Category: Société

  • QUE RETENIR DE LA VISITE DU SOUS PRÉFET DE L’ARRONDISSEMENT DE BANGANGTÉ À BANGOUA?

    De la visite du Sous Préfet de l’arrondissement de Bangangté (BAMDJA DJOH Aurélien) ce 29 janvier 2018 dans le groupement Bangoua, nous retiendrons quelques éléments importants tels:

    1) Les doléances seront transmis à qui de droit (érection du groupement en Arrondissement, création d’une école publique Bilingue à Baloué, passage du CES de BANGOUA Sud en Lycée bilingue…)

    2) Instruction itérative à la mairie de Bangangté d’inscrire le problème de l’eau à Bangoua dans son programme de campagne 2018

    3) Création par arrêté d’un cimetière dans un site isolé et retiré pour inhumer les personnalités qui n’ont pas construit au village. A défaut de la construction par sa descendance d’une maison familiale avant toute inhumation

    4) Le retrait de l’arrêté de désignation du titre traditionnel de chef de 3e degré à tout concerné qui ne reconnaîtrait pas l’autorité du chef supérieur Roi des BANGOUA qui reste le seul et unique 5porte parole de ses populations auprès de l’administration.

    5) La recommandation des mariages interculturels entre les Bororo notamment et les Bangoua afin de favoriser le vivre ensemble différent

    Rendez-vous est pris pour une autre descente relativement à la limitation des espaces. ???

    C’est dans une ambiance emprunte de chaleur et de convivialité que le représentant du chef de l’État dans l’arrondissement de Bangangté à foulé le sol de BANGOUA dans le cadre de sa tournée d’animation socioculturelle et de prise de contact.

    Initiée sur l’ensemble de son territoire de commandement, la descente sur BANGOUA cet après midi fait suite à la visite en matinée dans le groupement de Banga-Fokam.

    Quatre articulations majeures ont ponctué la cérémonie.

    1) La phase des allocutions a vu se succéder au micro,
    D’abord Sa Majesté le Roi, en guise de mot de bienvenue et remerciements et de doléances,

    Ensuite, le president du Comité National de Développement BANGOUA (Conadeb) qui a entretenu l’assistance sur les missions, les actions, les réalisations et les attentes de celui-ci par rapport à l’État.

    Enfin, le discours très salué de l’Hôte du jour originaire de la région de l’Est qui a reçu un bain de foule à la suite de sa surprenante salutation Ngo’ou Nwhõ’o à l’entame de son propos liminaire.
    Il a sollicité pour amuser la galerie continuer de s’exprimer en langue la prochaine fois à condition de repartir de BANGOUA avec dit il une jolie fille du terroir qui pourra lui apprendre à parler le patois à 4h du matin. ???

    Sa détermination de voir le groupement se construire est sans réserve.
    Les élites en plus de leur grattes ciel dans les grandes métropoles doivent impérativement retourner construire dans leur fief pour booster le développement local et se donner les chances d’avoir les locaux pouvant abriter les services sollicités de l’arrondissement le moment venu.

    Le 2e temps fort a été celui des animations par le groupe de danse de la chefferie, les femmes rurales, les la section femme du parti des flammes…

    Le 3e épisode a été ponctué par la visite guidée de la case patrimoniale de BANGOUA (musée communautaire) suivi de la photo de famille.

    Le 4e acte qui a constitué le clou des manifestations a été le repas festif offert par le peuple de Djiok Vup à monsieur le chef de terre et sa suite.
    S’en est suivi les réjouissances populaires dans les quartier tel qu’indiquait le programme officiel de la cérémonie.

    Maximin KOUAMOU (Homme Intègre)

    Master en Stratégie, Juriste et Communicateur.
    Contact: maxim12bonr@yahoo.fr

  • Fôdjack Nounguep Adolph fait « Prince devant l’Éternel » le 23 Décembre 2017

    Devant Dieu et devant les hommes, l’ouvrier de la onzième heure, recevant le même salaire que ceux de la première heure.

    La cérémonie à été très courue le samedi 23 Décembre 2017 à Bangoua sur le site en chantier de la Mission catholique.
    Des délégations venues de toutes part pour assister et témoigner le virage chrétien et le visage renaissant de Fôdjack Nounguep Adolph qui a été fait « Prince devant l’Éternel » de par les eaux du baptême qui lui a été administré par un collège de 7 prêtres dont le nombre assez impressionnant n’avait d’égal que la grandeur de l’homme.

    Trois Majestés pour venir soutenir le digne ambassadeur de BANGOUA et du Ndé dans la métropole de Yaoundé et ses environs. (Roi des Bangoua, des Bazou et des Bahouock).
    Le conseil Supérieur du Ndé dont il a servi et tracé le chemin une trentaine d’années durant lui a témoigné toute sa gratuite en lui décernant une reconnaissance pour les bons et loyaux services rendu avec maestria à la communauté des 13 villages du Ndé.

    L’action à été relayée par Sa Majesté Annick Djampou Roi des BANGOUA qui lui a offert une canne sculptée accompagnée des propos très applaudits.

    Fait Grand Conseiller à la cours Royal, le fonctionnaire hors échelle de la diplomatie traditionnelle a été appelé à rejoindre la cours des élus en s’invitant au banquet de l’agneau pour prendre part au cours et au sang du Christ pour la toute première fois.

    Les populations venus l’assister n’ont pas tari de dans et de cadeaux à l’endroit du « né de nouveau » et l’ont fait encourager aux côtés de son parrain à garder cette foi vive et toujours allumée.

    D’un site entièrement terrassé pour abriter la future Église, les routes Nkoupkouck- Mveu ont été liées par les bons offices de l’hôte du jour qui dans le même temps et à l’aide d’engins lourds, a ouvert la route Nkoupkouck- Ndeptoup que nous avons âprement emprunté pour un bain de foule et un agape offert à l’assistance.

    Vivement que l’exemple soit suivi par ses congénères pour que le nom de l’Éternel soit grandît et honoré à Bangoua.

    Par Maximin KOUAMOU
    Homme Intègre

  • Des spécialistes en Electroencéphalogramme et en Electromyogramme à l’hôpital Bangoua du 31 Janvier au 02 Février 2018 communique le Docteur Nana.

    Le Directeur de l’hôpital protestant de Bangwa a le plaisir d’annoncer à la population qu’une équipe de médecins français, constituée de plusieurs spécialistes en neurologie, d’un chirurgien de la main, d’un médecin anesthésiste réanimateur et des spécialistes en EEG (Electroencéphalogramme) et en EMG (Electromyogramme)  séjournera à l’Hôpital Protestant de Bangwa du 31 janvier au 02 février 2018 inclus.

    Cette opportunité s’offre aux patients présentant des pathologies neurologiques(l’épilepsie, la maladie d’Alzheimer et d’autres démences, les maladies cérébro-vasculaires, y compris l’accident vasculaire cérébral, la migraine et autres céphalées, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, les infections du système nerveux, les troubles traumatiques du système nerveux tels que les traumatismes crâniens, et les troubles neurologiques liés à la malnutrition)

    Également pour des patients ayant des problèmes nécessitant la chirurgie au niveau de la main (syndrome du tunnel carpien, plaie de la main, doit à ressort, lésions graves du carpe, le doigt à gâchette…)

    Une présélection des patients est faite aux numéros : 670 370 948 – 691 461 875– 651 168 861

     

    Bonne et Heureuse année 2018

    Fait à Bangwa, le 02 Janvier 2018

    Le Directeur

    Dr NANA Martial Noël (MD)

  • Coopération Cameroun-Allemagne, 23 Novembre 2017 au Kamerun Haus Berlin

    Visite de travail de Monsieur Frank Mückisch, l´élu du parti CDU en charge de la Culture, de l´Education, du Sport et des Affaires sociales de la ville de Steglitz Zehlendorf à Kamerun Haus le 23 Septembre 2018
    A l´invitation de Sa Majesté le Roi des Bangoua, Co fondateur et Administrateur Général de Kamerun Haus-Berlin, Monsieur Frank Mückisch, l´élu du parti CDU en charge de la Culture, de l´Education, du Sport et des Affaires sociales de la Steglitz Zehlendorf sera en visite de travail à Kamerun Haus, Lepsiusstr 69, 12163 Berlin, Le 23 Novembre 2017 á 15 h

    Cette première visite de l´élu du parti CDU à Kamerun Haus s´inscrit dans le cadre des contacts réguliers et des échanges qui ont eu entre Kamerun Haus et la Mairie de Steglitz Zehlendorf.

    Les discussions entre les deux personnalités porteront avant tout sur les défis auxquels Kamerun Haus est confronté et sur la façon dont la Ville de Steglitz Zehlendorf pourra au mieux accompagner cette initiative privée qui contribue au renforcement la coopération culturelle, économique et sociale entre le Cameroun et l´Allemagne.
    En marge de cette visite, Sa Majesté le roi des Bangoua tiendra une conférence de presse á partir de 17 h dans la salle d´exposition de Kamerun Haus suivi de la dédicace du livre A la gloire de nos Rois
    Kamerun Haus-Berlin a ouvert officiellement ses portes le 10 Mars 2017 Sous le parrainage de l´Ambassadeur du Cameroun en Allemagne et en présence du Roi des Bangoua.

    Ce centre culturel privé camerounais de Berlin qui suscite déjà un immense intérêt dans la commune a accueilli déjà près de 712visiteurs et devient ainsi l´un des lieux de rencontre, de débats, de découverte et de divertissement de la ville de Steglitz Zehlendorf.

  • DIASPORA BANGOUA D’EUROPE: UNE JEUNESSE CONSCIENTE ET DYNAMIQUE

    Celles que nous avions pu fréquenter et côtoyer sont membres de plusieurs associations, donc l’objectif d’adhésion est d’apporter leur savoir et savoir-faire pour le développement du groupement Bangoua et son rayonnement sur la scène internationale. L’AEBE entendez par Action des Enfants Bangoua d’Europe, qui a vu le jour en Novembre 2016 regroupe en son sein les jeunes de l’Europe du Nord et de l’Est. Cette association à pour devise Action Développement Solidarité. Et pour cette édition du festival macabo, elle a décidé de primer l’excellence scolaire dans quelques écoles primaires du groupement Bangoua tout comme Hibiscus. Hibiscus est une association tenue par Mefô Pouokreuh Pegang Caroline qui a initié cet automne à Paris une levée de fonds pour venir en aide aux écoles du groupement. C’est dire que la jeunesse consciente Bangoua à compris «qu’un enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne» Les actions de Hibiscus ces cinq dernières années en matière de développement sont louables. Une autre jeunesse en donc l’objectif est porté sur le développement du groupement Bangoua est celle de Paris dénommé jeunesse Bangoua de Paris. Selon la feuille de route, les actions à mener sont pour 2019 à l’occasion de la fête du festival.

    Le rayonnement du groupement Bangoua sur la scène internationale est tenu de main de maître par wafô Tchatchouang Debangoua le grand. Initiateur et administrateur général de Kamerun Haus Berlin, la maison de la culture camerounaise à Berlin, qui se veut d’être le portail de notre identité culturelle nationale, de notre patrimoine matériel et immatériel, qui plonge le touriste dans notre univers traditionnel avant de lui déclencher le goût de faire le déplacement en direction du Cameroun et à Bangoua en particulier.

    C’est ainsi qu’une maison de la culture est annoncée en ouverture à Paris par un autre digne fils Bangoua. Preuve que la culture est aussi le moteur de développement et le groupement Bangoua l’as compris depuis, avec la présence de Sa Majesté à chaque édition du plus grand salon mondial du Tourisme à Berlin, ITB donc Kamerun Haus est la principale retombée. La dynamique de la jeunesse Bangoua que l’on retrouve à Paris est fédérer au sein de l’A.D.J (Avenir Des Jeunes) Boîte d’intérim qui offre des prestations de services, emploi en majorité les jeunes Bangoua. Dirigée par le jeune Cadre et Entrepreneur DJAMPOU Clovis, ses actions de développement et celle de la génération consciente, la génération montante qu’il conduit commencent à être palpables à Bangoua, et 2019 sera l’apothéose

    Landry Tchatchouang (Paris-France)

  • Macabo 2017 Agronomiquement par Frederic Ngansop, Ingénieur Agro-zootechnicien, Professeur des Lycées Techniques d’Agriculture

    L’immense histoire de la cosmogonie BANGWA nous apprend que FOH NONO TCHOUTOUO, célèbre fondateur de la fête du MACABO et arrière-grand-père du Roi actuel FOH DJAMPOU TCHATCHOUANG Anick Julio, fut déporté à Dschang (Chefferie Foto) par l’administration coloniale de l’époque le 18 Décembre 1931. Il y séjourna pendant 18 ans de sa vie, loin de son peuple ! Pourquoi donc MACABO !!!??? Pourquoi pas PATATE !!!??? Pourquoi pas MANIOC… !!!??? Un éclaircissement mérité d’être apporté ! Quoiqu’il en soit, il se dit que ceux qui avaient œuvré pour le retour d’exil de FOH NONO TCHOUTOUO étaient des fils et filles BANGOUA alors basés dans le Moungo et qu’ils lui apportaient constamment du MACABO durant cette période de déportation ! Il leur fut reconnaissant et leur aurait donné le nom de ‘’Peuh MAKABOU’’ c’est-à-dire ‘’Les gens du MACABO’’. Dès son retour, il célébra la première édition du MACABO en Février 1949. Dès lors, cette fête est restée une identité, mieux un patrimoine historique pour les Bangoua.

    En cette célébration du MACABO 2017, il nous a semblé utile et même nécessaire de retracer cet historique synoptique, qui pour nous est une transition vers cette denrée dont le nom à lui seul reste et restera fort évocateur pour nous les Bangoua. En effet, au fil des célébrations de cette grande kermesse culturelle, l’aspect agronomique de ce tubercule semble être mis en marge.

    Le macabo (Xanthosoma sagittifolium (L.)) est un tubercule très apprécié et consommé par les populations du Cameroun en général et Bamiléké en particulier.  Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, à Bangoua, le macabo a toujours joué les seconds rôles dans les exploitations agricoles. Il est presque toujours associé aux autres cultures (maïs, haricot, arachide…). En monoculture, il donne de bons rendements. Sa culture requiert pour ce fait un climat chaud et humide, une température au delà de 20°C, une pluviosité entre 1500 et 2000 mm/an et un minimum d’ombrage. De plus, le sol doit être profond, léger, légèrement acide (pH entre 5,5 et 6,5), bien drainé et riche en matières organiques. Sa culture peut se faire sur un sol où un labour profond et avec formation des buttes (sur terrains simples) ou billons (sur terrains humides de bas-fonds) a été effectué. La multiplication du macabo est asexuée et se fait par bouturage des fragments de tige, du tubercule-mère ou des tubercules entiers. Ces derniers doivent avoir un poids supérieur ou égal à 150 g (10 à 15 cm de long). 2-3 tonnes de semences sont requises par hectare. Une profondeur de 15 cm est recommandée dans les buttes ou les billons lors du semis. Avec une distance de semis de 80 x 80 cm, l’exploitant agricole pourra avoir une densité de plus de 15.600 pieds de macabo/ha. La période de production dure entre 9-12 mois. Durant les 3 premiers mois, 2 sarclages associés au buttage  sont recommandés. Si on connait très peu de ravageurs sévères du macabo, il n’en demeure pas moins vrai que la pourriture racinaire (mycose causée par Pythium myriotylum) constitue une réelle menace pour les agriculteurs. Une fumure organique (déchets de cuisine, fientes, feuilles mortes enfouies) de même qu’un apport d’engrais minéraux améliorent significativement les rendements. Dans ce dernier cas, on appliquera pour un hectare 100 kg de potassium (K), 65 kg d’azote (N) et 50 kg de phosphore (P). La récolte des premiers tubercules commence dès le 9ème mois à partir du semis et se poursuit jusqu’au 12ème  mois. L’indicateur de la maturité est le vieillissement et le flétrissement des feuilles âgées. A l’aide d’une houe, d’une machette ou d’un plantoir, on fouille délicatement autour du tubercule central pour identifier et détacher les tubercules secondaires matures. Ceux immatures sont laissés en terre, recouverts pour continuer leur croissance, ou pour servir de semences pour la prochaine campagne. Il faudra éviter au maximum de blesser les tubercules de macabo durant la récolte ; ceci réduit les chances de conservation du produit tout en diminuant sa valeur marchande ! Lorsque l’itinéraire technique cultural est respecté, le rendement est estimé à 20 tonnes de tubercules comestibles/ha.

    N’ayant pas la prétention d’avoir tout élucidé sur ce tubercule de notre histoire, nous rappelons que l’Agriculture représente une part essentielle de l’économie chez les Bangoua. C’est pourquoi nous recommandons vivement la modernisation de sa production chez nos vaillantes populations en quête permanente de développement et dont le promoteur est S.M. DJAMPOU TCHATCHOUANG Anick, Grand Visionnaire.

    Bonne fête du MACABO à tous et à chacun !! Agronomiquement…

     

    Par Tièdja’Pou NGANSOP NONO Frédéric, Ingénieur Agro-zootechnicien, Professeur des Lycées Techniques d’Agriculture

  • Lettre de remercié ment du PCO Macabo 2017

    Le Président du Bureau Exécutif

    AUX
    Associations, réunions des Bangoua de ……………………..

    Objet : Lettre de remerciément.

    Je vous remercie les Bangouas -Toutes personnalités confondues- qui s’attèlent à la réussite du festival Macabo 2017.
    Les contributions associatives et individuelles vont crescendo. On doit s’en féliciter.
    La dernière ligne droite est amorcée.
    En deux -2- mois et demi, beaucoup a été fait.
    Mais beaucoup reste encore à faire dans la cadre des préparatifs.
    J’en appelle à la proactivité des uns et des autres.
    Où que nous soyons, qui que nous sommes ; quoique nous fassions, quelque soit le différend qui puisse exister, si différend il y en a, nous restons et demeurons Bangoua.
    La fête du Macabo est le reflet de notre identité culturelle Bangoua. Peut-on dès lors rester indifférent à son avènement ?
    Je penche pour la négative. Alors levons nous et agissons.
    Merci infiniment de l’écoute.
    Bien cordialement.

    Le Président du Comité Exécutif
    Me Piendjio Désolice Magloire
    AVOCAT

  • Membres des commissions spécialisées d’organisation du festival MACABO 2017

    Décision Royale n°002/ portant nomination des personnalités et membres des commissions spécialisées d’organisation du festival MACABO 2017.

    Le Chef Supérieur du Groupement Bangoua ;

    – Vu la décision royale n° 001 du 19 août 2017 portant nomination des membres du bureau exécutif d’organisation du Festival culturel MACABO 2017, du 05 au 11 novembre 2017 à Bangoua.

    Décide

    TITRE 1
    Article 1 : Les personnalités dont les noms suivent sont, pour compter de la date de signature, désignées aux postes ci-après :

    Parain du MACABO
    – Très honorable NYAT NJIFENJI Marcel, Président du SENAT ;

    Invités spéciaux
    – Monsieur le Secrétaire Général du R.D.P.C ;
    – Son Excellence MBWENTCHOU Jean Claude ;
    – Monsieur le Ministre des Arts et de la Culture ;
    – Le MINADER ;
    – Le MINEPIA ;
    – Le Directeur Général de la Société SCANWATTER ;
    – Le Président Directeur Général Express Union ;
    – Le Président Directeur Général ACTIVA : Monsieur LOWE ;
    – Le Président Directeur Général Biopharma ;
    – Madame le Maire de Bangangté .

    Membres d’Honneur
    – Sénateur NONO ;
    – FOH TCHOPZOK NONO Robert ;
    – FODJANG NOUGUEP ;
    – SA’AH NGOUOK JOP WOU Christophe ;
    – FOH WETE Francis ;
    – SA’AH NGOUOK WANKEU Pierre ;
    – MEFO MBEUGOUONG Micheline DSAMOU ;
    – Monsieur DSAMOU NGOKO ;
    – Madame TCHOUTA MOUSSA ;
    – Président CONADEB.
    – WEMBO ONGUENE ;
    – Chef de la communauté Bororo de Bangoua.

    TITRE 2
    Article 2 : Organisation succincte et nomination des responsables des commissions spécialisées du MACABO 2017.
    Chargés de mission : Le Président exécutif du Festival Culturel MACABO 2017 nomme les responsables de cette rubrique et la cordonne.

    Propositions :
    – Douala ;
    – Yaoundé ;
    – Bangoua ;
    – Diaspora ;
    – Bafoussam ;
    – Autres…

    Missions :
    • véritables interfaces entre le bureau exécutif du MACABO, les populations, les réunions et autres structures Bangoua concernées par l’organisation du MACABO 2017, sans s’immiscer dans les compétences des commissions spécialisées ;
    • Véritables Porte-paroles du bureau exécutif du MACABO 2017 ;
    • Peuvent effectuer des missions dans les différentes communautés Bangoua, après accord du bureau exécutif ;
    • Mise à jour d’un fichier fiable et un répertoire téléphonique des différentes communautés ;
    • Chaque chargé de mission a l’obligation de faire au moins un rapport mensuel, au bureau exécutif.

    Commission Marketing

    – Président : Mefo ONGUENE ;
    – Vice-présidents: Monsieur ZONLLET Ebénézer ; WEBO MBEUGOUNG DJANDJA Félix, NDASSA Adolphe, MEFO POUH NKIEUH PEGANG Caroline.
    – Rapporteur : Mme NGUEPI Léopoldine ;
    – Membres : Madame KOUAKAP Brigitte, Madame KOMGUEP Josette, Monsieur NGUEWO Thomas ;

    Missions : Entre autres, étudier et proposer la possibilité d’acquérir les pagnes.

    Commission infrastructures et logistique :

    – Président : WEMBO WEGUEH KAPGUEP Jules ;
    – Vice-président : WEMBO MBEUGOUONG NJAMPOU Serges ;
    – Rapporteur : Sùp TCHATCHOUANG Emmanuel ;
    – Membres : SOUP KOUOKGUEH / Mefo NJIPWOUO Lisette, Proviseur Lycée Technique Bangoua, SA’AH POUEMI NEUGWA Joseph/ MBEU WEKE/ les chefs de quartier Bangoua ;

    Commission communication, relations extérieures et gadgets :
    – Président : Mathieu KEMGO ;
    – Vice-président : MBEU NGANSOP Emmanuel ;
    – Rapporteurs : TANKEU Line, TCHATCHOUANG Landry ;
    – Membres : TCHATCHOUANG DE BANGOUA POLIDOR, CHIMI DJOMO, SOUP POUEMI, RODEO NGUEMO, SOUP TANKIO ;

    Commission finances :
    – Président : WEMBO MBEUNGOUNG WATAT Maurice ;
    – Vice-président : WEMBO KWOLONG Capitant ;
    – Rapporteur : WEBO SA’AH NGOUOCK CHIMI Théophile ;
    – Membre : NONO Firmin.

    Commission protocole, accueil et renseignements :
    – Président : WEMBO MBEUGOUNG NJOUONANG Lucas ;
    – Vice-présidents : WEMBO KWOLONG Capitant, MBEU NGANSOP Emmanuel ;
    – Rapporteur : NGASSA Christian ;
    – Membres : ECEEBA, ELIBA.

    Commission santé :
    – Président : Prof DJOMOU François
    – Vice-président : Dr TCHOUAMOU Michel ;
    – Rapporteur : Dr TCHAMO Roger ;
    – Membres : MEFO NGANSOP Charlotte, Hôpital EEC Bangoua.

    Commission restauration et décoration :
    – Président : MEFO NGUEKAP
    – Vice-présidents : MEFO MOYOU ; MEFO ONGUENE ;
    – Rapporteur : Mme DJAMPOU Blandine ;
    – Membres : Mme KAMGANG Théodora, Ruth TCHATCHOUANG, MEFO NGANSOP Charlotte, Mme KOUAKAP Brigitte, Mme KONGUEP Josette.

    Commission sécurité :
    – Président : MBEU SA’AH NGOUOK CHIMI Paul
    – Vice-présidents : WEBO SOUP TCHOUTENG Robert, FOH POUOKIEU NGUEWO, WEBO SOUP KOUAYEP Benjamin ;
    – Rapporteur : Colonel KOUAKAP Célestin ;
    – Membres : KOUAKAP Serges, Commandant Poste de Gendarmerie Bangoua.

    Commission protection et préservation de la nature :
    – Président : Dr NGOKO Zachée ;
    – Vice-présidents : les 07 et 09 notables ;
    – Rapporteur : Présidente ECEEBA ;
    – Membres : LYCLABA, LYTECHBA, CES, CEB, ECEEBA.

    Commission musée, arts, métiers et tourisme :
    – Président : Fôh NWE KAMTA Moise ;
    – Vice-président : Mefo KOUONANG ;
    – Rapporteur : Mr TCHATCHOUANG Honoré ;
    – Membres: SOUP NJIKE, WELAH / NGASSA Achille ;

    Commission affaires traditionnelles et danses :
    – Président : MEKAP NZEUTEUP ;
    – Vice-président : WEMBO HAP POUA ;
    – Rapporteur : MEKAP NGUETCHOUP ;
    – Membres : Les 07 et 09 notables et les membres des sociétés sécrètes.

    Commission animation culturelle :
    – Président : WEMBO MBEUGOUONG NDJAMPOU Serges;
    – Vice-président : KAJERO / Proviseur lycée technique Bangoua / Président ECEEBA;
    – Rapporteurs : NGOUMGNIA Vidal/David Alex NLONGANG ;
    – Membres : LYCLABA, LYTECHBA, CES, CEB, ECEEBA / SA’AH POUEMI / RODEO NGUEMO.

    Commission sport et loisirs :
    – Président : SOUP TIEKO FOSSO
    – Vice-président : SOUP DJOPWOUO Mathieu ;
    – Rapporteur : DJOMO Donatien ;
    – Membre : ECEEBA, LYCLABA, LYTECHBA, C.E.B, ELIBA.

    Commission affaires religieuses :
    – Président : Rev KONGA Benjamin ;
    – Vice-président : MEKAP DSAMOU Martin ;
    – Rapporteur : Rev TENCHIMOU Pauline ;
    – Membres : Mefo NONO Rebecca, Rev NJIPKWO Théodore.

    Commission actions sociales, hygiène et salubrité :
    – Président : Mefo MIHOPDJI Magloire ;
    – Vice-président : Mefo KEMAYOU Rebecca ;
    – Rapporteur : Mefo NJIPWOUO Lisette ;
    – Membres : Mme TCHOUTENG, ECEEBA, Mme NGONGANG Rosette

    Commission scientifique et excellence scolaire :
    – Président : Pr NJOPWOUO Daniel ;
    – Vice-président : Dr NGUEDJIO Emilie ;
    – Rapporteur : WEMBO MBEUGOUONG Serges ;
    – Membres : Prof NKOMBOU Charles, Prof WANTONG Armand

    Commission TIC :
    – Président : Clotaire NTIENOU (WebDev Foundation)
    – Vice-président : NGOUPEYOU Honoré (PRDC) ;
    – Rapporteur : Yves Fondations DUMAS ;
    – Membres : ECEEBA.

    Délégués Spéciaux
    – France : POLIDOR, Mefo PEGANG Caroline ;
    – Allemagne : Mme DJOMO Danielle, TCHATCHOUANG DE BANGOUA, Dr KWEMO Guy ;
    – Canada : Monsieur DJOMO Serges
    – USA : Mr MOYOU, Mme DJOMO
    – Italie : Mr WOUASEP Elvis : wouassep@yahoo.fr
    – Belgique: WEMBO SOUP NANA GWENANG Richard.

    Titre 3 : Dispositions générales.
    Article 3 : Programmation des réunions générales à la Chefferie supérieure Bangoua.
    – 23 septembre 2017 à 13 heures ;
    – 07 octobre 2017 à 13 heures ;
    – 21 octobre 2017 à 13 heures ;
    – 04 novembre 2017 à 10 heures.

    Article 4 : Contributions individuelles.
    En sus des contributions des différentes réunions et autres associations Bangoua au taux fixé par le bureau exécutif, tout Bangoua devrait, à titre exceptionnel, donner une contribution suivant les rubriques ci-après :
    • Cartes diamant :  1.000.000 FCFA ;
    • Cartes or :  500.000 FCFA ;
    • Cartes bronze :  100.000 FCFA

    Article 5 : Le Président et le Secrétaire Général du MACABO 2017 sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’application de la présente décision.

    Article 6 : La présente décision sera communiqué partout où besoin sera.

    Sa Majesté DJAMPOU TCHATCHOUANG Annick Julio
    Chef Supérieur du Groupement Bangoua

  • Séminaire N° 9 de Psy Cause Cameroun : Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun

    Le titre complet de ce séminaire est : « PROJETS DE DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE : LES RAISONS DE L’ECHEC ET LE ROLE DE L’ÉTAT. Le cas du projet Scandinave Water au Cameroun ».

    Ce séminaire du mois d’avril 2014 a été suscité et organisé par le laboratoire Psy Cause Cameroun pour répondre aux préoccupations de nombreux lecteurs qui consultent le site de Psy Cause et qui nous reprochent de nous spécialiser seulement en santé. Au cours de ce séminaire, le Dr Ndonko Peguy a prit la parole pour dire que son Laboratoire est pluridisciplinaire et pluriprofessionnel depuis les origines et qu’il est capable d’intervenir aussi bien dans les aspects de la santé que du développement et même de l’environnement. L’Anthropologie est une clé qui ouvre toutes portes des sciences.

    Avant d’aborder la question du projet Scandinave Water, le Dr Ndonko Peguy s’est inspiré d’un travail bien connu dans les milieux des sciences sociales sur cette problématique. Il s’agit du travail de recherche de Célestin Ngoura. La lecture du texte de cet auteur donne à comprendre que l’absence de l’expertise des sciences sociales dans tout processus de développement est souvent la cause de l’échec de nombreux projets de développement en Afrique. A partir de l’exemple du projet « Latrine pour chaque famille » initié par les bailleurs de fonds et le Ministère de la santé publique à l’extrême-Nord Cameroun sur l’hygiène et la salubrité publique, il montre que les valeurs socioculturelles et les traditions séculaires des populations de cette région expliquent les causes de cet échec. En effet, l’idée sous-jacente à cette initiative aux moyens logistiques et financiers énormes était d’amener tous les membres de chacune des familles de la région à ne plus aller se soulager n’importe où dans la nature. Cette pratique engendrerait les maladies endémiques d’origine hydrique (typhoïde, choléra, diarrhée…). Aussi, les initiateurs du projet avaient-ils décidé de doter chaque famille de latrines ! Au terme de leur étude de faisabilité, ils lancèrent les travaux sous le regard interrogateur des soi-disant bénéficiaires. Au bout d’une année et demie, ils revinrent sur les lieux en vue d’évaluer le degré de réussite de leur entreprise. Mais ils furent surpris de constater que les intéressés n’avaient pas jusque-là utilisé les fosses d’aisances gracieusement mises à leur disposition. En réalité, dans ce contexte culturel, les règles de politesse et de bienséance élémentaires et les comportements sociaux anodins sont encore en vigueur. Les femmes ne doivent jamais savoir où et quand l’homme va se soulager. En outre, les brus ou les gendres n’ont pas à savoir où et quand leurs beaux-parents vont se soulager. De même, les hommes de leur côté, n’ont pas non plus à connaître le lieu et le moment où les femmes vont faire leurs besoins. Les enfants eux aussi ne doivent pas non plus savoir où et quand les parents et les adultes vont aux toilettes. Ils défèquent à tour de rôle dans les eaux courantes et les champs. En conséquences, ce projet « latrines communes » était condamné à échouer, car il est illusoire de penser que les populations allaient sciemment transgresser leurs pratiques sociales ancestrales.

    L’échec de ce projet de développement dû aux comportements culturels anodins des populations nous a fait penser à un projet analogue, celui du Scandinave Water qui devait fournir de l’eau de qualité améliorée et en quantité aux habitants du village Bamena, situé à l’ouest Cameroun. Il convient de noter que ce projet avait été implanté dans plusieurs régions du Cameroun (Centre, Ouest, Nord-Ouest…). Les expressions jadis utilisées pour désigner l’état d’un environnement sain où l’eau ne présentait pas une qualité douteuse (l’eau ne tue pas, on ne refuse pas l’eau) continuent à prévaloir sur les consciences collectives, même à l’heure actuelle où les substances chimiques et toxiques polluent et dégradent la qualité de l’eau. Dès lors, nous nous sommes mis à réfléchir sur les raisons de l’échec du projet Scan Water dans cette région et sur la part des responsabilités des populations quant à l’échec de son fonctionnement. S’agissait-il d’un projet de développement des populations ou pour les populations ? Les pratiques culturelles des populations ne sont-elles pas des obstacles au développement et par extension à la diffusion du développement durable ?

    Le Cameroun dispose de plusieurs sources d’approvisionnement en eau tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi, on peut citer les rivières, les marigots, les fleuves, les puits, les forages, les bâches de retenue, les mares, les ruisseaux etc. La qualité de l’eau provenant de ces sources et utilisée par les populations est souvent douteuse et les expose à des risques sanitaires considérables. Dans le souci de soustraire ces populations à la corvée de l’eau, plusieurs partenaires ont proposé à l’État camerounais, dans le cadre de l’aide à la coopération, de contribuer à rapprocher les points d’eau au plus près d’elles. Cet apport devait permettre la diminution des risques microbiologiques liés au développement des agents pathogènes qui utilisent l’eau comme milieu de vie, et aider du même coup à lutter contre les maladies endémiques d’origine hydrique qui sévissent en milieu rural comme la bilharziose, l’onchocercose ou la cécité des rivières.

    Le village Bamena, comme beaucoup d’autres régions du pays, a bénéficié de l’implantation des stations Scandinave Water. Selon les informations recueillies au cours d’un entretien avec Alain Tientcheu, 33 ans, enseignant et environnementaliste, « le projet Scandinave Water était une initiative de la coopération canadienne. Il s’était fixé pour objectif de fournir une eau de qualité et en quantité aux populations des zones rurales souffrant d’un manque d’eau afin de mieux lutter contres les maladies biologiques liées à l’eau telle la bilharziose, le ver de Guinée. La coopération avait aussi la prétention d’aider le gouvernement camerounais à monter les adductions d’eau dans toutes les zones rurales. Mais l’échec de ce projet vient du fait qu’il n’était pas participatif. Les partenaires impliqués n’ont pas tous été consultés avant la réalisation. »

    Le but ultime du projet Scandinave Water était essentiellement lié à la distribution de l’eau potable. Le système de fonctionnement d’implantation du Scandinave Water consiste à créer près d’un cours d’eau, un bac de retenue d’eau et y plonger un moteur qui assure le captage de la ressource. Cette eau est ensuite conduite dans les réservoirs installés dans la cage métallique que représente la photo de la planche ci-contre (source : Peguy Ndonko, 2007). Les réservoirs ont chacun un rôle. Les uns servent à la décantation et à la filtration ; les autres au traitement et la distribution de l’eau. Le premier réseau Scandinave Water a été implanté à Bamena en 1983, dans le cadre du programme AEP (Adduction d’eau potable) financé par le BIP (Budget d’investissement public). En 1986, une autre série d’installations est effective dans le cadre du même programme. Ce réseau sera complété par l’hydraulique villageoise financée par le même budget. Dès cet instant, cette localité est presque suffisamment alimentée en eau. Le fonctionnement du Scandinave Water nécessite aussi de l’énergie électrique, gérée au Cameroun par la Sonel (Société nationale d’électricité du Cameroun). La Sonel a été privatisée aux concessionnaires Américains en 2004 et est devenue AES-Sonel (American Electricity Society de la société nationale d’électricité du Cameroun). Dès cet instant, le prix du kilowatt a subi 3 hausses en quatre ans.

    Tout d’abord, comme tout dispositif technique, la question du financement et de la maintenance est cruciale pour la fonctionnalité de la station de pompage. Or, dans ce domaine, le transfert technique s’est opéré sans tenir compte des fluctuations locales. Le SNECà qui l’Etat avait confié le paiement des quittances de l’énergie électrique consommée dans le fonctionnement des stations de pompage du Scandinave Water na parvenait plus à supporter les coûts de consommation. La Sonel qui fournit de l’énergie électrique pour le fonctionnement du Scandinave Water sera ensuite privatisée en 2004 à une société américaine (AES-Sonel). Suite à cette privatisation, le prix du kilowatt d’énergie électrique a subi trois hausses en quatre ans. Avec ces hausses des prix, l’énergie électrique fournie par la Sonel et les compteurs installés dans les stations de distribution d’eau du Scandinave Water sont interrompus. L’État ne pouvait pas non plus compter sur la participation des populations dont les revenus sont déjà très insuffisants et qui considèrent l’eau comme une providence. Dans ces conditions de déshérence, certains agents de la Sonel et les populations vont faire montre d’actes d’incivisme en démontant les compteurs pour les vendre. Les plaques en bois sont ainsi laissées « aux bons soins des termites ». Les populations ne pouvaient que retourner dans leur ancienne source d’approvisionnement en eau (marécages, rivières, sources, mares, étangs et puits) sans traitement.

    Il convient peut-être à ce niveau de prendre en considération le point de vue de Jacques Perrin (1983) qui montre que cette politique de transfert de technologie n’a pas pour ambition de promouvoir le développement du pays d’accueil, mais de réaliser des profits, d’assurer l’accès aux matières premières, de pénétrer de nouveaux marchés. Le projet Scandinave Water relève de ce que cet auteur appelle « la vente directe de l’usine clés en main » qui permet aux firmes de transferts de vendre des équipements et des services technologiques en développant de nouvelles formes de sous-traitance. L’État camerounais aurait signé le contrat clés en main pour l’implantation du projet Scandinave Water. Dans ce type de contrat, le maître d’ouvrage confie la responsabilité des études et de la construction d’un ensemble industriel à une seule entreprise d’un pays industrialisé. L’Unité industrielle sera fournie prête au démarrage et gardera la responsabilité de la conception de l’unité de production et le choix des fournisseurs. Dans ce type de contrat, les principaux choix technologiques et économiques sont opérés ou contrôlés par le maître d’ouvrage.

    D’après les discussions issues des entretiens avec les techniciens de l’eau, les installations du Scandinave Water devaient en plus bénéficier d’un approvisionnement en essence pour assurer les ruptures d’énergie électrique et perpétuer son fonctionnement. En conséquence, le Scandinave Water tombe en désuétude parce que l’AES-Sonel vend cher l’énergie électrique qui contribue a son fonctionnement. Le prix du litre de gasoil n’est pas non plus à la portée de bourse des populations. Peu après, les ouvrages du Scandinave Water sont en panne. L’Etat de l’ouvrage laisse à désirer. Les systèmes mécaniques de fonctionnement sont déconnectés. Le panneau de l’installation du compteur électrique de la Sonel est rongé par les termites. Les câbles du courant électrique sont cambriolés par les populations et utilisés à d’autres fins. Les feux de brousse détériorent progressivement la qualité des tôles. Par endroits, les tôles sont démontées par les populations pour répondre à la stratégie de survie dans le cadre de la récupération et de la vente des métaux du secteur informel.

    Le projet Scandinave Water semble se situer dans le contexte des récits du développement qui s’apparente à un mythe ayant contribué à ancrer dans bien des consciences la conviction que le progrès et la croissance n’ont pas de limite et ayant la certitude d’être universelle parce qu’elle est reproductible. Mais cette croissance illimitée, l’universalisation du modèle occidental, se heurte pourtant à des résistances et à des obstacles de toutes natures.

    Dans le domaine de l’industrialisation et plus particulièrement des technologies, cette occidentalisation entraîne selon Serge Latouche (1998), une destruction des formes économiques antérieures (artisanat, communautés rurales). Dans cette perspective, poursuit Serge Latouche (1998 :95-96) : « la standardisation des produits s’impose sous la pression du marché mondial, sinon par goût, et la discipline des gestes de travail est mise en œuvre par la machine. Toute la vie se trouve bouleversée par la raison industrielle : les rythmes, les modes et les finalités. Toutes limitée, freinée, bloquée qu’elle soit, comme dans la plupart des pays d’Afrique noire, une industrialisation se produit par « substitution d’habitudes de consommation ». Les produits et les usages traditionnels s’en trouvent détruits de manière irréversible. La logique de l’usine s’impose dans toutes les sphères de la société. »

    L’acceptation généralisée des normes occidentales, devenue référence dans les modes de faire mais aussi les modes de perception, aboutit à des échecs. En ce sens, les chemins du « développement » devaient passer nécessairement par la rupture avec les logiques et les pratiques dont on décrète la faillite et l’inefficacité dans l’ère de la communication des peuples marqués par l’évolution rapide des technologies. Pourtant, les principes généraux du « développement durable » insistent sur l’importance d’une collaboration volontaire des acteurs concernés par la réalisation d’un projet. C’est dans cette perspective, les experts à regard des enjeux de la durabilité que ces acteurs interprètent, chacun selon sa logique. Or, poursuit Zaccaï (2002) : « le développement durable aurait alors des effets parce qu’il nous oblige à penser ensemble plusieurs problèmes jusque-là disjoints. Plus profondément, le développement durable nous oblige à une réflexion politique, parce qu’il nous oblige à justifier à plusieurs égards, dans plusieurs registres et en nous référant à plusieurs échelles, à plusieurs sociétés. Il ouvre donc un espace politique nouveau. C’est donc une sorte d’heuristique politique dont nous ne savons pas encore vraiment comment nous en servir ».

    Dans le cadre du transfert de technique du Scandinave Water, les connaissances des populations locales n’ont pas été suffisamment interrogées et les acteurs locaux n’ont pas été réellement intégrés au projet et guère plus consultés. L’inadéquation entre les conditions d’élaboration du projet, notamment ses dimensions techniques (énergie, entretien, particulier se révèle rapidement. L’absence de consultation des populations concernées conduit à un désengagement de leur part, face à un outil qui est transplanté sans que les bénéficiaires aient eu le temps d’adapter leur manière de consommer et d’utiliser l’eau.

    Le transfert de technologie montre qu’il aggrave la dépendance des pays en développement et expose davantage les populations à la pauvreté (le budget de financement de ce transfert est puisé dans les caisses de l’Etat), aux risques sanitaires (retour aux sources anciennes et consommation de l’eau polluée). Par ailleurs, il accentue le réémergence des maladies endémiques d’origine hydrique (cécités des rivières, amibiase, typhoïde …) et génère les conflits sociaux : le choix du site de l’implantation de la station de pompage d’eau Scandinave Water est souvent l’objet de tensions entre les élites politiques – maires et députés – qui brandissent le projet comme une initiative personnelle pour solliciter les voix aux différents scrutins. Ces remarques rejoignent les critiques évoquées (Perrin, 1983 ; Ela, 2004) portant notamment sur la différence fondamentale des objectifs liés aux transferts de technologie. Ces auteurs insistent sur le fait que les firmes multinationales cherchent à atteindre certains objectifs (expansion, diversification, profits) qui ne sont pas nécessairement compatibles avec les préoccupations plus générales, sociales notamment, des pays en développement. Ces transferts de technologies sont de plus en plus proposés comme solution miracle au développement sans toutefois tenir compte des besoins exprimés par les populations. Ces transferts ne sont pas automatiquement accompagnés de procédures qui permettraient d’installer durablement ces techniques dans les territoires d’accueil. Ainsi, comme le montre le projet Scandinave Water, on peut constater une absence d’accompagnement dans le transfert des connaissances – à des fois sur le fonctionnement de l’outil lui-même, mais aussi sur les bénéfices attendus par les populations locales. Le processus de transformation/acquisition est long et complexe, et suppose là aussi de construire des procédures de formation, qui tiennent compte des spécificités locales (connaissances déjà existantes des responsables locaux : chefs du village et la compréhension des usages sociaux et culturels de l’eau, etc.). La connaissance ne se limite pas à l’information écrite ou orale, l’accès au savoir-faire est indispensable et reste le résultat, au cours des années, d’expériences positives, qui sont échangées entre les pourvoyeurs de cette technique et les acteurs locaux chargés d’en assurer le bon fonctionnement, ainsi que les habitants, premiers destinataires de cet outil.

    Les comportements et les pratiques culturelles des populations bamiléké ne sont pas systématiquement solubles dans la logique du « développement durable ». Les usages qu’ils ont développés avec l’eau n’étaient guère compatibles avec les nouvelles pratiques issues de l’abondance de l’eau produite avec le Scandinave Water. Dans cette culture, les rites médicaux ont lieu dans les cours d’eau. Ces rites effectués dans les cours d’eau permettent à l’eau ayant une valence de transport, d’emporter très loin les impuretés que l’on décharge du corps. A l’issue de l’entretien réalisé auprès d’un informateur, Mathieu Nana Ngongang, instituteur retraité, 53 ans, l’arrivée des technologies ne doit pas détourner les populations de leur culture, « la jeune génération ne doit pas perdre de vue les coutumes du village, l’eau apportée par le blanc (technologie) ne peut pas jouer le même rôle que les eaux du village. Les dieux du village habitent dans les cours d’eaux et si nous cessons de leur faire des rites, le village ira très mal. On doit utiliser l’eau du blanc quand il le faut, on peut boire l’eau du blanc si ça marchait et faire les sacrifices et les rites dans les chutes du village, chaque eau à son rôle ».

    Il se dégage de cette citation que les adultes incitent les jeunes à ne pas perdre de vue leurs propres valeurs culturelles. Ces valeurs ont existé bien avant l’arrivée des nouvelles technologies, il est donc hors de question que leur implantation ait l’ambition de s’opposer à la culture locale. L’eau du cours d’eau doit drainer l’impureté au loin pour qu’un autre membre du groupe ne se « contamine » pas, ne « porte pas la malchance/l’infortune » (ne ngna’a sué’é). En plus, les cours d’eau qui coulent sont les cadres des pratiques juridiques dans ce groupe ethnique. En effet, le rite du veuvage se pratique à l’eau en raison du pouvoir que comporte l’eau. Ce rite consiste à soumettre la femme devenue veuve à une épreuve pour déterminer si elle n’est pas responsable du décès de son conjoint. Le rite de veuvage qui a commencé dans la maison du défunt, auquel est soumise la veuve, aux yeux de proches parents, se termine dans un cours d’eau. La veuve est ainsi amenée dans un cours d’eau ayant une chute. Elle est placée à quelques mètres de la chute. Le ritualiste place entre ces jambes une calebasse magique (teto’o. kan) contenant des ingrédients du rite (vin de raphia, arbre de paix, cauris, poudre à canon, graines de jujube…). La femme répète des formules imprécatoires dictées par le ritualiste. A l’issue de cette répétition, les participants observent les mouvements de la calebasse. Si le courant d’eau n’emporte pas la calebasse et rôde entre ses pieds, la veuve est reconnue coupable des faits de soupçon sur la mort de son conjoint. Ces rites sont exécutés dans un cadre public précis, sous le regard d’un nombre réduit de témoins. L’eau du Scandinave Water ne pouvait contribuer à la réalisation de ce rite.

    Par ailleurs, dans le même contexte, l’eau est une substance empreinte du pouvoir des esprits. En milieu bamiléké, l’eau est considérée comme la demeure des esprits et des ancêtres. Dans presque toute la région, les points d’eau sont considérés comme les lieux sacrés, à l’intersection des sphères humaine et divine. L’eau est le milieu de vie des puissances surnaturelles (crocodiles, arc-en-ciel, serpent boa, grenouilles…), une extension du royaume des morts et des ancêtres. Les représentations de l’eau ainsi présentées soulignent l’évidence que cette ressource est un milieu où abondent les esprits et une substance alliée au monde des ancêtres. C’est pour cette raison que les eaux qui jaillissent du sol sont considérées comme venant du centre de la terre et envoyée par les divinités ou Dieu. Ce genre d’eau peut jaillir et couler à n’importe quel endroit de la concession familiale. Les esprits de l’eau sont aussi présents dans les chutes. Les récits de nos informateurs sur la force des ancêtres et les chutes d’eau sont fort étonnants. Ils soulignent les dangers que l’homme encourt en s’approchant sans un guide initié, chargé de parler à l’eau, aux esprits de l’eau et à indiquer les limites des zones permises et celles qui sont interdites de la chute. Ces récits donnent aussi à comprendre que la demeure des ancêtres en terre bamiléké est inviolable et sacrée. Dominique Mallaquais (2002) nous a présenté une description des chutes d’eau en ces termes : « les chutes d’eau sont habitées par des divinités protectrices des environs. C’est pourquoi à côté de chaque chute s’élèvent de petites cases, soigneusement entretenues, qui servent d’abris aux (dieux gardiens) de la chute. Les grandes rivières abritent aussi de nombreux (esprits… ceux-ci) habitent des grands villages, cachés dans le fond de la rivière. Quand la rivière déborde, on dit que ce sont les morts qui sont venus danser sur la terre. Quand un homme se noie, on dit que les morts ont voulu l’attirer et quand on ne retrouve pas son corps, que les morts l’ont emmené vivant dans leur village aquatique. »

    Complétons ce témoignage par la description des comportements de l’eau. Dans le village Bamena par exemple, lorsque l’eau de la rivière déborde, elle empêche les femmes de rentrer du champ. Elle déborde au niveau du pont et la traversée devient impossible. A plusieurs reprises, les eaux de rivière ont débordé empêchant les femmes et les enfants de vaquer librement à leurs préoccupations quotidiennes. Les analyses qui précèdent montrent que les cours d’eaux sont les lieux de résidences des esprits de l’eau. Or, certains endroits de ces cours d’eaux ont servi de point de canalisation. Ces constructions permettaient de retenir l’eau en quantité suffisante, y mettre un moteur, afin de la conduire dans l’aqueduc du Scandinave Water. Cette construction et les bruits du moteur en état de marche perturbaient considérablement la tranquillité des esprits de l’eau. Pour manifester leur mécontentement, les esprits de l’eau asséchaient les cours d’eaux et le pompage de l’eau devenait impossible.

    Dans ce contexte culturel, le « développement durable » sera confronté à de telles pratiques culturelles tout aussi durables, puisqu’elles se pratiquent de génération en génération. S’il est vrai que les rites de veuvage sont de plus en plus considérés comme un comportement anodin, les sanctions liées à la transgression de ce rite sont la cause des maladies, des infortunes dont sont victimes les individus de ce groupe ethnique.

    Après ce brillant exposé, des questions posées sont répondues par l’orateur du jour. Par exemple : Quelle différence faites-vous entre un projet de recherche et un projet de développement ? Cette question, selon l’orateur nécessite tout un autre débat, il faut organiser un autre séminaire pour y répondre.

    Dr. Peguy Ndonko
    Anthropologue
    Email : pegndonko@yahoo.fr

    Source: http://www.psycause.info/seminaire-n-9-psy-cause-cameroun-cas-du-projet-scandinave-water-au-cameroun/