sanctionnées par une licence en Sciences économiques.
    • 1964 – 1967 : Etudiant à l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE) de Paris (France)
    • 1967 : Obtention du diplome d’Administrateur de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE)
    • 1968 :  Soutenance d’une thèse de Sciences économiques préparée sous la direction de Pierre Massé, sous le titre Les critères de choix des projets d’investissement en pays sous développés par les organismes internationaux, fondements théoriques et problèmes d’applications.
    • 1970 : Soutenance d’une thèse complémentaire, s’intitulant Considérations sur les comptes nationaux du Cameroun
    • 1970 – xxxx : Enseignant à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de l’Université Fédérale du Cameroun
    • xxxx – xxxx : Dirige la fondation Canergie qui donnera naissance à l’IRIC
    • 1971 : Premier camerounais reçu au concours d’Agrégation de Droit et des Sciences économiques. Il est nommé Professeur titulaire.
    • 1973 – 1975 : Chef de Département des Sciences économiques à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de l’Université Fédérale du Cameroun
    • 1973 : Nommé Directeur de l’Institut d’administration des entreprises (IAE)
    • 1975 : Professeur à l’Université d’Abidjan dont il dirige le département d’Économie publique. Participe, comme économiste en chef, aux travaux et étude du Bureau National d’Étude de Technique du Ministère du Plan de Côte d’ivoire.
    • 1977 – 1979 : Travaille au Fonds monétaire international (FMI) à Washington.
    • 1979 : Démissionne du FMI du fait d’un désaccord patent avec les prescriptions économiques et monétaires de cet organisme
    • 1979 – 1983 : Professeur des techniques quantitatives à l’École supérieure des sciences économiques et commerciale du tout nouveau Centre Universitaire de Douala (CUD)
    • 1983 : Chef de Département d’Analyse de données et Traitement de l’Information au CUD
    • 22 Aout 1983 – Aout 1984 : Directeur Général du Centre Universitaire de Douala
    • Aout 1984 – Décembre 1984 : Université de Yaoundé

    Ce qu’il laisse à la postérité :

    • Un livre, « Monnaie, servitude et liberté » (1981) qui peut ainsi se résumer : « Si l’on admet que le pouvoir économique confère le pouvoir politique, alors, on doit admettre que le pouvoir monétaire confère le pouvoir politique. En fait, la monnaie est au cœur même des économies modernes dont elle commande les mouvements. L’Afrique indépendante, faute de l’avoir compris, ou en feignant de ne pas le comprendre, soit en démissionnant, sans raison, devant ses responsabilités monétaires, soit en les utilisant pour nourrir une administration répressive, qu’il s’agisse de l’armée ou des « technocrates », a auto-réprimé le système économique et bloqué le progrès. » En un mot, « il n’y a pas d’indépendance digne de ce nom sans maîtrise de l’instrument monétaire, parce que la monnaie confère le pouvoir politique. »
    • Intellectuel rigoureux, pédagogue et maître son engagement scientifique et son enseignement ont permis l’éclosion de nombreuses vocations d’économistes en Afrique noire.
    • Monnaie et indépendance nationale (1977)
    • Thèse de Sciences économiques : « Les critères de choix des projets d’investissement en pays sous-développés par les organismes internationaux, fondements théoriques et problèmes d’application », sous la direction de Pierre Massé.

    Articles

    • Les pays sous-développés dans la jungle monétaire internationale (1975)
    • A la recherche du temps perdu dans les relations économiques internationales (1976)
    • Progrès technique, production et chômages (1987)

    Sources :

    • WIKIPEDIA. https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Tchundjang_Pouemi
  • L’Ecole Publique de Kamna (Bangoua) en ruine?

    L’Ecole Publique de Kamna est une institution étatique créée en 1960 et compte en ce jour environ six bâtiments dont un presque totalement détruit. Avec un records de cinq sales de classes hors d’usage, cette école qui jadis était la fierté de ce quartier populaire n’est plus que l’ombre d’elle même. Malgrés son effectif d’environ 230 élèves, le directeur de cette institution reste pessimiste face au délabrament continuel de ses installations.

    C’est une école qui en ce jour à part les bâtiments tombantes, manque les ustensiles de bases pour son bon fontionnement: L’eau courante, aucune trace d’installation électrique, les toilettes inexistente… On serait en passe de se demander si une école comme celle là ou mieux encore les populations de kamna ne mériterait pas plus que cela pour assurer l’avenir de la génération de futurs leaders qui y naissent?

    A qui la faute de cette situation? serait la question que beaucoup de personnes se demanderaient en prenant acte de cette article. Pourtant nous seront loin du compte à ne pas poser la bonne question qui serait: Comment changer la situation actuelle et empêcher que cela ne se reproduise?

    L’EP de Kamna n’est pas la seule école de Bangoua dans cette situation. Ceci traduirait-il le manque d’engagement de la communauté Bangoua face a cette crise éducative? Nous ne saurons dire cela, car des exemples d’actions concrètes ont été réalisées à plusieurs reprises et nous avons vu des résultats. l’EP de Kamna comme d’autres est une école qui traine derrière elle une histoire, elle a formé des générations de fils et filles Kamna. C’est une fierté pour beaucoup qui ont appris à lire et à écrire sur les bancs de cette école. C’est une réalisation pour ceux qui y ont eu leur premier diplòme officiel c’est-à-dire le CEPE.

    La question qui mine les esprit de beaucoup de jeunes natifs de Kamna ou pas et qui ont connaissance de l’histoire et de la situation actuelle de cette école est de savoir qu’est-ce qu’il faut pour sa « restauration »? Restauration parce qu’elle est en passe de devenir un musée au vue de l’état dans laquelle on retrouve les installations: Si les bâtiments ne sont pas tombés, ce sont les murs très sales, ou des ouvertures non existentes…

    reunion-12-novembre-ep-kamnaAlors un groupe de jeunes (Joindre le groupe) se mobilise en ce moment sur le réseau social Facebook afin de proposer des solutions pour la sortie de la dite école de son état de délabrement avancé. Pour cela, une reunion a été organisée avec quelques responsables de l’EP de Kamna en date du 12 novembre 2016 et il ressort les actions suivantes à mener dans la mesure du possible:

    • Réhabiliter et Moderniser l’école publique de kamna comprends :
    • La réfection des bâtiments
    • Aménagement d’un point d’eau et toilettes
    • Équipement en matériels didactiques et pédagogiques
    • Construction des aires de jeu,bibliothèque, salle informatique
    • Construction de la barrière.

    Nous exhortons donc tous les enfants Bangoua et Kamna en particulier de contribuer pour la rehabilitation totale de l’EP de kamna. Un apport continuel en Matériel didactique (Cahier, livres, Crayons, Stylos à billes, Craie, Rame de papier A4, Gommes, Trousse technologiques, Ardoise, Sac de classes…) sera d’un grand apport direct pour les besoins immédiats. En outre, le manque d’instituteurs est aussi un problème à mentionner et il serait bien si une organisation était faite dans ce sens pour donner un coup de main a l’équipe actuelle qui ne compte que 5 enseignants au lieu de 12, Le directeur étant obligé à completer l’effectif a 6.

    ICIBANGOUA.NET

  • Pensez vous que les projets réalisés à Bangoua ont échoués ou réussi?

    Les projets échouent à Bangoua parce qu’il n’y a pas un bon suivi des dits projets. Sans accuser personne, je pense à mon humble avis que:
    1- Les populations de cette localité sont égoïstes, individualistes et pourtant Ces projets sont communautaires et bénéfiques à tous mais hélas la politique du ventre l’emporte sur la solidarité et l’humanisme.
    2- Les uns et les autres sont moins engagés lorsqu’il il conflit d’intérêts et soif de pouvoir avide. Suivez mon regard→ la recherche effrénée du pouvoir et du paraître pousse les un(e)s à saboter l’intelligence des autres en bafouant ces dits projets. Et puis après on dira c’est la faute de ci c’est la faute de cela!

    Résolutions:
    – Soyons engagé(e)s dans tous ce que nous entreprenons pour le développement de notre village
    – Soyons conciliant et souvenons nous que personne ne fera de Bangoua une destination paradisiaque si ce n’est nos efforts personnels.
    -Arrêtons de saboter les projets et de rester derrière nos claviers et écrans sans réagir
    – Pensons! Réagissons! Développons dans le bon sens.
    L’essentiel est de bien faire ce que nous avons à faire en laissant derrière nous nos intérêts égoïstes et la méchanceté gratuite.

    Vive Bangoua.

    Fleur de Castille

  • Membres du bureau exécutif Eceeba Yaoundé 2016-2018

    Présidente. YANZE CARINE
    Vice présidente. SIBEFO TCHEPJOU LAURENCE
    Secrétaire. JOUOGUEP CLAUDEL DAF
    Secrétaire adjoint. DJOMO NINA CAROLE
    Trésorier. FANKOUA CERINO
    Commissaires aux comptes. NZONLIE PANGANG FRANCIS
    Censeur. NONO BRENDA
    Censeur adjoint. JULES N.

    Membres du bureau élargi

    Mefo. NGUENANG JASMINE
    charge de la culture. NGUENANG MARTIAL
    chargé des relations extérieures. DJIONOU CEDRICK
    chargé des relations extérieures adjoint. NOUKEU LOIC
    chargé de la communication. FANKOUA CERINO
    Chargé de l’encadrement. BAKOP HUBERT
    chargé de l’encadrement adjoint. NONO PATRICK
    chargé des sports. FENYEP ALAIN
    chargé des sports adjoint. TCHANAMOU SANDRINE
    condition féminine. NGOPGANG NADEGE
    président du comité. DJIONOU CEDRICK

    conseiller No.1. BAKOP HUBERT
    conseiller No2. DJIOMENE YANNICK
    conseiller No3. NGONGANG HERVE

  • ECEEBA DSCHANG: LE REGARD TOURNÉ VERS L’HORIZON

    Apres des moments horribles et surtout plongés dans le desespoir, les fideles bangoua par le fouet des ancetres de vieutip ont décidé de remettre les pendules a l’heure….

    En effet, la seance a commencé à 15h30min chez l’adhérant Donald Nana au Campus « G » sis mini cité Prestige. De là, nous avons commencé par remercier les membres presents pour leur temps; de meme, nous avons essayer de presenter les activités de la semaine(en reaktor) à savoir:

    • Rencontrer les parents pour leur informer de la relance effective de l’ECEEBA Dschang
    • De preparer les elections du bureau
    • D’informer au maxi’ la population de Dschang à propos de la relance des activités
    • De rencontrer le Directeur de l’ecole publique du groupe 4 pour l’acquisition des clés de la salle

    Presidente de séance: Ngassa Augustine

  • Macabo 2015, la diaspora de France en force

    Le lien Diaspora-Développement en Afrique n’est plus à refaire. Dans un contexte économique mondial morose, nombre de villages et de contrées africains connaissent une véritable croissance et une progression de leur niveau de vie grâce à l’intervention économique de leurs migrants. Des modèles éprouvés font le tour des laboratoires universitaires, mais surtout des exemples concrets poussent d’autres villages comme le nôtre aux mêmes questionnements :

    « Et si les Bangoua de la diaspora étaient des acteurs de développement ? ».

    Telle une poupée russe, cette question à peine posée, soulève de centaines d’autres : Quelle diaspora Bangoua ? Le peuvent-ils ? Avec quels moyens ? Selon quel mode d’organisation ? Pour quels projets ? Avec qui ? Avec quels partenaires internes ? etc. autant d’interrogations qui exigent humilité dans la réflexion et commandent de ne pas céder à la facilité des solutions toutes faites venu de l’extérieur, si les Bangoua veulent construire un modèle de lien adapté à leur contexte particulier ; ni vache à lait, ni solution miracle.

    Saisir l’audience du festival du Macabo pour inviter les Bangoua de l’intérieur comme ceux de l’extérieur à une causerie fraternelle, à un échange d’idée sur ce sujet. Tel est l’objet de cette rencontre « DIASPORA ET DEVELOPPEMENT » organisée le jeudi 12 novembre 2015, dans la salle de conférence de la chefferie.

    Bien cordialement,

    TOUS LES INFORMATIONS :

    www.hibiscusinitiatives.simplesite.com

    www.bangoua.over-blog.com

    Page facebook : MACABO 2015, festival bangoua

  • MON ÉCOLE – MON AVENIR – L’AVENIR DE MA COMMUNAUTÉ

    Depuis le 07 septembre, rentrée des classes sur l’étendue du triangle national, maternelle-primaire-secondaire.
    pour les tout petits de la maternelle et du primaire, c’est à cœur joie qu’ils rebroussent le chemin de l’école. tout naïfs parce que, nouveau sac, nouvelle tenue,nouveaux livres et autres.
    Un regard jeté sur l’éducation de base dans nos villages ne nous laisse pas indifférents. ces enfant à qui appartient véritablement l’horizon 2035, souffrent d’un manque criard d’infrastructures éducatives. pourtant nous voulons bien qu’ils soient le fer de lance de la nation.
    Les statistiques réalisées par l’équipe du projet ECEEBA-EDUC en 2015 à Bangoua ressort que:
    – L’analphabétisme touche encore 38% des adolescents et seulement 22% des filles atteignent l’éducation secondaire.
    – 89% des enfants vivant au village ne vont pas à l’école à moins de 8ans.
    – Un taux de scolarisation en préscolaire de moins de 2%.
    L’éducation préscolaire est reconnue comme une étape fondamentale de la réussite scolaire des enfants.
    Bangoua où le taux d’analphabétisme avoisine les 40%, et le taux de scolarisation en préscolaire est de moins de 2%. En ce qui concerne l’offre éducative, peu d’établissements scolaires de Bangoua possèdent un espace pouvant accueillir les enfants d’âge préscolaire. Jusqu’à présent, ils n’ont pas eu la possibilité d’ouvrir ces classes, faute d’éducateurs formés et d’équipements adéquats. Les familles n’ont donc d’autre choix que de garder les enfants à la maison ou de les inscrire dans des structures informelles ne garantissant aucune norme de qualité, ni aucune préparation à la réussite scolaire ultérieure des enfants.
    POURTANT NOUS POUVONS Y REMÉDIER.
    En attendant le débat, nous souhaitons bonne rentrée scolaire à nos petits soldats à Bangoua, que les Dieux de Vieùtship puissent leur guider vers la réussite scolaire.

    Rodéo Cooper NGUEMO12036962_1641149409476103_4768389773888290176_n