Category: Société

  • Tradition: Le chef Bahouoc humanise le rite de veuvage

    chef-bahouocC’est inédit dans la tradition Bamiléké. Modifier le rite de veuvage, c’est le meilleur cadeau que pouvait offrir le chef Bahouoc aux femmes de sa communauté. En effet, se déchirer ses vêtements et s’enrouler au sol pour manifester sa douleur, dès l’annonce du décès de l’époux, ne pas se laver et rester avec le même vêtement pendant plusieurs jours, se coucher pendant des jours sur les feuilles de bananiers, manger avec une cuillère en bois qui ne se lave pas pendant des jours ou encore coucher avec un membre de la famille du défunt époux, sont quelques actes auxquels, la femme Bahouoc ne sera plus soumise. Contenu dans un nouveau code, sa majesté Roger Kemadjou, chef de ce village du département du Ndé dans la région de l’ouest, vient de le confirmer à Douala ce dimanche.

    Au cours d’une cérémonie riche en animations culturelles, une démonstration de ce rite qui, pensent certains, dégradait la femme a été faite. C’est donc une révolution dans une culture Bamiléké et précisément Bahouoc où les traditions sont sacrées et se respectent à la règle. Ces pratiques qui par le passé étaient obligatoires et incontournables, viennent de connaitre des amendements. Dans son article 9, l’étape de s’enrouler par terre et de se déchirer les vêtements devient facultative. Cependant, la veuve peut de manière symbolique déchirer un bout de son vêtement. Et pour se nourrir, elle le fera désormais à sa convenance, toutefois dans les conditions d’hygiène et de salubrité favorables, et il en sera de même pour son hygiène corporelle.

    Quelques modifications interviennent également à l’article 11. La femme dans la douleur de la perte de son conjoint, pourra opter pour un matelas ou une natte sur lequel elle peut dormir. Son témoignage au cours de l’enterrement se fera en toute liberté et toutes les brimades, injures et accusations injustifiées qui accompagnaient cet acte auparavant sont désormais interdites. Pour les femmes de ce village, c’est une révolution pour le respect de la dignité de la femme. D’ailleurs, cette modification nous dit-on, a été adoptée à la demande d’un groupe de femmes influentes de cette communauté. « On s’était rendu compte que les droits de la femme à travers ces rites étaient bafoués, on ne respectait pas la dignité de la femme. Un groupe de femmes s’est mobilisé et elles sont allées auprès du chef et avec le soutien des organismes internationaux, ils ont opté pour un code coutumier et c’est celui-ci qui sera mis en pratique désormais », précise une reine mère Bahouoc.

    Néanmoins quelques règles restent inchangées. A savoir, le rite de la consommation du plantain brûlé par la veuve et son fils ainé, et également le geste qui consiste à nettoyer la concession après les jours de neuvaine par un cousin, pour nous dit-on éloigner le deuil et la malédiction de la famille.
    Bonne soirée à tous.

    Texte et images: Ines Nzuimânto

  • Macabo 2015, la diaspora de France en force

    Le lien Diaspora-Développement en Afrique n’est plus à refaire. Dans un contexte économique mondial morose, nombre de villages et de contrées africains connaissent une véritable croissance et une progression de leur niveau de vie grâce à l’intervention économique de leurs migrants. Des modèles éprouvés font le tour des laboratoires universitaires, mais surtout des exemples concrets poussent d’autres villages comme le nôtre aux mêmes questionnements :

    « Et si les Bangoua de la diaspora étaient des acteurs de développement ? ».

    Telle une poupée russe, cette question à peine posée, soulève de centaines d’autres : Quelle diaspora Bangoua ? Le peuvent-ils ? Avec quels moyens ? Selon quel mode d’organisation ? Pour quels projets ? Avec qui ? Avec quels partenaires internes ? etc. autant d’interrogations qui exigent humilité dans la réflexion et commandent de ne pas céder à la facilité des solutions toutes faites venu de l’extérieur, si les Bangoua veulent construire un modèle de lien adapté à leur contexte particulier ; ni vache à lait, ni solution miracle.

    Saisir l’audience du festival du Macabo pour inviter les Bangoua de l’intérieur comme ceux de l’extérieur à une causerie fraternelle, à un échange d’idée sur ce sujet. Tel est l’objet de cette rencontre « DIASPORA ET DEVELOPPEMENT » organisée le jeudi 12 novembre 2015, dans la salle de conférence de la chefferie.

    Bien cordialement,

    TOUS LES INFORMATIONS :

    www.hibiscusinitiatives.simplesite.com

    www.bangoua.over-blog.com

    Page facebook : MACABO 2015, festival bangoua

  • PROGRAMME PROVISOIR DU FESTIVAL MACABO 2015

    Sous le haut parrainage de Son Honorable M. NIAT Marcel Président du SENAT

    SAMEDI 7 NOVEMBRE 2015: Ouverture du festival.

    • Culte œcuménique d’ouverture.
    • Ouverture de la foire.
    • Danses traditionnelles.
    • Lancement tournoi de foot ball et hanball (primaires et secondaires)
    • Animation sur podium sous la commission des affaires culturelles.

    DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015.

    • Culte libre dans les paroisses.
    • Election Miss macabo 2015.
    • Débats éducatifs sur les traditions avec les Chefs Supérieurs.
    • Animation sur podium sous la commission des affaires culturelles.

    LUNDI 09 NOVEMBRE 2015.

    • Foire exposition vente
    • Animation musicale des stands
    • Espace Mbororo.
    • Danse traditionnelle.
    • Animation sur podium sous la commission des affaires culturelles.

    MARDI 10 NOVEMBRE 2015.

    • Visite guidée des sites touristiques.
    • Exposition vente dans les stands.
    • Animation musicale des stands.
    • Danse traditionnelle.
    • Animation sur podium sous la Commission des affaires culturelles.

    MERCREDI 11 NOVEMBRE 2015.

    • Exposition vente dans les stands.
    • Animation musicale des stands.
    • Dégustation des mets traditionnels et européens.
    • Match des incollables avec les élèves des écoles de Bangoua à l’esplanade de la chefferie.
    • Danse traditionnelle.
    • Conférence sur podium

    JEUDI 12 NOVEMBRE 2015.

    • Exposition vente dans les stands
    • Animation musicale des stands.
    • Concours primé des arts plastiques.
    • Danses traditionnelles.
    • Finale Tournoi de football
    • Concours primé des chorales.

    VENDREDI 13 NOVEMBRE 2015.

    • Cross country primé.
    • Pèlerinage dans des sites touristiques et escale au campement des Bororos et à la mosquée de Bangoua
    • Visite familiale à Bangou
    • Exposition vente dans les stands.
    • Animation musicale des stands.
    • Dédicaces de la grammaire Bangoua
    • Dédicaces du guide touristique des chefferies du Ndé
    • Danse traditionnelle.
    • Show des artistes musiciens invités, intercalé des chanteurs en herbe Bangoua. (fresque).
    • Feu d’artifice.

    SAMEDI 14 NOVEMBRE 2015. Clôture du festival.

    • Mise en place des populations
    • Arrivée des invités
    • Arrivée des autorités
    • Arrivée des Chefs supérieurs invités et installation dans la loge royale.
    • Arrivée du Parrain du festival et installation dans la loge VIP.
    • Bain de foule de S.M. Le Roi des Bangoua.
    • Mot de bienvenue du Président du C.O.
    • Discours de S.M. le Roi des Bangoua.
    • Discours du Parrain
    • Défilé des délégations, groupes de danses, société secrète, délégations
    • Remise des prix aux gagnants des concours et compétitions.
    • Remise des cadeaux.
    • Exhibition des danses traditionnelles à tour de rôle.
    • Réception sur invitation
    • Exhibition de la danse Njouonkak
    • Restauration sur les sites prévus pour la population.
    • Réjouissance populaire

    Le Comité d’Organisation

  • Inauguration Projet d’eau par SE Ambassadrice de France au Cameroun – Bangoua 2015

    Rôle de la diaspora Bangoua dans la dynamique de développement local.

    inauguration Project d'eau Bangoua 2015A la mort de son pere , Anick Julio sait qu’il régnera . Il en est peut-être complexé mais le jeune heritier possède assurément une idée de son métier de Roi et des attentes que suscite son intronisation .Et ceux qui surent par la reconnaissance des signes qu´il portait á sa naissance, présiderent á son choix en 2001 comme le roi des Bangoua .

    Depuis lors, Sa Majesté n´a cessé de nous montrer le visage d´un monarque qui est au coeur de nos préoccupations tout en résistant avec douceur et fermeté aux differents déchainements .

    Ceux qui depuis ces dernieres années observent ses nombreuses initiatives soutenues par le peuple Bangoua , l´Etat du Cameroun et les partenaires au developpement , n´en finissent pas de s´interroger .

    Se bat -il pour lui meme? Pour sa famille ou pour le peuple Bangoua dont il est le guide ?

    Quel sécret git dans sa détermination rageuse de changer Bangoua ?

    Je ne me suis jamais servir de mots abstraits pour décrire sa vision pour Bangoua . Et comme témoins priviligié de l´histoire en marche , comme serviteur du roi, j´ai le devoir , compris comme devoir de mémoire de poser un regard analytique sur ce projet eau Bangoua receptionné par le Gouverneur de la Région de l´Ouest et l´Ambassadrice de France au Cameroun le mercredi 30 septembre 2015 .

    Allons nous revenir sur les ratés, les manques, les erreurs , les incomprehensions , le sabotage du projet , les nombreux rapports rédigés dans une dynamique de motivation impures pour discrediter les acteurs de ce projet ?

    Tous les obstacles rencontrés dans la marche pour l´eau potable dans tous les robinets de Bangoua n´ont donné plus que de connaissances; une sorte de solidité , un point d´appui pour solliciter davantage le soutien de l´Etat , des partenaires et d e la diaspora .

    La présence de son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Région de l´Ouest ä Bangoua le 30 septembre marque la reconnaissance et le soutien de l´Etat du Cameroun au peuple Bangoua , ä la diaspora, dans cette dynamique de coopération internationale pour le developpement local participatif . Une présence qui interpelle les fils et filles Bangoua ä plus de responsabilité .

    Nous y reviendrons

    Debangoua Tchatchouang

  • LE MACABO 2015, LA DIASPORA SE PRÉPARE

    ET SI ON PREPARAIT LES VALISES……

    A l’occasion de la 65ieme édition de la fête du MACABO 2015 qui se déroulera du 5 au 14 novembre 2015, à BANGOUA, Village de l’OUEST Cameroun, la diaspora BANGOUA de France prépare son déplacement .

    Venez découvrir le contenu des bagages de la délégation : « Macabo 2015, avec la diaspora ça vaut le détour ».

    Le DIMANCHE 11 OCTOBRE 2015

    A la salle polyvalente Jacques Cocteau – 77 OZOIR LA FERRIERE
    de 15h – 19h

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    Source: bangoua.over-blog.com

  • La fête du Macabo 2015: une offre adaptée à la nouvelle demande touristique

    festival-medumbaLa fête du Macabo vise á mettre en relation les différentes cultures du Cameroun et leur donner un espace d´échange et de dialogue interculturel, susciter une dynamique d´échange international et faire de notre pays, une destination touristique et culturelle de choix.

    Doyens des festivals dans la Région de l´Ouest, la fête du macabo, la fête du macabo fait partir parmi les 05 premiers festivals les plus populaires du Cameroun. Son caractère populaire en fait une locomotive pour le développement et le rayonnement de la culture.

    Pour l´édition de cette année, les organisateurs proposent un programme riche et varié et ouvert sur le monde , l´occasion pour mettre en valeur l´initiative royale, fédérer les bonnes volontés et collecter les fonds pour soutenir les projets en cours .

    Ces dernières années, Bangoua a connu un essor important et s´est transformé en l´un des villages culturel les plus attractifs de l´Ouest-Cameroun. Cet accomplissement est le résultat d´une politique culturelle dynamique qui a entrepris une série d´action pour mettre en valeur le patrimoine culturel du village et le diffuser. Dans cette démarche, la fête du macabo a joué un rôle majeur en suscitant un dynamisme qui a bouleversé le paysage culturel.

    Ayant attiré plus de 1000 visiteurs en 2011, la fête du macabo se trouve dans une nouvelle période de croissance. Après 2 édition depuis l’arrivée au trône du jeune monarque, il se projette dans le futur en attaquant de front l´instabilité financière dans laquelle le comité d´organisation est toujours sujet, ainsi qu´au besoin de se renouveler tout en conservant sa qualité et sa notoriété. La fête du macabo exerce une série d´impact sur le village .Au niveau artistique, il encourage la création et l´innovation et favorise l´éclosion des jeunes talents.

    Sur le plan touristique, la fête du macabo attire un grand nombre de visiteurs, il donne un grand coup de projecteur sur l´image de la chefferie Bangoua accueillant un festival réussi et la notoriété qu´elle en retire joue un rôle déterminant concernant l´attractivité touristique du village et de la région et suscite, qui plus est, l´intérêt des entreprises et des investisseurs. En outre, ce dynamisme et cette valeur ajoutée permettent de retenir les jeunes sur le territoire, voire d´en attirer de nouveaux.

    Sur le plan social, la fête du macabo apporte à Bangoua le renouvellement du tissu social en favorisant les échanges culturels et les rencontres, en éduquant le public et en mobilisant l´esprit créatif des populations avec les spectacles proposés.

    Cette fête qui ne suscitait pas jusque là une analyse profonde est devenue au fil des temps une véritable offre touristique. Ceci grâce à une grande campagne de promotion dans les salons et salons de tourisme en Europe.

    Debangoua Tchatchouang (Icibangoua.net)

  • Patrimoine Ndé et les regards du monde

    Symbole de notre histoire, incarnation de nos us et coutumes, la chefferie traditionnelle fait partie de ces incontournables qui attirent chaque année, des milliers de touristes au Cameroun.
    Le temps de feuiller ce guide, c’est bien la chefferie traditionnelle dans son ensemble qui change sous nos yeux. La conscience collective des valeurs patrimoniales progresse au sein de nos différentes collectivités locales. Les efforts significatifs sont accomplis et, les populations gagnent de plus en maturité et s´impliquent davantage dans les efforts de préservation, de gestion et de promotion de leurs richesses.
    Contribuer à une meilleure connaissance de ce patrimoine, intégrer sa préservation au développement, accroître l´attractivité touristique du territoire, tels sont les principes sur lesquels, cet ouvrage se fonde.

    Tout comme l´artiste est le produit de tout ce qu´il a vu, entendu et vécu, ce guide, retrace une aventure personnelle dans les arcanes des chefferies traditionnelles du Ndé.

    Découvrir les chefferies traditionnelles du Ndé, c´est peut être suivre des parcours passionnants et érudits, mais aussi tout simplement, lever les yeux et reconnaître des signes du progrès social, par-delà, apprécié les efforts de nos rois pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel.

    Deux années furent nécessaires à l´élaboration de cet ouvrage. Il rassemble et compile une somme de symbolisme et de photos sur l´ensemble des 13 chefferies de notre Département. Au travers des 150 pages de ce nouveau guide et des 200 photos inédites, le lecteur retrouvera avec plaisir et charme, la diversité du patrimoine culturel des chefferies traditionnelles du Ndé.
    Ce patrimoine modeste ou prestigieux, porte avant tout, au travers des siècles, des témoignages émouvants, des souffrances, des rêves et des espérances des générations qui nous ont précédés.

    Objets d´arts, forêts sacrées, peintures, architectures, rituels, festivals, rites initiatiques, cérémonies funéraires, culte de crâne… cette richesse a une grande influence sur les esprits des habitants, elle est avant tout l´expression de leur histoire.
    Ce magazine n’a nullement l’intention de tout dire, de tout montrer de nos chefferies traditionnelles. Il s’efforce de livrer les clés sous la forme d´un guide qui permettra au lecteur-voyageur non seulement d´identifier et de comprendre l´importance de la valorisation de ce patrimoine pour le développement, mais aussi à mieux appréhender l´identité du peuple Medumba, ses légendes, ses croyances, ses coutumes. Cette société traditionnelle où le sacré et le profane se mêlent en chaque geste, en chaque pensée.

    Pour précis et remarquable que paraisse ce travail collectif, il comporte néanmoins des oublis et des faiblesses. Nous restons à votre écoute tant par les imperfections qu’il vous sera donné de relever que pour toutes vos suggestions dont la prochaine édition ne saurait manquer de s’enrichir.
    Nous souhaitons que ce guide puisse donner à chaque lecteur, la motivation de découvrir ou de redécouvrir nos chefferies traditionnelles et leurs richesses. Aussi, qu’il suscite en chacun un désir de contribuer pour une meilleure sauvegarde de ce patrimoine vers lequel, les regards du monde se tournent.

    Nous vous en souhaitons bonne lecture.

    Debangoua Tchatchouang

  • Bangoua: les coulisses d´une histoire

    chute-bangouaParmi les destinations touristiques à l´Ouest-Cameroun dont la découverte ne peut être complète sans un authentique accompagnement culturel, Bangoua est une destination privilégiée. Entre légendes et histoires, dévotion et soumission, Bangoua, recèle maints visages aux multiples énigmes. Nous sommes dans le département du Ndé. L´écrin naturel de cette région endormie stimule l´imagination. Entre les forêts sacrées, on aperçoit régulièrement les toits pyramidaux des chefferies. Les chefferies traditionnelles sont l’âme de cette région, avec leurs légendes et leur histoire, leurs rois polygames et leurs sociétés secrètes, leurs rites de succession, leurs cérémonies publiques et leurs mystères. Avec sa légendaire tradition d’accueil, son art pictural, sa culture authentique et envoûtante, la variété de son paysage, son musée, ses chutes, ses grottes, ses rites initiatiques et cérémonies funéraires, Bangoua bénéficie d’un potentiel touristique extraordinaire à découvrir.

    Véritable conservatoire d´arts et d´histoire, d´une incroyable diversité, Bangoua fonde son identité sur des mythes et légendes qui en font une chefferie fascinante. En parcourant le village, on tombe sous le charme d’un roi à l´hospitalité légendaire. On s’extasie devant la somptuosité du palais royal. Certains monuments du palais ont payé le prix fort à la violente logique des guerres de libération entretenue dans un affreux tourbillon destructif. Fort heureusement des adversaires, un peuple de guerrier, ont ressui à voler avec succès au secours de ce patrimoine. Les autres beaucoup moins touchés, ont pu être restaurés et réhabilités. Quoi qu´il en soit cette considérable richesse passionne.

    Cette chefferie complexe, riche d’une très longue histoire mériterait sans nul doute une description plus exhaustive. Nous laissons cette tache aux bons souhaits d’auteurs plus érudits. Ici comme ailleurs, il faut être attentif aux récits de la fondation de cette chefferie. Fo´o jockvup: Un nom, une légende, un destin. Au départ, il terrasse un monstre, il trace un périmètre, il se met à labourer, il fonde une dynastie et sort de la forêt pour échapper aux bêtes, et surtout pour se distinguer d’elles, mais sans tout à fait se séparer. Alors l´exposé de Honoré Tchatchouang, Directeur du musée Bangoua, peut enchanter les mémoires et se transmettre sans fin. Pas besoin que ce soit au mot près, si l’essentiel est dit. La chefferie Bangoua est fondée par un chasseur nommé Fo´o Djockvup.

    chef-conferenceMais quelle fascination devant la richesse de ce patrimoine que la nostalgie de l´homme moderne nomme authenticité!
    De génération en génération, les rois qui passent au Palais royal de Bangoua , exploitent les mêmes connaissances, véhiculent les mêmes messages, défendent les mêmes valeurs. Le souverain de ce palais mythique a diverses responsabilités dont la plus importante est la protection du peuple et de ses biens. Et si le jeune roi actuel tout comme ses prédécesseurs est sommé de vivre en contre bas , c’est que ses allées et venues ne doivent pas être exposées à la vue de tous, c’est aussi qu’il doit être à l’orée du bois sacré dont il est le gardien. La chefferie Bangoua ce sont les villageois et les élites qui la font vivre. D’abord en offrant des cochons, des chèvres, des meilleures récoltes, du bois ou des journées de travail pour réparer un mur ou refaire un toit, ensuite parce que les notables assistent le roi par le biais des sociétés secrètes, enfin parce qu’une élite, au sens propre du terme, joue le rôle d’un conseil élargi.

    La contrepartie, c’est que le jeune monarque éclaire les habitants, règle des problèmes pour eux, joue son rôle en appliquant le droit coutumier, recherche des partenaires et des financements pour les projets d´amélioration des conditions de vie, défend les intérêts des populations auprès de l´Etat et des politiciens, trouve des emplois pour les jeunes, organise des activités pour les distraire et les accompagner dans le choix de la responsabilité.

    En tout cas, il sait donner une dimension émotionnelle à son métier de roi. Il se doit aussi de maintenir la chefferie dans tous ses droits, immunités et privilèges. Par devoir d´un bon roi, il est obligé de soulager son peuple. Entouré des serviteurs et des élites forts capables d´une entière fidélité, il lui revient encore de discerner à quoi chacun d´eux est propre pour les employer selon leurs talents tout en prenant garde que chacun d´eux soit persuadé qu´il a le dernier mot.

    Debangoua Tchatchouang (IciBangoua – Germany).

  • Gouvernance universitaire: 70% des étudiants ignorent leurs droits

    C’est l’un des résultats de l’enquête menée dans les six universités d’Etat grâce au soutien du programme d’appui à la société civile.

    Moins d’un étudiant sur quatre est au courant de l’existence d’une antenne locale de la brigade spéciale chargée de veiller au respect de la règlementation des loyers des logements étudiants. Et ceci est valable dans la quasi-totalité des six universités d’Etat. Pourtant, l’arrêté du 30 juin 2005 précise les modalités de classement des logements ; de paiement des loyers ainsi qu’au règlement des différends entre bailleurs et locataires dans les zones de résidence universitaire. C’est, entre autres, l’un des pans des résultats de l’enquête menée en mars 2015, par l’association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec), portant sur la participation des étudiants à la promotion de la bonne gouvernance au sein du système universitaire public actuel du Cameroun. Autre ignorance, le droit que confère le paiement des droits universitaires.

    la-file-dattente-est-bien-longue-devant-le-rectorat-de-luniversité-de-MarouaSuivant le décret présidentiel n° 93/033 du 19 janvier 1993 fixant les taux de paiement des droits universitaires, lesdits droits donnent droit à une assurance-étudiant. Or, seuls 30% des étudiants interrogés dans nos six universités ont connaissance de l’existence d’un tel droit. Selon les résultats de l’enquête, cette faible appropriation est davantage visible chez les étudiants des universités de Ngaoundéré, de Yaoundé I, II et de Douala. Pour ceux des étudiants conscients de l’existence de ce droit la plupart indique ce droit n’est pas appliqué. Concernant la gestion universitaire, les étudiants ne sont pas plus avisés. Plus de quatre étudiants sur cinq ignorent la date de la tenue de la dernière session du conseil d’administration de l’université et encore moins ses conclusions. Cette méconnaissance s’observe également, lorsqu’il est question de s’informer sur le budget de l’université ou des établissements.

    Aussi l’enquête qui a été conduite grâce au soutien du programme d’appui à la société civile, permet de relever six volets pour lesquels les étudiants affichent leurs insatisfactions. Il s’agit, du matériel didactique d’enseignement ; des équipements des laboratoires ; des équipements des salles informatiques ; de l’accès internet sur l’ensemble du campus ; du restaurant universitaire et de la capacité d’accueil des amphis. D’après l’Addec, l’enquête s’est effectuée sur un échantillon de près de 1 200 étudiants tirés de manière raisonnée, et repartis de façon quasi uniforme entre six universités d’Etat. « Ce document permet de se faire une idée sur plusieurs pans de la vie estudiantine telles que l’accès et les conditions de formation à l’université, le logement étudiant et enfin la gouvernance universitaire », a expliqué Eric Stève Mbouyou Tamo, consultant.

    Luc Justin Kamguia, 237online.com

  • Fin des visas Cemac: Les dignitaires de l’Afrique centrale ont validé la libre circulation des personnes et des biens

    CEMAC221214400Pierre Moussa le président de la Commission de la Cemac avait pris place le premier dans  » l’auditorium ».

    C’est une grande salle en forme d’amphithéâtre. Elle est logée au Palais de la Rénovation, le siège de la présidence de la République situé au Boulevard de bord de mer à Libreville. Le président de la Commission a été aussitôt rejoint par le maître des lieux, Ali Bongo Ondimba, le chef de l’Etat gabonais et président en exercice de la Cemac. Il lui reviendra alors de prononcer son discours et d’ouvrir des travaux de la conférence des chefs d’Etat de la Cemac le 05 mai dernier.
L’ambiance du jour n’est pas des plus détendues. Le président Idriss Deby Itno souriant en d’autres circonstances, déride à peine son visage. Il lève néanmoins sa main pour saluer la foule bigarrée venue l’acclamer. Il a revêtu la traditionnelle tenue nationale du Tchad: boubou immaculé, bonnet et chéchia de même couleur blanche.

    Feront ensuite leur entrée, les présidents Denis Sassou-Nguesso du Congo, Obiang Nguema de Guinée Équatoriale. Mme Catherine Sanga-Panza ne pouvant effectuer le déplacement de Libreville en raison du forum pour la réconciliation nationale qui se tient dans son pays, elle a dépêché à ce sommet son Premier ministre Mahamat Kamoun. Ce « bleu » des rencontres de ce niveau parvenait à peine à dissimuler son embarras de se retrouver là. Ancien directeur général des Impôts sous Bozizé, puis ministre des Finances sous Samba-Panza, son baptême de feu brusque n’aura pas été des plus reluisants.
En effet, Denis Sassou-Nguesso ne cachait pas son irritation de constater que c’est toujours les mêmes qui se retrouvent quand il faut penser les problèmes de la sous-région. À peine regardait-il Ayang Luc qu’il avait déjà croisé à l’ouverture du forum pour la réconciliation de la Rca à Bangui et à qui le chef de l’Etat du Cameroun avait demandé de poursuivre son voyage à Libreville afin de le représenter à la conférence de chef d’Etat de la Cemac.

    Un conseiller du chef de l’Etat du Congo traduit en aparté le courroux de son chef: « Les absences de certains (sic) à nos rencontres ne me gênent pas. Mais il faudrait que ceux qui sont chargés de les représenter, disposent au moins d’un vrai mandat… ». On n’a pas besoin d’un dessin pour identifier ces absents aux représentants sans mandat dont parle Sassou-Nguesso.
Il était 12h lorsque les quatre chefs d’Etat et les deux représentants du Cameroun s’enferment à l’auditorium du Palais de la Rénovation. Aucune nouvelle ne filtre de leurs débats. Il est 17h lorsque le Chef de l’Etat du Tchad sort de ce conclave. Il ne dit mot à la presse. Il s’engouffre dans sa limousine, direction aéroport Léon Mba de Libreville. Obiang Nguema lui emboîte le pas quelque minute après. Le reste des membres du huis clos sortira de la même façon. Il n’y aura ni la traditionnelle conférence de presse, ni la lecture du communiqué final sanctionnant la fin des travaux des chefs d’Etat.

    Celui-ci sera rédigé presque à l’emporte pièce en début de soirée et lu sur les ondes de la radio et télé nationale du Gabon avant d’être publié sur le site de la présidence de la République.
Après ces départs un peu à la « sauve qui peut », les commissaires du gouvernement de la Cemac distillent à leur tour quelques informations sur le climat ayant sous-tendu les discussions des chefs d’Etat. On apprendra ainsi que le président Ali Bongo voulait conserver définitivement le siège de la Cemac à Libreville. La Commission avait été en effet délocalisée de Libreville suite à la guerre qui sévissait en Rca. Pendant ses deux ans d’exile au bord de mer, le gouvernement de la Commission occupait l’immeuble de « Gabon Telecom », or depuis six ans, cet immeuble était devenu par achat la propriété du Maroc.
Obiang Nguema s’est offert de loger la Commission à Malabo. Un de ses ministres de justifier: « Nous avons des immeubles inoccupés…

    Nous les offrons sans contre partie à la Cemac », a-t-il révélé. Tout le monde qui voyait le Cameroun en position d’arbitre, ne s’est pas prononcé, Ayang Luc n’ayant reçu aucun mandat pour postuler à héberger la Cemac.
L’information la plus éclatante est celle qui apparaîtra dans le communiqué de presse que les chefs d’Etat ont autorisé Pierre Moussa à publier: « les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire ont décidé d’autoriser immédiatement la libre circulation des citoyens de la sous région dans les six pays de la CEMAC ». …

    La Conférence a décidé de l’application immédiate de l’Acte additionnel y relatif sur l’ensemble du territoire de la Cemac. A cet effet, « les ressortissants des pays de la Cemac sont autorisés à circuler sans visa, à l’intérieur du territoire communautaire, munis soit de la carte d’identité biométrique, soit du passeport biométrique, soit du passeport CEMAC biométrique homologué », a précisé le communiqué du 12ème sommet des chefs d’Etat de la CEMAC tenu en présence de 4 des 6 chefs d’Etat des pays membres.
Nous croyons que cette fois, ce ne sera plus le gag d’il y a deux ans. Dans la même salle de conférence de l’hôtel le Nomade à Libreville, Pierre Moussa alors fraîchement désigné à la tête de la Commission, il avait annoncé la même « libre circulation » des hommes et des biens dans le territoire de la Cemac. Il fut corrigé le lendemain par les chefs d’Etat du Gabon et de Guinée Équatoriale. We can wait for see !

    Sources: mutation.com