Category: Business

  • Exclusivité 13: Mbeu Mwemboh Soup Etienne Kapto – Ingénieur de Génie Rural

    Mbeu Mwemboh Soup Etienne Kapto – Ingénieur de Génie Rural Dans cette première partie, nous fait un valeureux compte rendu sur le rôle de la profession du Génie Rural et en meme temps donne aux jeunes des conseils masterclass sur l’attitude qu’il faut avoir pour réussir sa vie.

    Mbeu Mwemboh Soup nous détaille clairement la profession du Genie rural et va au dela pour lever le doute que la société a encore quand à ce noble métier. Il est temps pour nous de nous reveiller.

    #Icibangoua.net est la plateforme interactive et dynamique de promotion du développement du village Bangoua sur Internet.

  • Etudier Architecture au Cameroun Par Sa’ah Pieumi un exposé sur le forum BMBV

    Avant toute chose,  j’aimerais définir l’architecture.

    Classé premier Art parmi les 10 arts majeurs,  l’architecture est l’art de concevoir et construire les édifices.

    • 1er art  L’architecture  
    • 2ème art  La sculpture  
    • 3ème art  Les arts-visuels (peinture et dessin)  
    • 4ème art  La musique
    • 5ème art  La littérature et la poésie  
    • 6ème art  Les arts de la scène (théâtre, danse, mime, cirque)  
    • 7ème art  Le cinéma  
    • 8ème art  Les arts médiatiques (télévision, radio, photographie)  
    • 9ème art  La bande-dessinée.
    • 10ème art  Les jeux vidéo/l’art numérique

    Parlant de l’architecture au Cameroun,  c’est un métier pas très connu jusqu’ici,  pourtant il y a plus de 10 ans que les premières  écoles d’architecture ont vu le jour au Cameroun. Aujourd’hui au nombre de 5, ces écoles sont pour certaines privées, et publiques pour d’autres.

    Réalisation: www.gbcameroun.com

    Entre autre :

    • l’IBAF devenue l’IBA de Foumban, faculté de l’université de Dschang, basée à Foumban,
    • l’IBA (Institut de Beaux-Arts) de Nkongsamba faculté de l’université de Douala basée à Nkongsamba,
    • l’ENSTP (École Nationale Supérieure des Travaux Publics) de Yaoundé,
    • Ecole Supérieure Spéciale d’Architecture du Cameroun (ESSACA) à Yaoundé Bastos,
    • l’Ecole d’architecture de l’UDM (Université des Montagnes), située à Bangangté.

    Il est important de noté que les deux dernières écoles sont privées et les trois autres publiques. Privées comme publiques,  ces écoles admettent tout citoyen (Camerounais ou étrangers) ayant un baccalauréat scientifique, pour une formation continue d’une durée de 5 ans suivie de 2 ans de stages dans un Cabinet d’architecture agréé.

    La formation en Architecture dure ainsi 5 années pendant lesquelles les futurs Architectes bénéficient d’un ensemble de connaissances pratiques et théoriques devant leur permettre  non seulement d’avoir les fondamentaux du métier, mais également de pratiquer le métier d’Architecte. Cela dit,  il si vous arrêtez en troisième année,  vous n’aurez pas de qualification, donc pas de correspondance.

    Réalisation: www.gbcameroun.com

    Pour ce qui est de la formation,  après 5 ans d’études dans une des écoles sus mentionnées,  le futur architecte obtient son diplôme d’études supérieure en Architecture,  ce qui lui donne le quitus de faire 2 ans de stage dans un cabinet d’architecture régulièrement inscrit au tableau de l’ONAC (Office National des Architectes du Cameroun). C’est seulement après cette durée (7ans) que vous pourriez légalement exercer le métier.

    Impossible hier,  après l’harmonisation des programmes d’enseignement, il est désormais possible de passer d’une école d’architecture à l’autre.

    En conclusion, nous pouvons retenir que l’architecture se fait chez nous,  que les écoles sont ouvertes sous certaines conditions, et qu’il est désormais possible de devenir Architecte après quelques années d’études.

    Sa’ah Pieumi Patrick

     

    QUESTIONS/REPONSES.

    Est-ce qu’un ingénieur de génie civil peut devenir architecte dans son domaine ?

    Oui les ingénieurs peuvent faire architecture, ils sont soumis aux mêmes conditions que le reste.

    Quelle différence entre architecture et génie civil?

    L’architecte est le maître d’œuvre,  l’ingénieur est spécialisé dans un domaine. Pour le commun des mortels, les architectes et les ingénieurs civils semblent faire sensiblement la même chose. Par contre l’ingénieur de génie civil est spécialisé dans les éléments suivants,  le sol,  les matériaux de construction, la conception des structures. Mais lorsque l’on connaît bien ces deux professions, on réalise qu’elles sont en fait assez différentes.

    Quelles différences entre un urbaniste et architecte ?

    Un urbaniste est un spécialiste de l’aménagement urbaniste, de l’architecture à l’échelle macroscopique pourtant un architecte est spécialisé sur les composants de l’urbanisme.

    Qu’est-ce qu’un maître d’ouvrage ?

    Les architectes sont des généralistes, ils doivent parler “plusieurs langues”, dont celle des ingénieurs afin de pouvoir faire la coordination de tous les éléments du projet. Ils sont responsables du respect du concept général

    L’architecte coordonne l’intervention des autres professionnels comme l’ingénieur, le technologue en architecture, l’architecte-paysagiste ou l’arpenteur-géomètre, Y compris tous les autres lots techniques : Plomberie sanitaire et assainissement,  électricité,  climatisation, sécurité incendie, menuiserie bois,  menuiserie alu,  vitrerie,  carrelage, peinture… ameublement…

    Réalisation: www.gbcameroun.com

    Aujourd’hui on observe dans nos villes l’écroulement des édifices est ce que ces problèmes sont dû pas le non apport de l’expertise d’un architecte ?

    Le mal est plus profond,  la responsabilité est partagée. Entre le manque de culture des investisseurs,  maîtres d’ouvrages,  la non évaluation du risque,  la mauvaise organisation de l’état et la société,  l’inconscience de certains professionnels,  l’usurpation de titre par certains…

    ONAC compte combien d’architectes actuellement ?

    Moins de 300 architectes

    Quels sont le Les frais de scolarité pour l’institut de beaux-arts de Foumban filières architecte

    50.000FCFA par an pour les Beaux-Arts,  235.000FCFA pour l’école des travaux et plusieurs millions pour ESSACA et l’UDM.

    SVP quels sont les privilèges ou avantages à être inscrits au tableau de l’ordre?

    Premièrement la légalité, qui s’ajoute sur la légitimité,  les opportunités, la participation aux appels d’offres publiques…

    SVP c’est quoi en gros la procédure pour un camerounais qui a étudier ailleurs et accéder à l’ONAC?

    Déposer son dossier au secrétariat de l’ordre,  il sera étudié. Le candidat passera l’audition,  si tout est bon  il pourra prêter serment à l’ Assemblée Générale suivante.

  • TROUVER SES PILLIERS-LE POUVOIR DU RÊVE

    LE POUVOIR DU RÊVE?

    [AIDER À L’ÉCLOSION PROFOND DE CHAQUE ENFANT POUR LUI PERMETTRE DE RÉALISER SES RÊVES LES PLUS AVANCÉS DE L’HUMANITÉ, TEL RESTE ET DEMEURE NOTRE UTOPIE]

    C’est sur cette vidéo émouvante de mon confrère NTIENOU Clotaire que toute personne normalement constituée pourra réaliser la magie de son rêve et le moins que je puisse dire, c’est qu’il résume à merveille le contenu d’un parcours à mi-chemin.

    Et puis, le natif de Bangoua sait de quoi il parle et ça se sent. Pour l’avoir connu au début sa course et partagé les expériences depuis plus de dix années, je dirais sans risque de me tromper que ce fils d’instituteur était doté d’une confiance extrême de réussir, ce qui lui valu patience et endurance, d’où son expertise variée à ce jour.

    Théatre Fusco – Taranto (Italie) – 29 Novembre 2019 – +450 personnes

    Car ce qui fait la puissance du pouvoir de son rêve, c’est précisément la description des différents schémas de pensées qui mènent au succès et des plans d’actions simples, efficaces et illustrés pour le hisser à l’endroit que vous connaissez, (dommage pour ceux qui le découvriront juste maintenant, mais comme le dit le dicton populaire de chez nous, « vaut mieux tard que jamais »).

    Épuré et synthétique, le parcours de Clotaire NTIENOU, fils Bangoua, comme chez les autres, n’a pas été un fleuve tranquille. C’est en pensant à l’arrivée qu’il renouvelle à chaque fois son courage de traverser les zones de turbulences.

    Même s’il est vrai que les grands esprits parlent des idées et seuls les petits esprits des personnes, relater le parcours de NTIENOU Clotaire, devenu « Mwemboh Sa’ah » en terre natale, est un exercice qui vaut la peine d’être pratiqué sans bourse délié, car gage inéluctable de réaménagement dans la construction du train de vie des autres.

    Théatro Fusco – Taranto (Italie) – 29 Novembre 2019

    Clotaire, à travers le pouvoir de son rêve, s’inscrit logiquement au sommet de la pyramide de Maslow (besoins d’estime) et vous aidera indéniablement à développer votre efficacité personnelle, à vous fixer des objectifs ambitieux et à rester motivé en toute circonstance.

    REGARDEZ LA VIDÉO ET FAITES LARGE DIFFUSION !!!

    Paul TCHONANG.

  • DU NOUVEAU À BANGOUA AU QUARTIER FAPMETCHA: BANGOUA JEUNESSE INNOVATION (BJI)

    Bonjour chers tous !

    Un groupe d’initiatives de jeunes baptisé « BANGOUA JEUNESSE INNOVATION » nouvellement créé en territoire Fo NJAMPOU lance officiellement ses activités pour contribuer à sa juste manière au Groupement Bangoua de se rapprocher peu à peu de la tête de peleton des villages du Ndé et plus.

    Conformément au chronogramme des activités dudit groupe, B.J.I offre aux élèves, étudiants, profession libérales, travailleurs et sans emploi… des formations dans les domaines suivants :

    ? Secrétariat Bureautique
    ? Initiation en Informatique
    ? Comptabilité Informatisée.

    Profitez massivement de ce transfert d’opportunités du groupe de jeunes expérimentés à l’heure ou les enjeux de développement du 21e siècle sont axés sur le numérique et donc le Groupement Bangoua échappera inéluctablement à la position de lanterne rouge.

    Siège social B.J.I. :
    Carrefour deux baobas, quartier Fapmetcha, à 300m du carrefour Sak’sieu (Bangoua)

    Début des inscriptions :
    Lundi 20 Janvier 2020

    Contacts utiles :
    (237) 671419189 – 650504119 – 652334523 – 697765355

    PS : Vives félicitations à ce groupe de jeunes frères Bangoua et surtout je vous garanti mon appui technique et professionnel, sur ce, je reste réceptif à vos idées révolutionnaires auxquelles j’apporterais mes meilleurs soins.

    Pour le Groupement Bangoua,
    Paul TCHONANG.

  • MUTUELLE COMMUNAUTAIRE D’ÉPARGNE ET DE CRÉDIT (MC²) : AGENCE DE BANGOUA.

    MUTUELLE COMMUNAUTAIRE D’ÉPARGNE ET DE CRÉDIT (MC²) : AGENCE DE BANGOUA.

    VOS DÉPÔTS DISPONIBLES :
    ? Compte d’Épargne
    ? Compte Chèque
    ? Compte Commercial
    ? Daily Cash
    ? Bon de Caisse
    ? Dépôt à Terme
    ? Virement des Salaires

    OBTENEZ DES CRÉDITS :
    ? Daily Cash
    ? Acquisition du titre foncier
    ? Épargne investissement
    ? Microcrédit
    ? Canton
    ? Crédit aux associations
    ? Crédit Scolaire
    ? Crédit à la Consommation

    LES SERVICES OFFERTS :
    ? Mises à disposition (transferts locaux)
    ? Money Gram (transferts internationaux)
    ? Achat et vente des devises (Euros, Dollars)
    ? Opérations bancaires (Afriland First Bank)

    MC² AGENCE DE BANGOUA SISE CHEFFERIE

    Paul TCHONANG.

  • Siège en construction de CAMWATER à Bangoua

    Siège CAMWATER Bangoua.

    Les travaux de construction du nouveau siège devant abriter les locaux de la CamWater à Bangoua ont bel et bien débuté et avance à grande vitesse pour être livré dans les brefs delais.

     

    En somme, nous parlons d’un bâtiment comportant entre autre:

    ? 1 hall d’accueil
    ? 2 bureaux
    ? 2 toilettes
    ? 1 cuisine
    ? 1 large terrasse externe devant servir d’espace « Attente clients »

    On peut remarquer que les consignes et les moyens de sécurité au travail sont assurés.

    C’est avec des regards curieux que la population de Bangoua attend voir le projet devenir réalité.

    Paul Tchonang.

  • Été 2019 au Cameroun avec le projet WALI (Water For Life) de WEBDEV FOUNDATION.

    Trois jours c’est le temps qu’ont duré les travaux de maintenance des 7 systèmes d’eau potable installés à Bangoua dans les 2 quartiers les plus populaires du Groupement. C’est un projet initié par WEBDEV Foundation et ses partenaires pour contribuer à resoudre le problème de manque d’eau dans la localité de Bangoua.

    En effet, du 27 au 30 juin dernier, une équipe constituée d’un membre de WebDev Foundation (issu des techniciens formés en octobre -novembre 2017) et 2 techniciens résidents à Bangoua mènent à bien cette mission qui avait pour but de remettre à jour tous les systèmes d’eau construits auparavant dans cette localité par les bons soins de cette organisation à but non lucratif.
    L’initiative est motivée non pas par la volonté des populations locales désespérées par le manque d’eau et du fait de l’incapacité financière à répondre aux coûts de maintenance de leur système d’eau quoique très accessible, car les dépenses s’élèvent à un peu plus de 15.000fcfa par système pour la maintenance et le salaire des techniciens inclus.

    Jamais dans cette localité un tel système ne pouvait se maintenir avec aussi peu d’argent, mais la conjoncture socioéconomique de ces dernières années au Cameroun arrivent dans les coins les plus reculés et fait très mal.
    Mais les techniciens n’ont pas perdu foi et ont mis à contribution l’atelier que loué depuis 2017 pour affiner leur recherches et faire des découvertes qui valent la peine qu’on s’y attarde un temps soit peu.
    En effet, les recherches ont permis de résoudre un des problèmes majeurs de ces systèmes qui consistait en l’utilisation des frondes pour soutenir le conduit principal qui ramenait l’eau à la surface, ce qui faisait qu’en pompant, le système ne pouvait résister longtemps les coups reçus. Fort de cette nouvelle technique qui rend désormais ces systèmes durables au bénéfice des propriétaires, l’équipe WebDev Foundation conduira à bien cette mission de trois jours.

    27/06/2019
    • Derrière le Marché de Kamna, ce point est un puits réhabilité chez une Nonagénaire. L’équipe a remplacé la valve de pied par une nouvelle et refait les jonctions du piston.

    • À Kamna, ce puits à accès et usage publics disposent de deux pompes installées. C’est le seul puits public de ce quartier désertique car ne possédant aucune rivière. Sur les lieux, l’équipe a conçu deux valves de piston avec les tuyaux PPR pour remplacer les anciens faites en tuyaux électriques apparents, remplacé les tuyaux du piston de pression par du PPR, soudé les manches et nettoyer les alentours du puits.

    28/06/2019
    • Système de captation d’eau de pluie situé près de la Case Patrimoniale Bangoua dans le quartier Tougong. L’équipe a conçu une valve de piston avec les tuyaux PPR pour remplacer l’ancienne faite en tuyaux électriques apparents, vidangé et lavé la citerne, remplacé les tuyaux du piston de pression par du PPR, nettoyé les alentours de la citerne.


    • L’équipe a aussi effectué la visite du site probable d’une installation du système de captation d’eau de pluie et conception du budget de réalisation (la citerne ayant déjà été creusée).

    29/06/2019: Jour de repos

    30/06/2019
    • À Naah chez le chef de quartier, ici l’équipe WALI Bangoua avait installé un système de captation d’eau de pluie. L’équipe a remplacé le piston en entier, remplacé la partie du filtre (tuyau de 50 pression) extérieur par un tuyau en galva et l’immobiliser avec du béton, recollé la gouttière et autres taches basiques de maintenance.

    • À Toutchack (une banlieue du village Kamna), dans une famille à grande portée, l’équipe y avait construit et installé un forage manuel. Elle y a conçu une valve de piston avec les tuyaux PPR pour remplacer l’ancienne faite en tuyaux électriques apparents, remplacé la manche du piston, 
    renforcé la partie de la pompe extérieure avec du béton.

    C’est avec joie que ces travaux s’achèvent dans la mesure où les tests de fonctionnement ont donné satisfaction.

    Il faut noter que pendant le déroulement des travaux, l’équipe a connu la visite du chef de quartier Kamna et celle du Roi, S.M. DJAMPOU TCHATCHOUANG Anick Julio, Chef Supérieur du Groupement Bangoua, descendu sur les lieux pour s’enquérir de la situation et motiver l’équipe à aller de l’avant.

    Maximin Kouamo (dit l’Homme Intègre)

  • Eau potable à Bangoua : Etude d’impact sur l’environnement

    Le 28 juin 2019, il y a eu une importante réunion de consultation publique à la chefferie Bangoua entre CAMWATER (Maître d’Ouvrage), ASPAC (Maître d’Œuvre) et les populations (Bénéficiaires) relative à la consultation publique sur l’étude d’impact l’environnemental et social du Projet d’adduction d’eau de Bangoua.

    Ordre du jour:
    1) Ouverture de séance et mot de bienvenue par Sa Majesté Djampou
    2) Présentation du cadre juridique en Etude d’impact environnemental et social
    3) Présentation du Projet d’adduction d’eau de Bangoua et ses activités
    4) Présentation des travaux d’étude et aspect environnementaux
    5) Intervention des participants (Question-réponses)
    6) Résumé des interventions
    7) Clôture de la séance par Sa Majesté Djampou

    Après le souhait d’une chaleureuse bienvenue à l’équipe hôte composée de représentants de CAMWATER et d’ASPAC, Sa Majesté a montré l’importance de l’eau potable pour son groupement, a souhaité que le problème d’eau site définitivement réglé à Bangoua et a demandé un franc débat avec les populations bénéficiaires et les a invitées à poser des questions pour lever les incompréhensions qui pourraient nuire à la bonne marche du projet. Il a souhaité que le projet génère des emplois pour les jeunes Bangoua et s’est retiré pour ne pas influencer la suite des débats.
    Le cade réglementaire et juridique instituant une étude d’impact environnemental et social avant la réalisation de tout projet a été présenté

    Consistance du projet:
    1) L’eau traitée vient de Bafoussam
    2) Transport de Bangou Arrondissement au réservoir de Bangoua : 3.7 km
    3) Le réservoir sera construit à côté de celui de SCANWATER de Senshe et alimentera Bangoua par gravité.
    4) Les besoins en eau actuels de Bangoua sont estimés à 35 m3 par heure, soit près de 700 m3 par jour.
    5) Les quartiers concernés sont : Na’, Pup, Ndoukouong, Ndepnouo, Tswemve, Fapdiokso avec les différentes artères.
    6) Le réseau de distribution comportera 14.67 kilomètres de conduites de diamètres 140 mm et 63 mm avec une maille Marché de Kamna/Lycée de Bangoua/Lycée technique/Hôpital Bangoua/Collège évangélique/Marché de Kamna en diamètre 140 mm.
    7) Le bâtiment d’exploitation sera construit derrière la Plaque à 33 km (Carrefour Yanga)
    8) Les services publiques et écoles proches des conduites seront alimentés.
    9) Les travaux vont durer 10 mois

    Impacts environnementaux:
    1) Tout le monde est concerné pendant les phases d’aménagement, de construction et d’exploitation
    2) Les conduites passeront le plus possible sur le domaine de l’état le long des routes. Dans le cas contraire, des expropriations seront faites avec dédommagement et insertion dans le domaine de l’Etat
    3) Les arbres coupés seront remplacés (reboisement)
    4) Les déchets seront recyclés ou récupérés
    5) Pendant les travaux, il y aura des nuisances sonores, des risques d’accidents et de contamination de maladies
    6) Création des emplois temporaires pendant la durée d’exécution du projet.

    Pendant l’exploitation:
    1) L’eau sera payante
    2) L’eau potable va améliorer les conditions de vie et réduire les maladies hydriques et modifications de comportement,
    3) Le vandalisme sur le réseau et les installations sera passible de poursuites judiciaires.

    Des discutions, il ressort que :
    1) CAMWATER n’exploitera que son propre réseau (à poser et la conduite venant de Bangangté) et n’utilisera aucun autre réseau existant (SCANWATER par exemple).
    2) Le prix du branchement est fonction de la distance et du diamètre de la conduite et relève de l’exploitant.
    3) Des jeunes pourront être recrutés pendant la phase des travaux mais l’exploitation relève de la CAMWATER
    4) Tout le monde est concerné par le bon fonctionnement et la surveillance du réseau pour signaler les fuites
    5) Les extensions sont possibles. CAMWATER pose le compteur à au plus 50 mètres de ses conduites. Au delà, c’est une extension qui peut être le fait de particuliers ou d’un groupe. L’Etat peut faire des extentions en fonctin de la concentration de populations et lancer des campagnes de branchements. Surtout celui (Personne ou communauté) qui veut faire des extensions en fait la demande à CAMWATER..
    6) Pendant la phase des travaux, il sera prévu des traversées sous la route pour permettre aux populations de l’autre côté d’avoir accès à l’eau potable.

    Sa Majesté àété invité pour la séance de restitution jugée conforme et approuvée par les participants.

    Sa Majesté a fécicité les uns et les autres pour le travail abattu. En guise de conclusion, il a pris l’engagement au nom de la communauté Bangoua de répercuter les bonnes informations issues de cette consultation. Il a demandé aux nobles présents de répercuter les bonnes informations, chacun à son niveau. Le souhait de la communauté est que dans dix mois la bonne eau et fait sien l’exhortation du représentant de l’Hôpital Bangoua « Boire de l’eau c’est bien mais boire de l’eau potable, c’est agréable ». Enfin il a demandé aux Dieux de Bangoua de bénir le pas retour des visiteurs.

    ETKA (petitpiment@yahoo.fr)

  • Au service de la Diplomatie culturelle camerounaise

    Il fallait sans doute faire preuve d´un grand optimisme pour venir à bout de ce projet. Tant de difficultés se sont placés sur le chemin de sa concrétisation mais le défi a bel et bien été relevé. Et comme vous pouvez le constater, le résultat est là.

    Kamerun Haus-Berlin a ouvert ses portes le 10 Mars 2017 en face de l´Ambassade du Royaume de Thaïlande à Berlin et propose un concept mi-chemin entre bureau d´information touristique, galerie d´art contemporain, centre de formation.
    Kamerun Haus propose une programmation riche et variée : expositions, Spectacles, projections, colloques, animations, atelier ou encore activités de médiation en lien avec la diversité, la solidarité internationale , la recherche et le développement durable rythment la vie du centre.
    Cette vitrine culturelle du Cameroun en Allemagne est désormais très appréciée des visiteurs qui y trouvent un espace de rencontre, d´échange, d´éducation, de conseil et de partage.

    Kamerun Haus a aussi pour ambition de Servir de partenaire technique de la Ville de Steglitz Zehlendorf pour la définition et la mise en œuvre de sa politique d´intégration et de promotion de la diversité culturelle.
    Notre plus grande récompense aujourd´hui pour ce travail que nous faisons avec amour et passion est de savoir que cette initiative répond à une véritable attente dans la ville et nous sommes heureux de recevoir Monsieur Frank Müsckish, le conseiller en charge de la culture, de l´éducation, du sport et des affaires sociales en espérant que nos différentes initiatives trouveront chez les décideurs de la commune un total et très compréhensif soutien.

    DeBangoua Legrand Tchatchouang

  • Séminaire N° 9 de Psy Cause Cameroun : Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun

    Le titre complet de ce séminaire est : « PROJETS DE DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE : LES RAISONS DE L’ECHEC ET LE ROLE DE L’ÉTAT. Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun ».

    Ce séminaire du mois d’avril 2014 a été suscité et organisé par le laboratoire Psy Cause Cameroun pour répondre aux préoccupations de nombreux lecteurs qui consultent le site de Psy Cause et qui nous reprochent de nous spécialiser seulement en santé. Au cours de ce séminaire, le Dr Ndonko Peguy a prit la parole pour dire que son Laboratoire est pluridisciplinaire et pluriprofessionnel depuis les origines et qu’il est capable d’intervenir aussi bien dans les aspects de la santé que du développement et même de l’environnement. L’Anthropologie est une clé qui ouvre toutes portes des sciences.

    Avant d’aborder la question du projet Scandinave Water, le Dr Ndonko Peguy s’est inspiré d’un travail bien connu dans les milieux des sciences sociales sur cette problématique. Il s’agit du travail de recherche de Célestin Ngoura. La lecture du texte de cet auteur donne à comprendre que l’absence de l’expertise des sciences sociales dans tout processus de développement est souvent la cause de l’échec de nombreux projets de développement en Afrique. A partir de l’exemple du projet « Latrine pour chaque famille » initié par les bailleurs de fonds et le Ministère de la santé publique à l’extrême-Nord Cameroun sur l’hygiène et la salubrité publique, il montre que les valeurs socioculturelles et les traditions séculaires des populations de cette région expliquent les causes de cet échec. En effet, l’idée sous-jacente à cette initiative aux moyens logistiques et financiers énormes était d’amener tous les membres de chacune des familles de la région à ne plus aller se soulager n’importe où dans la nature. Cette pratique engendrerait les maladies endémiques d’origine hydrique (typhoïde, choléra, diarrhée…). Aussi, les initiateurs du projet avaient-ils décidé de doter chaque famille de latrines ! Au terme de leur étude de faisabilité, ils lancèrent les travaux sous le regard interrogateur des soi-disant bénéficiaires. Au bout d’une année et demie, ils revinrent sur les lieux en vue d’évaluer le degré de réussite de leur entreprise. Mais ils furent surpris de constater que les intéressés n’avaient pas jusque-là utilisé les fosses d’aisances gracieusement mises à leur disposition. En réalité, dans ce contexte culturel, les règles de politesse et de bienséance élémentaires et les comportements sociaux anodins sont encore en vigueur. Les femmes ne doivent jamais savoir où et quand l’homme va se soulager. En outre, les brus ou les gendres n’ont pas à savoir où et quand leurs beaux-parents vont se soulager. De même, les hommes de leur côté, n’ont pas non plus à connaître le lieu et le moment où les femmes vont faire leurs besoins. Les enfants eux aussi ne doivent pas non plus savoir où et quand les parents et les adultes vont aux toilettes. Ils défèquent à tour de rôle dans les eaux courantes et les champs. En conséquences, ce projet « latrines communes » était condamné à échouer, car il est illusoire de penser que les populations allaient sciemment transgresser leurs pratiques sociales ancestrales.

    L’échec de ce projet de développement dû aux comportements culturels anodins des populations nous a fait penser à un projet analogue, celui du Scandinave Water qui devait fournir de l’eau de qualité améliorée et en quantité aux habitants du village Bamena, situé à l’ouest Cameroun. Il convient de noter que ce projet avait été implanté dans plusieurs régions du Cameroun (Centre, Ouest, Nord-Ouest…). Les expressions jadis utilisées pour désigner l’état d’un environnement sain où l’eau ne présentait pas une qualité douteuse (l’eau ne tue pas, on ne refuse pas l’eau) continuent à prévaloir sur les consciences collectives, même à l’heure actuelle où les substances chimiques et toxiques polluent et dégradent la qualité de l’eau. Dès lors, nous nous sommes mis à réfléchir sur les raisons de l’échec du projet Scan Water dans cette région et sur la part des responsabilités des populations quant à l’échec de son fonctionnement. S’agissait-il d’un projet de développement des populations ou pour les populations ? Les pratiques culturelles des populations ne sont-elles pas des obstacles au développement et par extension à la diffusion du développement durable ?

    Le Cameroun dispose de plusieurs sources d’approvisionnement en eau tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi, on peut citer les rivières, les marigots, les fleuves, les puits, les forages, les bâches de retenue, les mares, les ruisseaux etc. La qualité de l’eau provenant de ces sources et utilisée par les populations est souvent douteuse et les expose à des risques sanitaires considérables. Dans le souci de soustraire ces populations à la corvée de l’eau, plusieurs partenaires ont proposé à l’État camerounais, dans le cadre de l’aide à la coopération, de contribuer à rapprocher les points d’eau au plus près d’elles. Cet apport devait permettre la diminution des risques microbiologiques liés au développement des agents pathogènes qui utilisent l’eau comme milieu de vie, et aider du même coup à lutter contre les maladies endémiques d’origine hydrique qui sévissent en milieu rural comme la bilharziose, l’onchocercose ou la cécité des rivières.

    Le village Bamena, comme beaucoup d’autres régions du pays, a bénéficié de l’implantation des stations Scandinave Water. Selon les informations recueillies au cours d’un entretien avec Alain Tientcheu, 33 ans, enseignant et environnementaliste, « le projet Scandinave Water était une initiative de la coopération canadienne. Il s’était fixé pour objectif de fournir une eau de qualité et en quantité aux populations des zones rurales souffrant d’un manque d’eau afin de mieux lutter contres les maladies biologiques liées à l’eau telle la bilharziose, le ver de Guinée. La coopération avait aussi la prétention d’aider le gouvernement camerounais à monter les adductions d’eau dans toutes les zones rurales. Mais l’échec de ce projet vient du fait qu’il n’était pas participatif. Les partenaires impliqués n’ont pas tous été consultés avant la réalisation. »

    Le but ultime du projet Scandinave Water était essentiellement lié à la distribution de l’eau potable. Le système de fonctionnement d’implantation du Scandinave Water consiste à créer près d’un cours d’eau, un bac de retenue d’eau et y plonger un moteur qui assure le captage de la ressource. Cette eau est ensuite conduite dans les réservoirs installés dans la cage métallique que représente la photo de la planche ci-contre (source : Peguy Ndonko, 2007). Les réservoirs ont chacun un rôle. Les uns servent à la décantation et à la filtration ; les autres au traitement et la distribution de l’eau. Le premier réseau Scandinave Water a été implanté à Bamena en 1983, dans le cadre du programme AEP (Adduction d’eau potable) financé par le BIP (Budget d’investissement public). En 1986, une autre série d’installations est effective dans le cadre du même programme. Ce réseau sera complété par l’hydraulique villageoise financée par le même budget. Dès cet instant, cette localité est presque suffisamment alimentée en eau. Le fonctionnement du Scandinave Water nécessite aussi de l’énergie électrique, gérée au Cameroun par la Sonel (Société nationale d’électricité du Cameroun). La Sonel a été privatisée aux concessionnaires Américains en 2004 et est devenue AES-Sonel (American Electricity Society de la société nationale d’électricité du Cameroun). Dès cet instant, le prix du kilowatt a subi 3 hausses en quatre ans.

    Tout d’abord, comme tout dispositif technique, la question du financement et de la maintenance est cruciale pour la fonctionnalité de la station de pompage. Or, dans ce domaine, le transfert technique s’est opéré sans tenir compte des fluctuations locales. Le SNECà qui l’Etat avait confié le paiement des quittances de l’énergie électrique consommée dans le fonctionnement des stations de pompage du Scandinave Water na parvenait plus à supporter les coûts de consommation. La Sonel qui fournit de l’énergie électrique pour le fonctionnement du Scandinave Water sera ensuite privatisée en 2004 à une société américaine (AES-Sonel). Suite à cette privatisation, le prix du kilowatt d’énergie électrique a subi trois hausses en quatre ans. Avec ces hausses des prix, l’énergie électrique fournie par la Sonel et les compteurs installés dans les stations de distribution d’eau du Scandinave Water sont interrompus. L’État ne pouvait pas non plus compter sur la participation des populations dont les revenus sont déjà très insuffisants et qui considèrent l’eau comme une providence. Dans ces conditions de déshérence, certains agents de la Sonel et les populations vont faire montre d’actes d’incivisme en démontant les compteurs pour les vendre. Les plaques en bois sont ainsi laissées « aux bons soins des termites ». Les populations ne pouvaient que retourner dans leur ancienne source d’approvisionnement en eau (marécages, rivières, sources, mares, étangs et puits) sans traitement.

    Il convient peut-être à ce niveau de prendre en considération le point de vue de Jacques Perrin (1983) qui montre que cette politique de transfert de technologie n’a pas pour ambition de promouvoir le développement du pays d’accueil, mais de réaliser des profits, d’assurer l’accès aux matières premières, de pénétrer de nouveaux marchés. Le projet Scandinave Water relève de ce que cet auteur appelle « la vente directe de l’usine clés en main » qui permet aux firmes de transferts de vendre des équipements et des services technologiques en développant de nouvelles formes de sous-traitance. L’État camerounais aurait signé le contrat clés en main pour l’implantation du projet Scandinave Water. Dans ce type de contrat, le maître d’ouvrage confie la responsabilité des études et de la construction d’un ensemble industriel à une seule entreprise d’un pays industrialisé. L’Unité industrielle sera fournie prête au démarrage et gardera la responsabilité de la conception de l’unité de production et le choix des fournisseurs. Dans ce type de contrat, les principaux choix technologiques et économiques sont opérés ou contrôlés par le maître d’ouvrage.

    D’après les discussions issues des entretiens avec les techniciens de l’eau, les installations du Scandinave Water devaient en plus bénéficier d’un approvisionnement en essence pour assurer les ruptures d’énergie électrique et perpétuer son fonctionnement. En conséquence, le Scandinave Water tombe en désuétude parce que l’AES-Sonel vend cher l’énergie électrique qui contribue a son fonctionnement. Le prix du litre de gasoil n’est pas non plus à la portée de bourse des populations. Peu après, les ouvrages du Scandinave Water sont en panne. L’Etat de l’ouvrage laisse à désirer. Les systèmes mécaniques de fonctionnement sont déconnectés. Le panneau de l’installation du compteur électrique de la Sonel est rongé par les termites. Les câbles du courant électrique sont cambriolés par les populations et utilisés à d’autres fins. Les feux de brousse détériorent progressivement la qualité des tôles. Par endroits, les tôles sont démontées par les populations pour répondre à la stratégie de survie dans le cadre de la récupération et de la vente des métaux du secteur informel.

    Le projet Scandinave Water semble se situer dans le contexte des récits du développement qui s’apparente à un mythe ayant contribué à ancrer dans bien des consciences la conviction que le progrès et la croissance n’ont pas de limite et ayant la certitude d’être universelle parce qu’elle est reproductible. Mais cette croissance illimitée, l’universalisation du modèle occidental, se heurte pourtant à des résistances et à des obstacles de toutes natures.

    Dans le domaine de l’industrialisation et plus particulièrement des technologies, cette occidentalisation entraîne selon Serge Latouche (1998), une destruction des formes économiques antérieures (artisanat, communautés rurales). Dans cette perspective, poursuit Serge Latouche (1998 :95-96) : « la standardisation des produits s’impose sous la pression du marché mondial, sinon par goût, et la discipline des gestes de travail est mise en œuvre par la machine. Toute la vie se trouve bouleversée par la raison industrielle : les rythmes, les modes et les finalités. Toutes limitée, freinée, bloquée qu’elle soit, comme dans la plupart des pays d’Afrique noire, une industrialisation se produit par « substitution d’habitudes de consommation ». Les produits et les usages traditionnels s’en trouvent détruits de manière irréversible. La logique de l’usine s’impose dans toutes les sphères de la société. »

    L’acceptation généralisée des normes occidentales, devenue référence dans les modes de faire mais aussi les modes de perception, aboutit à des échecs. En ce sens, les chemins du « développement » devaient passer nécessairement par la rupture avec les logiques et les pratiques dont on décrète la faillite et l’inefficacité dans l’ère de la communication des peuples marqués par l’évolution rapide des technologies. Pourtant, les principes généraux du « développement durable » insistent sur l’importance d’une collaboration volontaire des acteurs concernés par la réalisation d’un projet. C’est dans cette perspective, les experts à regard des enjeux de la durabilité que ces acteurs interprètent, chacun selon sa logique. Or, poursuit Zaccaï (2002) : « le développement durable aurait alors des effets parce qu’il nous oblige à penser ensemble plusieurs problèmes jusque-là disjoints. Plus profondément, le développement durable nous oblige à une réflexion politique, parce qu’il nous oblige à justifier à plusieurs égards, dans plusieurs registres et en nous référant à plusieurs échelles, à plusieurs sociétés. Il ouvre donc un espace politique nouveau. C’est donc une sorte d’heuristique politique dont nous ne savons pas encore vraiment comment nous en servir ».

    Dans le cadre du transfert de technique du Scandinave Water, les connaissances des populations locales n’ont pas été suffisamment interrogées et les acteurs locaux n’ont pas été réellement intégrés au projet et guère plus consultés. L’inadéquation entre les conditions d’élaboration du projet, notamment ses dimensions techniques (énergie, entretien, particulier se révèle rapidement. L’absence de consultation des populations concernées conduit à un désengagement de leur part, face à un outil qui est transplanté sans que les bénéficiaires aient eu le temps d’adapter leur manière de consommer et d’utiliser l’eau.

    Le transfert de technologie montre qu’il aggrave la dépendance des pays en développement et expose davantage les populations à la pauvreté (le budget de financement de ce transfert est puisé dans les caisses de l’Etat), aux risques sanitaires (retour aux sources anciennes et consommation de l’eau polluée). Par ailleurs, il accentue le réémergence des maladies endémiques d’origine hydrique (cécités des rivières, amibiase, typhoïde …) et génère les conflits sociaux : le choix du site de l’implantation de la station de pompage d’eau Scandinave Water est souvent l’objet de tensions entre les élites politiques – maires et députés – qui brandissent le projet comme une initiative personnelle pour solliciter les voix aux différents scrutins. Ces remarques rejoignent les critiques évoquées (Perrin, 1983 ; Ela, 2004) portant notamment sur la différence fondamentale des objectifs liés aux transferts de technologie. Ces auteurs insistent sur le fait que les firmes multinationales cherchent à atteindre certains objectifs (expansion, diversification, profits) qui ne sont pas nécessairement compatibles avec les préoccupations plus générales, sociales notamment, des pays en développement. Ces transferts de technologies sont de plus en plus proposés comme solution miracle au développement sans toutefois tenir compte des besoins exprimés par les populations. Ces transferts ne sont pas automatiquement accompagnés de procédures qui permettraient d’installer durablement ces techniques dans les territoires d’accueil. Ainsi, comme le montre le projet Scandinave Water, on peut constater une absence d’accompagnement dans le transfert des connaissances – à des fois sur le fonctionnement de l’outil lui-même, mais aussi sur les bénéfices attendus par les populations locales. Le processus de transformation/acquisition est long et complexe, et suppose là aussi de construire des procédures de formation, qui tiennent compte des spécificités locales (connaissances déjà existantes des responsables locaux : chefs du village et la compréhension des usages sociaux et culturels de l’eau, etc.). La connaissance ne se limite pas à l’information écrite ou orale, l’accès au savoir-faire est indispensable et reste le résultat, au cours des années, d’expériences positives, qui sont échangées entre les pourvoyeurs de cette technique et les acteurs locaux chargés d’en assurer le bon fonctionnement, ainsi que les habitants, premiers destinataires de cet outil.

    Les comportements et les pratiques culturelles des populations bamiléké ne sont pas systématiquement solubles dans la logique du « développement durable ». Les usages qu’ils ont développés avec l’eau n’étaient guère compatibles avec les nouvelles pratiques issues de l’abondance de l’eau produite avec le Scandinave Water. Dans cette culture, les rites médicaux ont lieu dans les cours d’eau. Ces rites effectués dans les cours d’eau permettent à l’eau ayant une valence de transport, d’emporter très loin les impuretés que l’on décharge du corps. A l’issue de l’entretien réalisé auprès d’un informateur, Mathieu Nana Ngongang, instituteur retraité, 53 ans, l’arrivée des technologies ne doit pas détourner les populations de leur culture, « la jeune génération ne doit pas perdre de vue les coutumes du village, l’eau apportée par le blanc (technologie) ne peut pas jouer le même rôle que les eaux du village. Les dieux du village habitent dans les cours d’eaux et si nous cessons de leur faire des rites, le village ira très mal. On doit utiliser l’eau du blanc quand il le faut, on peut boire l’eau du blanc si ça marchait et faire les sacrifices et les rites dans les chutes du village, chaque eau à son rôle ».

    Il se dégage de cette citation que les adultes incitent les jeunes à ne pas perdre de vue leurs propres valeurs culturelles. Ces valeurs ont existé bien avant l’arrivée des nouvelles technologies, il est donc hors de question que leur implantation ait l’ambition de s’opposer à la culture locale. L’eau du cours d’eau doit drainer l’impureté au loin pour qu’un autre membre du groupe ne se « contamine » pas, ne « porte pas la malchance/l’infortune » (ne ngna’a sué’é). En plus, les cours d’eau qui coulent sont les cadres des pratiques juridiques dans ce groupe ethnique. En effet, le rite du veuvage se pratique à l’eau en raison du pouvoir que comporte l’eau. Ce rite consiste à soumettre la femme devenue veuve à une épreuve pour déterminer si elle n’est pas responsable du décès de son conjoint. Le rite de veuvage qui a commencé dans la maison du défunt, auquel est soumise la veuve, aux yeux de proches parents, se termine dans un cours d’eau. La veuve est ainsi amenée dans un cours d’eau ayant une chute. Elle est placée à quelques mètres de la chute. Le ritualiste place entre ces jambes une calebasse magique (teto’o. kan) contenant des ingrédients du rite (vin de raphia, arbre de paix, cauris, poudre à canon, graines de jujube…). La femme répète des formules imprécatoires dictées par le ritualiste. A l’issue de cette répétition, les participants observent les mouvements de la calebasse. Si le courant d’eau n’emporte pas la calebasse et rôde entre ses pieds, la veuve est reconnue coupable des faits de soupçon sur la mort de son conjoint. Ces rites sont exécutés dans un cadre public précis, sous le regard d’un nombre réduit de témoins. L’eau du Scandinave Water ne pouvait contribuer à la réalisation de ce rite.

    Par ailleurs, dans le même contexte, l’eau est une substance empreinte du pouvoir des esprits. En milieu bamiléké, l’eau est considérée comme la demeure des esprits et des ancêtres. Dans presque toute la région, les points d’eau sont considérés comme les lieux sacrés, à l’intersection des sphères humaine et divine. L’eau est le milieu de vie des puissances surnaturelles (crocodiles, arc-en-ciel, serpent boa, grenouilles…), une extension du royaume des morts et des ancêtres. Les représentations de l’eau ainsi présentées soulignent l’évidence que cette ressource est un milieu où abondent les esprits et une substance alliée au monde des ancêtres. C’est pour cette raison que les eaux qui jaillissent du sol sont considérées comme venant du centre de la terre et envoyée par les divinités ou Dieu. Ce genre d’eau peut jaillir et couler à n’importe quel endroit de la concession familiale. Les esprits de l’eau sont aussi présents dans les chutes. Les récits de nos informateurs sur la force des ancêtres et les chutes d’eau sont fort étonnants. Ils soulignent les dangers que l’homme encourt en s’approchant sans un guide initié, chargé de parler à l’eau, aux esprits de l’eau et à indiquer les limites des zones permises et celles qui sont interdites de la chute. Ces récits donnent aussi à comprendre que la demeure des ancêtres en terre bamiléké est inviolable et sacrée. Dominique Mallaquais (2002) nous a présenté une description des chutes d’eau en ces termes : « les chutes d’eau sont habitées par des divinités protectrices des environs. C’est pourquoi à côté de chaque chute s’élèvent de petites cases, soigneusement entretenues, qui servent d’abris aux (dieux gardiens) de la chute. Les grandes rivières abritent aussi de nombreux (esprits… ceux-ci) habitent des grands villages, cachés dans le fond de la rivière. Quand la rivière déborde, on dit que ce sont les morts qui sont venus danser sur la terre. Quand un homme se noie, on dit que les morts ont voulu l’attirer et quand on ne retrouve pas son corps, que les morts l’ont emmené vivant dans leur village aquatique. »

    Complétons ce témoignage par la description des comportements de l’eau. Dans le village Bamena par exemple, lorsque l’eau de la rivière déborde, elle empêche les femmes de rentrer du champ. Elle déborde au niveau du pont et la traversée devient impossible. A plusieurs reprises, les eaux de rivière ont débordé empêchant les femmes et les enfants de vaquer librement à leurs préoccupations quotidiennes. Les analyses qui précèdent montrent que les cours d’eaux sont les lieux de résidences des esprits de l’eau. Or, certains endroits de ces cours d’eaux ont servi de point de canalisation. Ces constructions permettaient de retenir l’eau en quantité suffisante, y mettre un moteur, afin de la conduire dans l’aqueduc du Scandinave Water. Cette construction et les bruits du moteur en état de marche perturbaient considérablement la tranquillité des esprits de l’eau. Pour manifester leur mécontentement, les esprits de l’eau asséchaient les cours d’eaux et le pompage de l’eau devenait impossible.

    Dans ce contexte culturel, le « développement durable » sera confronté à de telles pratiques culturelles tout aussi durables, puisqu’elles se pratiquent de génération en génération. S’il est vrai que les rites de veuvage sont de plus en plus considérés comme un comportement anodin, les sanctions liées à la transgression de ce rite sont la cause des maladies, des infortunes dont sont victimes les individus de ce groupe ethnique.

    Après ce brillant exposé, des questions posées sont répondues par l’orateur du jour. Par exemple : Quelle différence faites-vous entre un projet de recherche et un projet de développement ? Cette question, selon l’orateur nécessite tout un autre débat, il faut organiser un autre séminaire pour y répondre.

    Dr. Peguy Ndonko
    Anthropologue
    Email : pegndonko@yahoo.fr

    Source: http://www.psycause.info/seminaire-n-9-psy-cause-cameroun-cas-du-projet-scandinave-water-au-cameroun/